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Alors que la Commission européenne peine toujours à s'accorder sur la définition des perturbateurs endocriniens, la société WatchFrog, située au c'ur de Genopole à Evry, annonce la publication d'une norme française pour la détection des effets perturbateurs endocriniens dans les eaux.

Il s'agit de la première méthode normée pour mesurer par fluorescence les effets des perturbateurs endocriniens dans les eaux naturelles et les eaux résiduaires. Les effets sont évalués sur des embryons de larves aquatiques, par fluorescence. La méthode résulte de plusieurs mois de travail d'un groupe d'experts de la commission Ecotoxicologie de l'AFNOR (T95E), dont fait partie la société WatchFrog qui a développé la technologie. WatchFrog s'est appuyé sur le savoir-faire du Muséum national d'histoire naturelle dans le domaine de l'environnement pour mettre au point une solution industrielle de mesure de la perturbation hormonale. La méthode repose sur la réaction naturelle des organismes aquatiques, particulièrement sensibles aux effets perturbateurs aux stades d'?uf ou d'embryon. Elle utilise ainsi des larves d'amphibiens ou de poissons à un stade de développement très précoce, et traduit leur réponse par l'expression d'une protéine fluorescente qui sert de bio-indicateur. L?impact toxique de produits chimiques ou des cocktails de polluants est ainsi quantifié par la fluorescence émise par les larves. Ce test présente l'intérêt de réaliser une mesure sur des organismes entiers sensibles à l'ensemble des mécanismes de la perturbation endocrinienne. Il révèle ainsi la qualité de l'eau de façon globale (effet cocktail) et prédit l'impact sur l'environnement. « C?est un changement radical d'approche, indique Gregory Lemkine, PDG de WatchFrog, plutôt que de chercher les traces de tel ou tel polluant dans l'eau, on mesure les effets de ces polluants sur le vivant ». Le cadre normatif apporté à la méthode avec NF T 90-716-1 et NF T 90-716-2 permettra aux laboratoires qui l'utiliseront d'homogénéiser leurs pratiques et de fournir des résultats standardisés aux entreprises et aux autorités. « L?intérêt de cette norme est double : encadrer l'usage de la méthode pour éviter de fausses alertes et apporter une réelle estimation de l'impact sur le milieu aquatique, sujet de préoccupation partagé par tous, consommateurs, entreprises privées et publiques, associations de protection de la nature et autorités » précise Gregory Lemkine. La société WatchFrog a transféré sa technologie à d'autres laboratoires dans le monde, aux USA, au Japon, en Hollande, au Portugal, dans le cadre d'essais inter-laboratoires sous l'égide de l'OCDE.