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Les développements d'algues touchent désormais de nombreux secteurs côtiers sans qu'aucune diminution n?ait été observée ces dernières années. C?est ce qui ressort d'un document qui vient d'être publié par le Commissariat Général au Développement Durable.

Ce développement excessif d'algues sur le littoral, appelé bloom, résulte de l'eutrophisation, c'est-à-dire d'un enrichissement du milieu en éléments nutritifs. Certaines conditions naturelles peuvent les provoquer, mais les blooms sont essentiellement dus aux apports excessifs d'azote et de phosphore en mer dus aux activités humaines. Les nutriments arrivent dans les eaux côtières principalement via les fleuves ou par retombée atmosphérique en mer mais aussi par ruissellement et rejet en mer à partir des côtes. 95 % du territoire est drainé par des cours d'eau qui débouchent sur les côtes françaises. De 1999 à 2011, les flux d'azote liés aux nitrates ont représenté 560 000 tonnes par an. Après une baisse jusqu'en 2003, ils oscillent désormais autour de 500 000 tonnes. Une part importante de l'azote déversé en mer, via les fleuves, est d'origine agricole, en raison d'un apport d'azote aux sols agricoles supérieur au besoin des cultures. Ce surplus a été évalué à 900 000 tonnes en 2010. Il s'infiltre dans les sols et les eaux souterraines ou ruisselle vers les cours d'eau puis rejoint la mer. Selon les bassins et les années, de 54 % (Seine-Normandie) à 90 % (Loire-Bretagne) de l'azote présent dans les cours d'eau seraient d'origine agricole. Le constat est plus nuancé pour le phosphore dont les flux sont estimés à 21 000 tonnes par an de 1999 à 2011. De 1999 à 2005, ils ont été divisés par quatre du fait de l'amélioration des performances des stations d'épuration, de la progression de l'assainissement collectif et d'une moindre utilisation des engrais phosphatés en agriculture. Selon les bassins, l'agriculture représenterait de 30 % à 50 % des apports. Deux types d'algues sont concernés. Les macro-algues, principalement des ulves qui produisent des marées vertes et les algues microscopiques qui provoquent des eaux colorées, avec un risque de toxicité. Les algues vertes sont surtout présentes sur les côtes bretonnes et s'étendent désormais en Centre-Atlantique et en Basse-Normandie. Les proliférations d'algues microscopiques sont plutôt localisées des Flandres au bassin d'Arcachon et dans les lagunes de Méditerranée. Ces développements peuvent avoir des impacts sur la santé en raison de la libération de toxines par les micro-algues, ainsi que sur la biodiversité et l'économie. La synthèse du CGDD est téléchargeable à l'adresse : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/LPS180.pdf