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29 juillet 2011 Paru dans N°343

La question de l'eau se pose comme un enjeu vital dans la diagonale des pays arides où se trouve être pris le Maghreb. Mais son caractère impérieux est encore plus exacerbé dans les territoires sahariens marqués par une aridité extrême.

Ces derniers ont acquis récemment une importance économique et stratégique centrale et ont connu, de ce fait, un exceptionnel développement. Celui-ci implique une sollicitation tendue sur des ressources en eau caractérisées principalement par la médiocrité et la difficulté d'exploitation et, depuis peu, grâce à l'accès aux nappes profondes fossiles, par des abondances sectorielles, probablement éphémères et, en tout cas, mal maîtrisées. 

Le Sahara est aussi un pays de vieille civilisation où les sociétés, confrontées à une aridité extrême, ont tissé au cours des siècles des rapports si étroits à l'eau que les paysages hydrauliques restituent tout autant les territorialités que les sociétés qui les ont structurées et les mutations qui les secouent actuellement toutes deux. 

Cette forte prégnance justifie, comme se le propose cet ouvrage, de faire de la question de l'eau un déchiffreur des espaces et des sociétés au Sahara ainsi que des enjeux de développement qui s'y posent. Les sociétés civiles sahariennes, délestées de leurs ancrages spatiaux ancestraux et contraintes à l'innovation, reconstruisent une autre culture de l'eau au travers de laquelle elles recomposent leur relation à l'espace saharien. 

Dans une tension avec les impulsions volontaristes exogènes et les bouleversements de leurs cadres socio-spatiaux, elles reconfigurent autant les systèmes hydro-agricoles hérités que ceux nouvellement greffés et interagissant ainsi, dessinent des territorialités autant contrastées que mouvantes.



2011 - Format 16 x 24 cm - 242 p - 25 €