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Une étude publiée le 13 mars dernier par l'Ifen met en lumière les disparités des volumes consommés, des dépenses et des tarifs pratiqués entre les régions et entre les communes et une augmentation du prix de l'eau à nouveau plus rapide que l'inflation.

Selon cette étude, la consommation domestique d'eau a atteint en moyenne 165 litres par habitant et par jour en 2004, pour un prix moyen de 3 ?/m3 dans les communes dotées d'un assainissement collectif. De 2001 à 2004, le tarif moyen a augmenté de 2,4 % par an, un peu plus vite pour l'assainissement que pour l'eau potable. Ces évolutions tarifaires sont plus fortes que celle de l'évolution générale des prix sur la période (2% par an). Elles « reflètent les améliorations portant notamment sur la desserte, la surveillance, l'état de la ressource ou encore la dépollution des eaux usées » notent les auteurs de l'étude. Mais ces chiffrent masquent des différences très importantes d'une région à l'autre. Les tarifs varient du simple au double entre les départements : les plus élevés concernent l'ouest et le nord et les plus bas la région Rhône-Alpes et l'Auvergne. La dispersion tarifaire est plus forte encore entre communes : 10% d'entre elles facturent le mètre cube d'eau moins de 1,30 ? et presqu'autant le font payer plus de 4 ?. Le coût de l'abonnement lui-même peut aller de 56 ? en moyenne à plus de 100 ?, comme en Corse et en Provence. Comment expliquer une telle disparité ? « La proximité de la ressource, sa qualité, la densité de la population desservie sont autant de facteurs explicatifs des tarifs. Les eaux superficielles sont plus faciles d'accès mais font généralement l'objet de traitements plus complexes et plus coûteux que les eaux souterraines », expliquent en substance les auteurs de l'étude. Les tarifs du service public de l'eau diffèrent aussi selon les modes d'organisation et de gestion : dans une organisation strictement communale offrant un traitement des eaux usées, le mètre cube est payé en moyenne 2,59 ? contre 3,19 ? dans une organisation intercommunale qui développe bien souvent des technologies plus complexes facilitant la mise aux normes. Par ailleurs, « Les tarifs des régies sont inférieurs à ceux du privé et l'écart atteint en moyenne 75 centimes d'euro par m3 en 2004, en organisation communale ou intercommunale » indique l'étude de l'Ifen. Mais selon une étude menée par l'Inra sur les données des communes de moins de 10 000 habitants, ces écarts de prix entre régies et secteur privé s'expliquent en partie par les conditions d'exploitation en moyenne plus difficiles supportées par les opérateurs privés. Autrement dit, les communes auraient d'autant plus tendance à déléguer la gestion de leur service de production et de distribution d'eau que les conditions techniques d'exploitation en seraient plus délicates.