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Acteur important sur le marché du traitement des eaux de piscines, le Groupe Eau Pure, en redressement judiciaire depuis le mois de juillet 2013, se prépare à une importante restructuration. Elle pourrait se traduire par une séparation des activités menées en France et à l'international. Rencontre avec Pascal Guasp, PDG de l'Eau Pure.

L?eau L?industrie, Les Nuisances : Quelle est la nature des difficultés que vous traversez actuellement ? Pascal Guasp : Nos difficultés proviennent pour l'essentiel du marché français qui traverse une passe difficile. Le marché du traitement de l'eau municipal, qu'il s'agisse de stations clé en main d'eau potable ou d'eaux usées, est en chute libre. Il chute à la fois en volume mais aussi en niveau de marges. C?est en tout cas ce qui ressort de statistiques internes au Synteau. On parle d'une baisse de 10 à 20 % du chiffre d'affaires avec les conséquences que vous imaginez sur l'emploi en France. EIN : Comment se traduisent ses difficultés ? PG : Les grands groupes arrivent à absorber le déclin du marché car ils ont des réserves et des fonds propres qui ne sont pas comparables avec des PME de la taille de l'Eau Pure. Nous souffrons beaucoup des difficultés de paiement des collectivités mais aussi de marchés qui deviennent très tendus et très concurrentiels. Les grands acteurs du traitement de l'eau n?hésitent plus à s'intéresser à des marchés de taille modeste sur lesquels nous avions l'habitude d'être très présents. Nous vivons donc une concurrence exacerbée qui fait qu'aujourd'hui le marché français est vraiment très difficile. EIN : quelle est la situation à l'international ? PG : A l'international, nos filiales sont rentables. Elles jouissent d'une bonne autonomie financière et de perspectives de développement importantes. Mais le marché français reste difficile sans perspective réelle d'amélioration à court terme. Je préfère donc, dans ce contexte et à titre personnel, me désengager pour ne conserver que la partie internationale du groupe. La partie française fera l'objet d'une reprise dont les modalités seront dévoilées prochainement (lors du salon Pollutec). EIN : Dans ce contexte un peu particulier comment jugez-vous le marché du traitement des eaux de piscines ? PG : Le marché des piscines publiques est un marché en expansion qui a bénéficié d'investissements ces dernières années. Or c'est un domaine dans lequel nous sommes reconnus puisque notre métier de base c'est l'eau potable et l'eau usée, et nous appliquons les bonnes pratiques de l'ingénierie du traitement d'eau à l'activité piscines publiques. C?est aussi une activité de plus en plus technique, qui se spécialise et qui nécessite des compétences pointues en matière de traitement qu'il s'agisse d'UV, d'ozone ou de membranes. L?ozone nous parait avoir le vent en poupe. On observe aussi un certain essor de la filtration membranaire pour le recyclage des eaux de filtration. EIN : Y-a-t-il d'autres segments de marché qui restent porteurs ? PG : Oui, notamment les marchés périphériques aux stations d'épuration. Nous avons, au travers de Biopure New Energy, notre filiale spécialisée dans les équipements technologiques, identifié deux domaines : celui de la désodorisation, soit en prétraitement, soit sur les lignes de boues, et celui du stockage du biogaz, domaine dans lequel nous venons d'achever pour le compte du SIAAP un important contrat à Valenton. Cette société restera également dirigée par Pascal Guasp. Propos recueillis par Vincent Johanet