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Le groupe Eau Pure vient de procéder à une nouvelle augmentation de capital. Objectif : accompagner la croissance de ses activités en France mais aussi à l'international ou les différentes filiales du groupe multiplient les succès. Cette opération sera couplée à des financements bancaires de même ampleur qui permettront au groupe de se renforcer sur ses métiers principaux, le traitement de l'eau, tout en finançant ses activités nouvelles que sont le solaire, l'éolien et le biogaz. Rencontre avec Pascal Guasp, Président du groupe Eau Pure.

L?Eau, L?Industrie, Les Nuisances : Ou en est le groupe Eau Pure aujourd'hui ? Pascal Guasp : Le groupe Eau Pure emploie aujourd'hui 75 personnes réparties aux trois-quarts sur la France et pour le quart restant sur l'international. Notre métier principal, c'est le traitement de l'eau : la conception, la réalisation et la mise en service de stations de traitement d'eau potable, d'eaux usées et également d'eaux de piscines, une activité moins connue, mais qui, en France, est en forte croissance. Une cinquantaine de personnes déployées sur six agences portent nos activités en France tandis que quatre filiales au Maroc, Chili, Vietnam et en Italie assurent notre développement à l'international. Notre chiffre d'affaires, qui avoisine les 10 M?, se répartit à 75 % sur la France et 25 % sur l'international. E.I.N. : Quels sont les marchés sur lesquels vous êtes positionnés ? P.G. : Nous privilégions les marchés de niche, moins concurrentiels, sur lesquels les besoins restent encore importants. En France, le marché de la piscine publique est dynamique car les collectivités investissent beaucoup en ce domaine. Il existe un parc d'environ un millier de piscines construites il y a une trentaine d'années qu'il faut aujourd'hui rénover. Les projets de rénovation ou de construction sont donc nombreux et représentent des investissements importants, de l'ordre de 10 millions d'euros pour une piscine de taille moyenne. Evidemment, le traitement de l'eau représente une part moindre, mais une enveloppe globale voisine de 500.000 euros n?est pas rare. Sur ce marché, nous proposons de la filtration classique ou plus sophistiquée avec des billes de verres activées ou pilées ce qui améliore sensiblement les rendements. En désinfection, nous proposons des UV, de l'ozone, voire des procédés membranaires dans certains cas. E.I.N. : Vous travaillez également sur les marchés des eaux usées et de l'eau potable? P.G. : Bien sûr. Nous continuons à être très actif sur les petites stations d'épuration qui représentent aujourd'hui encore un marché en croissance. Notre c'ur de cible : les stations de traitement d'une capacité allant de 2.000 à 5.000 EH que nous équipons sur la base de procédés biologiques assez classiques qui vont du lagunage au filtre planté de roseaux en passant par les boues activées, ce qui permet de traiter ces eaux de manière économique. En France, le traitement des eaux de piscines représente environ 40% de notre chiffre d'affaires. Viennent ensuite le traitement des eaux usées puis l'eau potable. A l'international, la répartition est différente : 50% de notre chiffre d'affaires repose sur l'eau potable et 50% sur le traitement des eaux usées. E.I.N. : Quelle est la finalité de l'augmentation de capital que vous venez de lancer ? P.G. : Cette augmentation de capital va permettre d'accompagner la croissance de l'entreprise qui est assez forte puisqu'elle avoisine les 25 %. Elle se fera à hauteur d'un million d'euros sans pour autant modifier la structure de l'actionnariat de l'entreprise dont ma famille et moi-même détenons la majorité aux côtés du fonds d'investissement Entrepreneur Venture qui continue bien entendu à nous accompagner. E.I.N. : Quelle est la stratégie du groupe à moyen ou long terme ? P.G. : Notre objectif, à un horizon de 3 ans, est d'atteindre un chiffre d'affaires de 20 M? dont 50 % à l'export, car c'est là-bas que se trouvent nos relais de croissance. Nous réalisons déjà des opérations significatives à l'international avec une bonne visibilité et si chacune de notre quatre filiales augmente son chiffre de 2 ou 3 millions d'euros, l'objectif sera rapidement atteint. Actuellement, deux filiales sont en pointe, au Chili et au Maroc. Je pense raisonnablement que cet objectif peut être atteint. C?est une question de ténacité, d'organisation et de bon positionnement en termes de produits. E.I.N. : Quels sont les marchés qui vous portent à l'international ? P.G. : Les petites stations mobiles, en container, dédiées au traitement de l'eau potable ou des eaux usées rencontrent un franc succès. Nous avons couplé cette année nos installations avec des éoliennes et des panneaux solaires sur des poteaux d'une dizaine de mètres de hauteur qui sont capables de délivrer des puissances installées de l'ordre de 20 kw, ce qui est largement suffisant pour les rendre autonome en énergie. Ces unités complètes incluant un package « eau + énergie » sont commercialisées à travers le monde sur une large gamme d'applications qui va du dessalement d'eau de mer jusqu'à la station d'épuration pour 1.000 EH par exemple. E.I.N. : Vous disposez déjà de références dans ce domaine ? P.G. : Oui bien sûr. Au Chili, dans le désert d'Atacama, à proximité du projet de télescope Alma à près de 3.000 mètres d'altitude, nous avons installé une station de traitement d'eau potable chargée de traiter l'arsenic ainsi qu'une station d'épuration Oxybatch en container couplée à du solaire et de l'éolien. C?est une opération intégralement financée par le gouvernement Chilien qui fonctionne aujourd'hui parfaitement. Au Laos, nous réalisons une opération du même type, financée par le gouvernement Français, pour produire de l'eau potable via une installation en container couplée au solaire et probablement à de l'éolien. E.I.N. : Vous développez également des savoir-faire dans les domaines de l'air et du biogaz? P.G. : Absolument, ce sont des composantes désormais essentielles d'une station d'épuration municipale. A Pollutec, nous exposons avec Anua, une société irlandaise avec laquelle nous avons développé une coopération commerciale sur le marché français pour le traitement de l'air. Notre première référence concernera le SIAAP pour le compte duquel nous allons installer des unités de traitement de l'air sur la ligne de désodorisation de la station d'épuration d'Achères. Elle reposent sur un procédé biologique assez original : ce sont des coquilles d'huitres et de moules qui permettent d'accumuler du calcium et de neutraliser ainsi les flux issus des process de traitement. C?est un procédé qui a fait ses preuves. Sur Valenton, la seconde unité de traitement par la taille du SIAAP, nous avons conçu une unité de stockage du biogaz qui confirme l'expertise acquise par le groupe Eau Pure dans ses domaines. Propos recueillis par Vincent Johanet