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Poursuivant son développement sans relâche, le Groupe Aqualabo, spécialisé dans la conception, le développement et la commercialisation d'instruments pour le contrôle et l'analyse de l'eau, vient de procéder au rachat de la gamme de capteurs développée par la société Néosens pour la mesure en ligne des phénomènes d'encrassement. Cette nouvelle acquisition permet à Aqualabo d'élargir son offre et de se hisser parmi les tous premiers acteurs Français du contrôle et de l'analyse de l'eau. Rencontre avec Stanislas Rault, Président-fondateur du groupe et grand artisan de ce développement.

L?Eau, L?industrie, les Nuisances : Pouvez-vous nous présenter le groupe Aqualabo en quelques mots ? Stanislas Rault : Aqualabo a été créé en 2007 à l'occasion du rachat d'Orchidis, une entreprise bien implantée dans le domaine du contrôle des eaux, par mon associé Jérôme Legeai et moi-même. Nous avions mené tous les deux une longue carrière ? près de 14 ans ? au sein du groupe Suez et nous avons choisi, à la faveur de cette opportunité, de fonder notre propre société en développant une offre centrée sur le contrôle de la qualité des eaux. Le développement du groupe a été assez rapide, poussé par le rachat de Ponsel Mesure en octobre 2010, puis de Perax en décembre 2011. Si bien qu'aujourd'hui, le groupe Aqualabo est dirigé par trois associés, Jérôme Legeai, Alain Cruzalebes et moi-même qui représentons chacun ces trois entreprises, lesquelles sont des filiales à 100 % du groupe Aqualabo. Chacune garde cependant toute l'autonomie qui était la sienne avant son intégration au sein du groupe, notamment en matière de recherche et développement, même si des synergies et une mutualisation de certains coûts sont systématiquement recherchées. E.I.N. : Vous venez de reprendre la gamme de capteurs développée par la société Néosens pour la mesure en ligne des phénomènes d'encrassement. Qu'est-ce que vous apporte cette acquisition ? S.R. : Néosens était le concepteur et l'unique fabricant au monde de sondes de mesure de l'encrassement. L?entreprise avait développé une gamme de solutions comprenant, entre autres, des capteurs pour la mesure in-situ, en continu et en temps réel de l'oxygène dissous et des sondes capables de détecter et d'analyser en continu et en temps réel les phénomènes d'encrassement dans les canalisations et échangeurs thermiques. A ce titre, nous nous intéressions de près à ces développements dans la mesure ou ils aboutissaient à la création d'un paramètre supplémentaire précieux pour les exploitants. Un paramètre très attendu, mais pas encore véritablement intégré par les exploitants, notamment en France puisque les sondes Néosens en service sont plus nombreuses hors de nos frontières que dans notre pays. Il y a donc là un véritable marché à créer puis à développer. C?est un challenge ambitieux mais dont le potentiel nous parait important même si, étant primo-arrivant sur ce paramètre, il sera nécessaire de déployer de gros efforts de pédagogie pour expliciter à nos clients tout l'intérêt que présentent ces produits. E.I.N. : Qui assurera le développement et la fabrication des sondes Néosens ? S.R. : Comme vous le savez, Ponsel Mesure conçoit et fabrique des instruments et des capteurs pour le contrôle et l'analyse de l'eau. Son équipe d'ingénieurs et de scientifiques développe depuis plus de cinquante ans une gamme de produits fixes et portables qui permet à nos clients de maîtriser toute la chaîne de mesure de l'eau. Elle est donc parfaitement à même d'assurer la fabrication des sondes Néosens. E.I.N. : Que pèse aujourd'hui le groupe Aqualabo sur le marché ? S.R. : Le groupe emploie aujourd'hui xx salariés et réalise un chiffre d'affaires voisin de 10 M? hors Néosens c'est-à-dire à périmètre constant, en progression de 10 % par rapport à l'an dernier. Nous réalisons 25 % de notre CA à l'export. Le groupe Aqualabo est donc aujourd'hui un acteur dynamique et important sur le marché de l'analyse et du contrôle de l'eau en France. Il se compose d'entreprises bénéficiaires, bien implantées et très pointues dans leur domaine, capables d'apporter une véritable expertise à leurs clients. A la fin du mois de septembre, nous avons clôturé notre exercice de façon très honorable grâce à la dynamique de développement engagée ces dernières années et aux gros efforts de R&D qui nous permettent de mettre sur le marché des produits très innovants. E.I.N. : Quelle est votre stratégie à moyen et long terme ? S.R. : Notre objectif est de porter notre chiffre d'affaires de 10 à 15 M? en trois ans notamment en augmentant la part réalisée à l'export de 25 à 50 %. Cette progression se fera à périmètre constant, sauf si une opportunité particulièrement intéressante venait à se présenter. Chacune des sociétés qui compose le groupe dispose aujourd'hui d'atouts suffisamment importants en termes de produits, de capacité à innover et à exporter pour parvenir à ce résultat. J?ajoute que sur le marché Français, le groupe commence à jouir d'une visibilité appréciable qui ne pourra que profiter à son développement. E.I.N. : Quel regard portez-vous sur le marché de l'instrumentation et de l'analyse en France ? S.R. : C?est un marché qui se porte bien, soutenu par la réglementation et la nécessité aujourd'hui impérative d'optimiser les procédés tout en réduisant les coûts associés. Ceci-étant, cela ne signifie pas pour autant que tous les acteurs du secteur se portent bien. La capacité à proposer des produits toujours plus innovants et à anticiper les besoins des exploitants reste primordiale. C?est tout le sens de la démarche qui nous a conduit à reprendre la gamme Néosens dont nous pensons qu'elle correspond à un vrai besoin, même s'il n?est pas toujours clairement identifié aujourd'hui. Propos recueillis par Vincent Johanet