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Une quarantaine d'anciens chefs d'État et de gouvernement estiment que la planète est confrontée à une crise de l'eau dont la gravité grandissante menace la paix, la stabilité politique et le développement économique. Ils appellent le Conseil de sécurité de l'ONU à faire de la crise de l'eau une priorité.

L'organisation InterAction Council rassemble depuis une trentaine d'années d'anciens présidents, chanceliers et premiers ministres de pays développés qui se réunissent une fois par an pour débattre de l'état du monde. Parmi ses membres, on retrouve par exemple l'ex-président américain Bill Clinton, l'ex-premier ministre français Alain Juppé ou encore l'ancien président de l'Afrique du Sud Nelson Mandela. Leurs travaux se sont focalisés cette année sur le thème de l'eau et se sont traduit par la publication d'un rapport alarmiste. Sans réclamer d'intervention spécifique de l'ONU, InterAction Council demande au Conseil de sécurité de considérer l'eau « comme l'une des principales préoccupations de la communauté internationale ». Le rapport souligne que 4500 enfants meurent chaque jour victimes de maladies hydriques liées à la consommation d'une eau insalubre ou à l'absence de systèmes efficaces d'assainissement. Des chiffres qui, selon InterAction, ne peuvent qu'empirer. « Alors que la population mondiale augmentera d'un milliard de personnes d'ici 2025, 1000 milliards de mètres cubes d'eau supplémentaires seront nécessaires chaque année, soit l'équivalent du cours de 20 fleuves tels que le Nil ou de 100 fleuves Colorado. (?) De plus, dans moins de 20 ans, la demande en eau devrait dépasser les ressources disponibles en Inde et en Chine, les deux pays les plus peuplés du monde ». Le rapport s'alarme également des effets des changements climatiques qui s'ajoutent à la liste déjà bien longue des pressions qui pèsent sur l'eau : la surpopulation, la pollution, l'épuisement des ressources en eaux de surface mais aussi souterraines. Ces effets, quoique difficiles à prévoir, provoqueront une aggravation de la crise qui se traduira par des sécheresses dans certaines régions du monde et des inondations ailleurs. «Beaucoup pensent encore que les effets du changement climatique seront locaux, mineurs et cumulatifs», affirment les experts. "En fait, il ne faudra pas longtemps avant que le changement climatique n?affecte tout le monde, partout, en même temps, ce qui aggravera les disparités régionales, économiques, sociales et politiques ». Le rapport prévoit que des conflits pourraient bien éclater pour le contrôle des ressources en eau qui s'amenuisent, en particulier dans des régions déjà instables, comme au Proche-Orient et en Afrique. Il relève par exemple qu'en 1950, il y avait 500 grands barrages sur la planète alors qu'on n?en dénombre aujourd'hui plus de 45.000, « ce qui se traduit par une moyenne stupéfiante de deux nouveaux grands barrages par jour dans le monde depuis la guerre de Corée ». Le document publié par l'organisation InterAction Council appelle donc les gouvernements et les institutions internationales à la mise en place rapide de réformes radicales sur la gouvernance mondiale et sur le développement de programmes visant à réduire la demande globale, à rationaliser les usages et à favoriser l'efficience, la réutilisation des eaux usées épurées et la reconstitution des écosystèmes. Le rapport d'InterAction Council peut être téléchargé à l'adresse : http://www.inweh.unu.edu/WaterSecurity/documents/WaterSecurity_FINAL_Aug2012.pdf