Pour sa 14e édition, le salon Expobiogaz va faire halte à Eurexpo Lyon, les 10 et 11 mars 2026. À cette occasion, Raphaël Goerens, directeur de la manifestation chez GL events Exhibitions Operations, revient, pour L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances, sur le marché de la production de gaz renouvelable, la place du secteur de l’assainissement dans la filière…
L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore le salon Expobiogaz, pouvez-vous revenir sur son histoire ?
Raphaël Goerens : Au début des années 2010, alors que la méthanisation accélérait son développement en France, le besoin d’un événement dédié s’est fait sentir. Expobiogaz est ainsi né de la volonté commune de GL events et de l’ATEE de proposer un rendez-vous pour accompagner spécifiquement la filière. Au fil des éditions, le salon a gagné en notoriété et évolué avec le marché, tant dans la diversification des porteurs de projets, que des offreurs de solutions. Il couvre aujourd’hui toute la chaîne de valeur, de la production aux usages en intégrant les services associés. C’est désormais le salon des gaz renouvelables, regroupant les technologies le plus matures (la méthanisation) et les nouveaux gaz verts (pyro-gazéification ou gazéification hydrothermale). Il s’adresse à des publics variés : agriculteurs méthaniseurs, collectivités territoriales, agro-industriels, gestionnaires de déchets, acteurs du traitement de l’eau ou de la mobilité, etc. En fait, tous ceux qui peuvent produire, gérer et utiliser du gaz renouvelable. Grâce à ce positionnement à la fois spécialiste et holistique, c’est un rendez-vous fédérateur mais aussi technique et propice au développement des affaires.
L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Dans quel contexte général va s’ouvrir le salon ?
Raphaël Goerens : Le marché de la production de gaz renouvelable vit une mutation assez profonde, et rentre dans une nouvelle phase de développement. Sans être trop complexe, on peut dire que le cadre réglementaire passe d’un soutien à l’offre – avec des tarifs réglementés, par exemple – à une incitation de la demande – avec des dispositifs comme les certificats de production de biogaz (CPB). Les gaz renouvelables, réduisant la dépendance aux gaz fossiles et favorisant la souveraineté (énergétique et industrielle) mais aussi la création de valeur dans les territoires, bénéficient, en outre, d’atouts de poids dans un paysage énergétique incertain. En effet, à l’heure où je vous réponds [mi-décembre 2025, NDR], nous attendons toujours la publication de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie. Ce cadre est attendu par le marché pour accélérer le déploiement de projets.
L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Quelles sont les autres nouveautés (en plus du retour à Lyon mi-mars 2026) et les temps forts de l’édition 2026 ?
Raphaël Goerens : Expobiogaz est reconnu pour la qualité des conférences proposées pendant l’événement. Les partenaires experts – au premier rang desquels le Club Biogaz de l’ATEE, coorganisateur du salon – construisent un contenu de grande qualité, couvrant l’ensemble des sujets clés. En 2026, et pour la première fois, l’événement se tiendra conjointement à Open Energies, un autre salon que nous organisons, dédié aux systèmes énergétiques « intelligents ». Il traite principalement d’électricité renouvelable (en particulier, celle issue de la production photovoltaïque) et de pilotage (du réseau jusqu’aux usages). La complémentarité entre ces filières est très nette, notamment lorsque l’on regarder avec le prisme du mix énergétique global. Le Syndicat des énergies renouvelables a d’ailleurs choisi d’organiser, à cette occasion, les premières rencontres Flexinergie, dédiées à la flexibilité du système énergétique.
L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : Que représente, ou représentera, le secteur de l’eau comme débouché ?
Raphaël Goerens : Le secteur de l’assainissement de l’eau est un acteur historique de la filière ; le premier système de méthanisation appliqué aux eaux usées date du XIXe siècle ! La méthanisation des boues de stations d’épuration (STEP) et stations de traitement des eaux usées (STEU) présente des avantages économiques évidents et s’inscrit pleinement dans une démarche d’économie circulaire, à l’échelle territoriale. La pertinence de cette solution n’est plus à démontrer. Les nouvelles directives européennes [à l’instar de la nouvelle directive Eaux résiduaires urbaines (DERU 2), qui imposera notamment une autonomie énergétique aux stations d’épuration, NDR] pourront donc inciter des acteurs jusqu’alors insuffisamment informés, ou non convaincus, à développer la production de biogaz à partir d’eaux usées. Nous les invitons à venir à Expobiogaz à cet effet.
Chiffres clés de l’édition 2024 à Strasbourg
• Près de 170 exposants et marques
• Plus de 3 000 professionnels
• 24 % d’exposants internationaux
• 14 % de visiteurs internationaux
• 27 pays représentés

