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À l'occasion d'une conférence qui s'est tenue le 5 septembre dernier à Saragosse, la Commission européenne s'est à nouveau penchée sur les moyens de promouvoir une utilisation plus rationnelle de l'eau au sein de l'Union. Cette préoccupation n?est pas nouvelle. Elle fait suite à une première communication sur le manque d'eau et les problèmes de sécheresse présentée en juillet 2007 et devrait constituer le socle d'un rapport à paraître avant la fin de cette année.

Pour Stavros Dimas, Commissaire européen chargé de l'environnement, l'Union européenne gaspillerait de 20 à 40 % de ses ressources en eau. Un gaspillage que l'état de nos ressources ne permet pas. « L'Europe est déjà touchée par le manque d'eau et par la sécheresse » a-t-il affirmé. « Le changement climatique va probablement continuer à accroître considérablement la pression qui s'exerce sur les ressources hydriques. Nous pouvons nous attendre à des pénuries d'eau et à des sécheresses plus fréquentes en Europe. Il faut donc adapter d'urgence la façon dont nous utilisons l'eau pour éviter à l'avenir les pénuries et leurs conséquences environnementales, sanitaires mais aussi économiques. Nous devons prendre conscience du fait que le potentiel d'économie d'eau en Europe est considérable pour autant que chacun adopte les pratiques nécessaires ». La préoccupation de la Commission n?est pas nouvelle. En juillet 2007, elle avait évalué le montant des préjudices causés à l'économie européenne depuis 2000 à 100 milliards d'?. La sécheresse de 2003, l'une des plus fortes en intensité, a affecté à elle seule plus de 100 millions de personnes et près d'un tiers du territoire de l'UE, coûtant approximativement 8,7 milliards d'?. La Commission avait alors proposé une série d'options stratégiques pour remédier ou atténuer les effets du manque d'eau et de la sécheresse. Parmi celles-ci, la fixation d'un « juste prix » de l'eau quelle que soit sa provenance, la mise en place de démarches systématiques de comptage, la généralisation de programmes de répartition négociés de l'eau entre les secteurs économiques en accordant la priorité aux économies d'eau, et l'adoption de mesures économiquement incitatives pour améliorer la gestion des besoins en eau avant d'opter pour la mise en place d'infrastructures d'approvisionnement supplémentaires. A Saragosse, la Commission est revenue à la charge. Pour elle, il est essentiel que tous les États membres mettent en ?uvre intégralement la directive-cadre sur l'eau, dans la mesure où celle-ci exige l'élaboration de politiques de tarification de l'eau et de plans de gestion de la sécheresse. Par ailleurs, la gestion de l'eau doit s'articuler avec une meilleure gestion des sols, notamment en matière d'eaux de pluie : la mise en place de mesures destinées à favoriser la pénétration des eaux pluviales dans le sol en milieux urbain et rural contribuerait dans une large mesure à rétablir les ressources en eaux souterraines et superficielles dans de nombreuses régions. Il faudra enfin que la durabilité des ressources en eau et l'utilisation des sols soient intégrées dans l'élaboration des politiques dans des secteurs tels que l'agriculture et le tourisme. Et que l'ensemble des activités économiques soient adaptées à la quantité d'eau disponible à l'échelon local. Pour pouvoir faire face aux problèmes de rareté de la ressource en eau et de sécheresse, le livre blanc de la Commission sur l'adaptation au changement climatique prévu pour la fin de l'année 2008 comportera un important volet de mesures destinées à parer aux situations de pénuries.