L’Union des industries et entreprises de l’eau (UIE) a décerné le Prix UIE de l’innovation dédié aux solutions eaux non conventionnelles à Agua de Sol, et le syndicat accueille désormais l’Afreg, nouvellement créée, et le Snecorep en tant que membre associé.
À l’occasion de l’édition 2026 du Carrefour des gestions locales de l’eau (CGLE), qui s’est déroulée les 21 et 22 janvier dernier, au Parc des expositions de Rennes (Ille-et-Vilaine), l’Union des industries et entreprises de l’eau (UIE) a dévoilé le lauréat du Prix UIE de l’innovation dédié aux solutions eaux non conventionnelles (réutilisation des eaux usées traitées, eaux de pluie, eaux grises, eaux de process…) à la jeune pousse Agua de Sol pour sa technologie de transformation de l’air en eau grâce au soleil.
« Si 5 milliards de personnes dans le monde ont accès à l’eau du robinet, plus de 2 milliards d’entre elles ne la boivent pas pour différentes raisons. Ces personnes se tournent alors vers des technologies de traitement, telles que l’osmose inverse, ou vers l’usage de bouteilles en plastique, très chères et polluantes », rappelle Luc Métivier, président d’Agua de Sol. Pour relever ces défis, la start-up a mis au point la SunAir Fountain qui peut produire jusqu’à 1 litre d’eau par jour et par panneau.
Son fonctionnement est le suivant : la nuit, l’air humide ambiant est aspiré dans un panneau – l’humidité de l’air est beaucoup plus forte la nuit que le jour – et seules les molécules d’eau sont capturées par un adsorbant spécifique, sélectionné à l’issue travaux de R&D avec l’IFPEN[1]. et qui se présente sous la forme de petites billes contenues dans des tubes micro-perforés noirs. Durant la journée, la chaleur solaire transforme les molécules d’eau en vapeur, qui se condense sous le verre du panneau, les gouttes ainsi formées coulant par gravité jusqu’en bas du panneau. Cette eau pure est ensuite minéralisée naturellement conformément aux normes de l’OMS[2].
Un syndicat dédié à la valorisation des eaux grises
Par ailleurs, « j’ai la grande joie d’annoncer que l’UIE s’agrandit doublement en accueillant, d’une part, un syndicat tout nouvellement créé et, d’autre part, un syndicat qui existe depuis de nombreuses années au sein de la FNTP[3] et qui a décidé de nous rejoindre en tant que membre associé », annonce Christophe Dingreville, président de l’UIE. Ce nouveau syndicat est l’Alliance française pour le recyclage des eaux grises (Afreg), qui devient ainsi le neuvième syndicat de spécialité membre de l’UIE.
« La réglementation concernant les eaux dites non conventionnelles a changé en juillet 2024, ouvrant notamment la possibilité de recycler les eaux grises comme l’eau issue des douches, des lavabos, des lave-linges, etc. Désormais, ces eaux peuvent être réutilisées, après un traitement adapté sur place, pour l’alimentation des toilettes ou l’arrosage, par exemple. La création de l’Afreg vient de cette nouvelle réglementation et de la volonté de six sociétés (Aquality, Bonna Sabla, Jetly, Saint Dizier Environnement, Premier Tech et Plasteau) de se rassembler pour structurer et promouvoir cette filière. Cette nouvelle structure est aussi issue d’un appel du pied des pouvoirs publics qui sont aujourd’hui ravis d’avoir un tiers de confiance pour ce métier en création », explique Thomas Contentin, président de l’Afreg, qui appelle les entreprises souhaitant accompagner la création de cette filière à la rejoindre.
« Porter encore plus haut la voix de la filière »
Enfin, le nouveau membre associé de l’UIE n’est autre que le Syndicat national des entrepreneurs, concepteurs et réalisateurs de stations de pompage (Snecorep). Membre comme l’UIE de la FNTP, le syndicat, qui fête cette année ses 40 ans, regroupe 80 entreprises spécialisées dans la conception, la réalisation et l’installation des systèmes qui équipent les stations de pompage, les travaux hydrauliques, ainsi que les fabricants et les équipementiers.
« Notre mission principale est de représenter les membres auprès des pouvoirs publics, d’informer et de soutenir les adhérents dans les aspects techniques, économiques, sociaux et juridiques, ainsi que de promouvoir l’innovation et les meilleures pratiques dans le secteur du pompage, et d’encourager la formation et la professionnalisation des métiers », rappelle Christophe Rumeau, président du Snecorep. « C’est, pour nous, une reconnaissance du travail fait depuis plus de 100 ans auprès acteurs du petit cycle de l’eau. En renforçant notre représentativité, nous pourrons, tous ensemble, porter encore plus haut la voix de la filière », affirme Christophe Dingreville (UIE).

