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Longtemps synonyme de grisaille et de laideur, injustement associé à la politique d'urbanisation sauvage menée dans les années 1950-1960, le béton souffre aujourd'hui encore d'une image dégradée. Bien injustement puisqu'il est, selon plusieurs enquêtes convergentes, l'un des produits de construction les plus « verts » qui soient, tant par sa composition que par sa production. En matière d'esthétique, il n?a plus grand-chose à envier aux autres matériaux tant ont été importants les progrès accomplis ces dernières années en matière de formes, de couleurs et de parements. Un bon exemple de ces évolutions est fourni par Kronimus, un fabricant mosellan qui a su valoriser les atouts écologiques du matériau béton en les conjuguant avec ses nombreuses possibilités esthétiques.

Filiale française d'une entreprise familiale qui emploie aujourd'hui 600 salariés sur cinq usines en Europe, Kronimus fabrique sur son site de Maizières-lès-Metz (54) des éléments en béton destinés aux marchés de la voirie, de l'aménagement urbain et du bâtiment. Fondée en Allemagne en 1925 par Rudolf Kronimus, grand-père de l'actuel P-D.G. du groupe, Martin Kronimus, l'entreprise à su construire son succès en conjuguant une culture familiale forte avec des valeurs associant la rigueur à l'innovation qui lui permettent aujourd'hui de coller parfaitement aux attentes du marché. Pourtant, à l'image de bien d'autres entreprises, le succès n?a pas été immédiatement au rendez-vous. « En 1952, au décès de son fondateur, Kronimus n?était encore qu'une petite entreprise de BTP d'une trentaine de salariés qui fabriquaient des éléments en béton pour ses propres besoins » souligne Vincent Adam, directeur général de la filiale Française. C?est Karl, son fils, qui assurera son développement si bien qu'en 1996, lorsqu'il passera le témoin à son propre fils, l'entreprise emploiera plus de 530 salariés ». Fin stratège, l'homme est aussi habile gestionnaire. Il réoriente l'activité de l'entreprise vers la fabrication d'éléments en béton tels que les blocs, pavés, dalles, bordures, éléments de mobilier urbains, murs de soutènement,?etc avec un leitmotiv : la qualité. Un redéploiement qui s'accompagne de nombreuses innovations, à l'image du grenaillage sur les dalles de béton, un procédé mis au point par Karl Kronimus, qui contribuera à l'essor de l'entreprise et à sa notoriété sur le marché de l'aménagement extérieur. Aujourd'hui, Kronimus propose une gamme riche de plus de 10.000 articles et plus de 700 recettes qui lui permet de répondre à la plupart des besoins. L?entreprise, qui a su gagner la confiance des bureaux d'études, des architectes, des concepteurs et des aménageurs est désormais le seul fabricant mosellan à être présent dans trois domaines d'activités : le bâtiment (blocs et planchers..), l'environnement (pavé et dalles') et la voirie (bordures, assainissement'). Une gamme complète, en constante évolution, qui s'enrichit chaque année de nouveaux modèles, de nouvelles formes et de nouvelles couleurs sans pour autant négliger la carte du sur-mesure : son bureau d'études d'iffezheim dans le pays de Baden, lui permet de répondre aux demandes les plus diverses à l'image des fontaines de Dinard ou de Nantes, entièrement réalisées en atelier. Seul point commun de tous ces produits, la passion du béton, un matériau aux qualités écologiques et économiques indéniables. Un matériau aux qualités écologiques et économiques indéniables Le béton, Jean-Francis Riasseto connait bien. Ancien responsable technique du site de Maizières-lès-Metz, il a participé à la mise au point de la plupart des produits de la gamme Kronimus jusqu'à la conception de l'Astubloc, un nouveau concept de bloc béton qu'il a développé lui-même après plusieurs années de développements. Un bloc de couleur brune qui le différencie des produits plus classiques et rappelle que le matériau est strictement conforme aux normes HQE. Car pour lui comme pour Vincent Adam, directeur général, « Le béton est un matériau écologique dont les qualités environnementales, trop souvent méconnues, sont avérées ». Dans sa composition tout d'abord, dans laquelle n?entrent que des produits naturels : du sable, des agrégats, de adjuvants, de l'eau, des cendres volantes et du ciment. « Mêmes les colorants, quand il y en a, sont des oxydes de fers tout ce qu'il y a de plus naturels » assure Jean-Francis Riasseto. Ecologique dans sa composition, le béton l'est aussi dans sa fabrication. « A l'inverse d'autres matériaux, comme par exemple la terre cuite, la fabrication de béton, qui sèche à l'air libre, ne nécessite pas de four et ne consomme pour ainsi dire pas d'énergie » souligne Vincent Adam. « C?est aussi un matériau facilement disponible, qui ne nécessite que peu de transport et ne génère donc que peu de CO2. C?est enfin un matériau totalement recyclable ». Une argumentation bien rodée et d'ailleurs confirmée par une récente étude dévoilée durant le salon Batimat dont les conclusions légitiment le matériau béton comme le partenaire incontournable de la construction durable et de la performance environnementale1. Du coup, et sûrs de ses qualités économiques mais aussi écologiques, Kronimus multiplie les initiatives pour promouvoir le matériau sous toutes ses formes et dans toutes les configurations possibles et imaginables. C?est l'Astubloc, plus rapide et plus facile à monter qui présente également des atouts thermiques et phoniques appréciables. C?est aussi une large gamme de pavés écologiques capables de favoriser le drainage et l'infiltration des eaux de ruissellement vers le sous-sol. La pose de ses pavés, équipés de distanceurs intégrés, permet d'obtenir un taux de perméabilité de 11% grâce à des joints de 1 cm. Disponibles dans une large gamme de nuances et d'aspects de surfaces, ils peuvent éventuellement être combinés avec des pavés plus classiques pour favoriser l'infiltration et lutter contre l'imperméabilisation des surfaces, trop souvent à l'origine des sous-dimensionnements des réseaux d'eaux pluviales. Adaptables à tous les environnements et, grâce au large éventail de leurs formes et de leurs couleurs, à de nombreux critères architecturaux, ils constituent la base d'une politique alternative au « tout tuyau ». Ils sont aussi une alternative intéressante aux produits plus classiques tels les granits, souvent jugés plus nobles mais dont l'origine n?est pas toujours compatible avec leur performance environnementale supposée. « Le bilan carbone d'un granit importé de Chine, comme c'est le cas neuf fois sur dix, ne peut pas être comparé à celui d'un produit béton, produit local par excellence » souligne Vincent Adam. Autant d'arguments qui contribuent à faire évoluer l'image associée au matériau béton et font mouche auprès des bureaux d'études et élus locaux, toujours plus nombreux à favoriser les projets associant performance environnementale et développement durable. Une tendance largement anticipée par Kronimus qui a très tôt intégré la dimension environnementale au sein de ces process de fabrication. Ainsi, sur le site de Maizières-lès-Metz, l'exploitant a eu recours à des techniques innovantes de gestion de l'eau. Des techniques innovantes de gestion de l'eau D?une superficie de 12 hectares, le site exploité par Kronimus est celui d'une ancienne usine sidérurgique qui s'y est établi dès le milieu du 19ème siècle. Il est dépourvu de tout réseau d'alimentation en eau de ville aussi bien que de tout réseau d'assainissement. Prenant acte de cette situation, l'exploitant a très tôt eu recours à des techniques innovantes de gestion de l'eau, aussi bien pour ses eaux de process, que pour ses eaux usées ou encore pour la gestion des eaux pluviales. Pour l'alimentation en eau de process, un puits a été foré qui permet de subvenir aux importants besoins en eaux de refroidissement des presses à béton. « Pompée à 15 ou 16°, l'eau est stockée avant d'être portée à la température de 25° grâce à un dispositif qui récupère la chaleur des compresseurs explique Jean-Francis Riasseto. Puis elle est exploitée en refroidissement jusqu'à ce que sa température avoisine les 28°C. Dès que cette température est atteinte, l'eau est récupérée pour être affectée à d'autres usages, le plus souvent des lavages ». Après cette nouvelle utilisation, l'eau est acheminée vers la station de traitement du site ou elle est décantée puis dessablée avant d'être réaffectée au lavage des bandes des machines. Après ce troisième usage, elle fait l'objet d'un nouveau traitement sur la station du site avant d'être consommée, cette fois-ci, au sein même du process de fabrication du béton. « Sur l'ensemble du site, l'eau est utilisée entre 3 et 5 fois » souligne Jean-Francis Riasseto, ce qui nous fait économiser entre 20 et 25 m3 d'eau par jour. C?est une économie très importante au niveau de l'alimentation en eau mais aussi au niveau du traitement dans la mesure où les volumes à traiter sont considérablement réduits ». Les eaux pluviales ont également été l'objet de toutes les attentions. Sous la zone de stockage, d'une superficie de 5.000 m², une chaussée réservoir a été aménagée pour limiter les ruissellements et favoriser l'infiltration des eaux. Sur les parties dédiées à la production, toutes les eaux pluviales sont récupérées et stockées avant d'être affectées au lavage ou au rinçage des presses. L?ensemble du site et son éventuel impact sur la nappe fait l'objet d'une surveillance constante via plusieurs piézomètres situés en entrée et en sortie. Entièrement conçus en interne par les équipes d'exploitation, les dispositifs de récupération, de recyclage et de réutilisation de l'eau sont pleinement opérationnels depuis trois ans. Prochaine étape, la diminution des nuisances engendrées par le transport des marchandises. Pour ceci, Kronimus pourrait faire l'acquisition d'un terrain contigu de 2 hectares qui lui donnerait un accès ferroviaire. « Un enjeu important puisqu'il permettrait de diminuer de 140 à 150 le nombre de camions qui traversent la ville chaque jour » souligne Vincent Adam. Un moyen de diminuer plus encore l'empreinte écologique du site pour l'aligner à celle du matériau béton?