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Le groupe Krohne développe, conçoit, fabrique et commercialise trois gammes de produits dans les domaines de la débitmétrie, de la mesure de niveau et de la température. Sur ces secteurs d'activités, la marque est peu à peu devenue symbole de qualité, de fiabilité mais aussi d'innovation. Les raisons de ce succès ? Un effort important en matière de Recherche et Développement et une démarche d'amélioration constante de la qualité pour que les appareils fabriqués gagnent toujours plus en fiabilité et en précision. Explications.

Lorsqu'en 1921 Ludwig Krohne se lance dans la fabrication de débitmètres à sections variables dans un atelier de Duisbourg, il est guidé par un précepte simple : « Ne propose à tes clients que des produits dont tu est sûr à 100% ». Près de 90 ans plus tard, la règle est toujours valable et explique une part importante du succès rencontré par l'entreprise sur ses différents marchés. Avec 15 sites de production répartis dans 10 pays, 42 filiales et, 46 distributeurs, plus de 2500 employés et un chiffre d'affaires voisin de 290 millions d'euros, le groupe Krohne occupe une place de choix sur ses trois secteurs d'activités : celle de leader mondial dans le domaine de la mesure de débit, une place de numéro trois en mesure de niveau et une position ascendante dans le troisième secteur, celui de la température, en plein développement depuis le rachat il y à 4 ans de la société Inor, leader scandinave en mesure de température. Les raisons de ce succès ? Elles sont multiples mais découlent pour la plupart de la structure de l'actionnariat, familial à 100 %, qui permet au groupe de privilégier une politique fondée sur le long terme plutôt que sur la recherche de profits immédiats. C?est cette particularité qui a par exemple permis au groupe de faire le choix de privilégier l'Europe dans le cadre de son développement. « Notre succès démontre qu'une telle démarche reste aujourd'hui possible » souligne Mickael Dubbick, président du groupe Krohne. Pour autant, le groupe est également présent sur la plupart des marchés émergents à commencer par l'Asie. « Première entreprise allemande à être présente en Chine dans cadre d'une joint-venture, nous sommes aujourd'hui, dans le domaine de l'instrumentation de mesure industrielle, leader sur ce marché gigantesque » affirme Mickael Dubbick. La vocation des unités de production localisées en Chine ou en Inde est de produire des matériels destinés aux clients régionaux, à une petite réserve près : « la fabrication de toutes les pièces considérées comme stratégiques, notamment les électroniques, reste localisée en Europe, même celles destinées aux capteurs assemblées dans ces pays » précise Jacques Van Den Bosch, directeur général de la filiale Krohne France (33,7 M?, 165 employés). Une façon pour le groupe de conserver la maitrise de son savoir-faire. C?est aussi la structure familiale de l'actionnariat qui a permis au groupe de privilégier l'innovation en consentant de gros efforts en matière de Recherche et Développement. Privilégier l'innovation en consentant de gros efforts en matière de Recherche et Développement Deux chiffres illustrent l'ampleur de l'effort consenti par le groupe pour entretenir et développer les capacités d'innovations de l'ensemble de ses équipes : 8% du chiffre d'affaires exclusivement consacrés à la recherche et au développement et 10% du C.A. affectés à l'amélioration de l'outil de production. Un effort très important donc, qui n?est pas sans rapport avec les positions occupées par Krohne sur ces différents marchés. Dans le domaine de la débitmétrie, il a permis de conserver l'avance acquise lors du rachat de la société Tobi dans les années 1950, qui fût la première à commercialiser le débitmètre électromagnétique. « Depuis ce rachat, la quasi-totalité des avancées enregistrées en matière de débitmétrie électromagnétique sont à mettre au crédit de Krohne » souligne Jean-Michel Montel, chargé de mission marketing L?essentiel de l'effort de recherches a porté tout à la fois sur le champ magnétique et sur le tube de mesure avec le souci de proposer des appareils précis, fiables et surtout faciles à mettre en ?uvre. Un exemple ? « Depuis 1979, c'est-à-dire depuis que Krohne a développé des appareils à champ continu commuté, tous nos appareils sont compatibles les uns par rapport aux autres » souligne Jean-Michel Montel. « C?est un atout important lorsqu'un convertisseur, notamment de gros diamètre, tombe en panne, puisque que cela n?implique pas de changer le capteur. Aucun autre fabricant ne peut en dire autant ». L?effort de Recherche et Développement a également permis au groupe de commercialiser de nouvelles gammes à un rythme soutenu, tous les 4 ans en moyenne, qu'il s'agisse de débitmétrie électromagnétique, à ultrasons, à sections variables, à effet vortex ou Coriolis, de capteurs multi-variables, etc. Jusqu'au dernier né de la gamme, le Waterflux, un appareil autonome en énergie, autocontrôlé et communiquant, doté d'un tube de mesure révolutionnaire, à section rectangulaire, dont Krohne attend beaucoup (cf encadré). Dans le domaine de la mesure de niveau, sur le site de Romans, l'usine des Ors, qui fête cette année son cinquantenaire, a également bénéficié de gros investissements qui ont permis au groupe de se hisser à la place de numéro trois mondial en quelques décennies. Un banc spécialement dédié à la R & D permet par exemple de recréer fidèlement différentes atmosphères industrielles et d'y tester les appareils développés, sans avoir à sortir de l'enceinte de l'usine. Et là encore, une équipe riche de 17 personnes est responsable de tous les développements du groupe en matière de niveaumétrie. Un effort conséquent qui a permis de développer une nouvelle gamme tous les 4 à 5 ans environ, depuis la sortie du BM70 en 1990 jusqu'au développement en 2000 du premier radar guidé « low cost », suivi en en 2004 de la gamme Optiflex (onde guidée TDR avec contact) et Optiwave (onde radar FMCW sans contact) dans l'attente d'une nouvelle gamme selon IEC 61508 qui devrait être présentée très prochainement et qui, selon Max Fossey, Responsable niveaumétrie Europe Sud chez Krohne France, « devrait permettre au groupe de gagner d'importantes parts de marché dans la mesure radar, tout spécialement dans le domaine de l'eau ». Autre innovation, mais déjà commercialisée celle-ci, un nouveau design d'antenne pour les solides et les poudres, l'antenne Drop, qui apporte une réponse fiable aux problèmes d'obturation de l'émission du signal par la condensation ou la poussière, en supprimant toute cavité ou celles-ci pourraient se loger ou se former. Autant d'exemples qui témoignent d'une forte capacité d'innovation favorisée, selon Joseph Neven, Coordinateur Recherche & développement du Groupe par « la mise en place d'un management de proximité ? deux niveaux hiérarchiques seulement pour favoriser la relation et l'écoute - et une grande mixité de compétences et d'origines géographiques ». Mais en mesure industrielle plus que dans n?importe quel autre domaine, l'innovation ne servirait pas à grand-chose si elle n?était pas servie par une démarche avant tout fondée sur la qualité et le service, deux autres points forts de Krohne. Une démarche fondée sur la qualité et le service Qu'il s'agisse de débitmétrie, de niveaumétrie ou de mesure de température et quel que soit le principe de mesure adopté, la qualité d'un appareil se juge d'abord sur la qualité de la mesure fournie. Ce postulat, Krohne l'a bien compris : sur le site de Dordrecht au Pays-Bas ou sont fabriqués les débitmètres électromagnétiques ou ultrasoniques commercialisés par le groupe, pas un appareil ne sort des lignes de production sans passer par un banc d'étalonnage. « Car c'est de la précision de l'étalonnage que dépendra la précision de la mesure » souligne Jean-Michel Montel. A Dordrecht, les petits et moyens diamètres du DN 25 au DN 150 sont étalonnés sur des bancs de tests à piston étalon. L?étalonnage se fait par comparaison directe des volumes. Les volumes de référence des bancs d'étalonnage sont supervisés le NMI/NKO, l'Institut métrologique national des Pays Bas. Ces bancs, qui répondent à la norme ISO 17025, offrent une exactitude d'étalonnage qui dépasse 99,97% de la valeur mesurée. Les gros diamètres nécessitent des moyens beaucoup plus importants : à Dordrecht, Krohne a donc fait construire deux tours d'étalonnage : une « petite » de 20 mètres de hauteur et une grande de 45 mètres de hauteur qui lui permettent d'étalonner la totalité de sa gamme de débitmètres jusqu'à 3 mètres de diamètre. Un point fort qui lui permet de remporter de nombreux contrats lorsque la qualité de la mesure est fondamentale. Pour l'usine de dessalement de Ras Laffan, au Qatar (286.000 m3/jour), Sidem a choisi Krohne pour sa capacité à fournir, mais surtout étalonner, 4 débitmètres électromagnétiques de diamètre 3.000 mm. Des appareils destinés à une transaction commerciale qui exigeaient une précision de la mesure de 0,3 % maximum' Dans le même esprit, l'usine de Romans ou sont fabriqués tous les appareils de mesure de niveau et les contrôleurs de débits commercialisés par le groupe, a également bénéficié d'investissement hors normes (700.000 ? en 2004) en matière d'étalonnage. Comme en débitmétrie, tous les appareils produits sont montés étalonnés avant d'être expédiés partout dans le monde. Pour ceci, l'usine a été équipée de plusieurs bancs d'étalonnage qui permettent d'étalonner les appareils à 3 mm près, « une performance qui peut être abaissée au millimètre près » selon Michel Vallat, directeur de la production. Quatre bancs d'étalonnage radar entièrement automatisés côtoient donc un banc d'étalonnage TDR ainsi qu'un banc de test et développement dédié à des applications clients qui permettent de s'assurer de la précision et donc de la qualité de la mesure. « Aucun autre fabricant, même parmi les leaders, ne bénéficie d'équipements comparables » souligne Mickael Dubbick. En dehors de la qualité de la mesure, chaque appareil assemblé à Romans est soigneusement contrôlé à toutes les étapes de sa fabrication avant d'être testé en pression et en étanchéité, conformément aux exigences de la directive PED : traçabilité totale, vérification de chaque composant au cours du montage, production en « juste à temps », sont les maitres mots d'un outil industriel complètement automatisé.