Your browser does not support JavaScript!

Pour savoir ce qui se passe au c'ur même des massifs filtrants, Veolia Eau propose désormais une nouvelle génération d'outil de diagnostic, non destructif : Investig +. L?avantage de ce système est qu'il permet de déterminer de façon scientifique l'état de fonctionnement d'une installation et ses capacités épuratrices, alors que jusqu'à présent les moyens de contrôle reposaient sur des vérifications visuelles approximatives.

On dénombre en France environ 5 millions de Petites Installations d'Assainissement (PIA). Deux millions d'entre elles sont équipées de massifs filtrants. Certes, la législation (arrêtés du 7 Septembre 2009) impose un certain nombre de points à vérifier lors des contrôles. Mais leur vérification nécessite de disposer de moyens techniques adaptés pour connaître le fonctionnement du filtre, son état, sa durée de vie résiduelle. Or ces moyens sont inexistants. Aussi les techniciens des SPANC sont obligés de se contenter de constats basés sur des informations visuelles (du schéma descriptif des installations, de leur conformité avec les normes en vigueur : volume de fosse, taille du filtre, éloignement de l'habitation, etc. ) et l'échange avec les propriétaires pour savoir s'il existe par exemple des problèmes récurrents, un surplus d'eau lors de grosses pluies, ou des odeurs gênantes ? Ces informations sont indispensables pour repérer des problèmes graves mais n?apprennent rien sur ce qu'il se passe au c'ur des installations. Un vide que Veolia Eau a cherché à combler dès 2006 en finançant des recherches en partenariat avec le Cemagref et l'université Blaise Pascal de Clermont Ferrand. Ainsi est né Investig +, une méthode de diagnostic inédite à ce jour permettant de constater l'état et le fonctionnement d'un massif filtrant. Le système, aujourd'hui en phase d'industrialisation, a fait l'objet d'un dépôt de brevet en janvier 2009. Dans le cadre des « 24 heures des PIA », congrès organisé par Veolia Eau, Investig + a été présenté en avant première sur une PIA en cours d'expérimentation par Veolia Eau et l'Agence de l'Eau Adour-Garonne dans le Tarn. Laurence Rolland, chez Veolia Eau, explique in situ. « Cinq outils utilisés dans d'autres contextes ont été associés pour former Investig + ». Un résistivimètre est d'abord employé pour mesurer la résistivité du sol. Ce qui permet de repérer le filtre, d'accéder à sa largeur et sa longueur. On utilise ensuite un pénétromètre PANDA qui enregistre la résistance des matériaux traversés. La hauteur et la nature des matériaux rencontrés ainsi que les caractéristiques du sable en place sont ainsi évalués. Un endoscope (tige creuse avec une caméra) donne des informations sur l'état du sable (colmatage, colonisation, saturation) et la présence des composants du massif filtrant. La granulométrie du sable est restituée après analyse des images. Puis un analyseur de gaz mesure la teneur en oxygène et en dioxyde de carbone ce qui informe sur l'activité biologique au sein du massif. Enfin, des tests de bandelettes (NH4, NO3) permettent d'analyser les rejets et de constater la performance de l'aération du massif. « Au bureau, l'ensemble des informations collectées est traité et ordonné par un système expert qui délivre un rapport résumant le diagnostic en deux points essentiels, la conformité et l'état de fonctionnement », indique Laurence Rolland. « Les données essentielles telle que la hauteur de la terre végétale, la hauteur du gravier et du sable, et les caractéristiques du sable ? sont confrontées aux normes de conformités XP DTU 64-1. L?état de fonctionnement du filtre est quant à lui apprécié à partir de quatre paramètres : la perméabilité du sable en place, la saturation en eau, la teneur en oxygène dans le filtre, et le colmatage. Enfin, l'efficacité de l'épuration est estimée par une évaluation sur le traitement de l'azote ». Autant d'informations clé pour permettre par exemple aux bureaux d'études de décider, en cas de dysfonctionnement, quelles sont les parties l'installation à réaménager. Pour l'heure, en une année, plus de 400 filtres ont fait l'objet d'un diagnostic dans le cadre de l'industrialisation du précédé. D?autre le seront encore pendant quelques mois, avec une extension de la technique sur d'autres matériaux filtrants.