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Forte de 8 années d'expérience dans le domaine de la récupération des eaux de pluie, la société 2Ô Innovation vient de lancer sur le marché un produit intégré, Plug an Play, qui se différencie des offres existantes par sa rapidité et sa simplicité de mise en ?uvre. L?objectif est de répondre aux nouvelles exigences du marché, soumis par ailleurs à l'arrivée de la taxe sur l'imperméabilisation des sols. Rencontre avec Cédric Fontaine, dirigeant-fondateur de 2Ô Innovation.

Revue L?Eau, L?Industrie, les Nuisances : Quelles sont les principales caractéristiques de ce skid «eau de pluie» que vous venez de lancer sur le marché ? Cédric Fontaine : Vous connaissez certainement, pour en avoir visité plusieurs, ces installations de récupération d'eau de pluie posées par des installateurs sur la base de kits plus ou moins élaborés, développés le plus souvent par des fabricants de pompes. Moyennant de longues heures de mise en ?uvre, elles s'intègrent plus ou moins bien, souvent de façon extensive, dans un existant pas toujours conçu pour les accueillir. Leur bon fonctionnement, comme d'ailleurs le respect des normes en vigueur, dépend bien souvent de l'expérience de l'installateur? Le concept que nous proposons prends l'exact contrepied de ce modèle : il s'agit d'un skid standardisé et pourtant construit sur mesure en fonction de l'application à laquelle il est destiné, logé sur une palette de dimensions 800 x 1200 mm. L?ensemble, prêt à être branché, comprend tout l'équipement nécessaire à une gestion automatisée des eaux de pluie. E.I.N. : Quels sont ses principaux atouts par rapports aux solutions présentes sur le marché ? C.F. : IIs sautent aux yeux. Le premier c'est la compacité. L?ensemble tient sur une simple palette normalisée. C?est donc la fin des installations tentaculaires qui tirent plus ou moins bien parti d'un espace qui n?a pas été conçu pour cela. Le second c'est la fiabilité. Le skid est monté, raccordé, calibré et préalablement testé en atelier sur la base de composants standards fabriqués par de grandes marques comme Calpeda et Xylem pour les pompes, RER et Alpha UV pour les UV, ABB pour les débitmètres, Siemens pour les sondes piézométriques, Schneider Electric pour la régulation..etc. Bref, des composants de grande qualité susceptibles d'être remplacés facilement et à tout moment, même si l'ensemble a été pensé pour durer. Le troisième avantage, c'est la garantie pour le client que la législation est respectée. Nous garantissons que nos skids sont conformes aux exigences réglementaires en matière de disconnexion avec le réseau par exemple, ce qui pratiquement parlant, est loin d'être toujours le cas sur le terrain. Tous nos modules intègrent en standard une lampe UV pour assurer la conformité du skid à tout type d'usage et deux compteurs pour satisfaire aux exigences de la taxe assainissement. E.I.N. : Quelles sont les capacités des skids que vous proposez? C.F. : Nous offrons, en standard, trois modules différents d'une capacité de 3, 6 ou 10 m3/heure capables d'alimenter différents postes avec un débit et une pression garantis en assurant un appoint automatique en eau de ville en cas de sécheresse. Mais il est bien entendu possible de sortir du standard en changeant de pompes ou en modifiant leur nombre, de façon à atteindre des capacités bien plus importantes sans pour autant modifier l'architecture du skid et sa compacité. Sur les modèles « sur-mesure », on peut être amenés à porter la longueur d'un skid à 1500 mm tout en restant à une largeur 800 mm pour qu'il continue à passer par une porte traditionnelle. E.I.N. : A Quels types d'applications destinez-vous ces skids ? C.F. : Bien que nos systèmes soient adaptables à tout type d'applications, le marché des particuliers ne constitue pas notre c'ur de cible. Le niveau de qualité de l'équipement que nous proposons ne nous permet pas de nous positionner en prix face aux solutions proposées par les grandes surfaces de bricolage. Notre offre s'adresse plutôt aux petites collectivités pour des besoins démarrant autour de 3 m3/h jusqu'à de grosses applications de récupération dans les secteurs du bâtiment ou de l'industrie nécessitant 40m3/h, voire plus. Les stations de lavage à 2 ou 4 pistes de super ou hyper-marchés pour des besoins allant de 10 à 15 m3/heure sont un exemple d'application typique. L?alimentation de sanitaires en eau de pluie pour des collectivités de toutes tailles est un autre exemple. Nous avons récemment équipé un parc d'exposition d'un système automatisé capable d'alimenter plus de 60 sanitaires. Dans l'industrie, les besoins sont très divers. Certains secteurs comme l'automobile sont demandeurs d'applications parfois très spécifiques. Nous avons par exemple équipé l'usine PSA de Rennes d'un test d'étanchéité consistant à faire passer chaque véhicule en sortie de chaine sous un rideau de pluie pour déceler d'éventuelles défaillances dans les joints. Le système, qui fonctionne en continu, repose sur une pompe d'une capacité de 4 m3/heure. E.I.N. : Quels sont les secteurs industriels que vous privilégiez ? C.F. : De manière assez générale, nous privilégions les activités qui associent de grosses capacités de récupération avec des consommations importantes. C?est le cas du secteur automobile avec notamment les stations de lavage, du secteur logistique ou de la grande distribution. Nous nous intéressons également au monde équestre et plus spécifiquement aux centres équestres qui disposent de grandes toitures tout en consommant beaucoup d'eau : les chevaux sont lavés régulièrement et les manèges sont souvent arrosés pour éviter la formation de poussière. E.I.N. : Comment vous positionnez-vous en prix par rapport aux solutions traditionnellement mises en ?uvre ? Est-ce que le niveau de qualité des solutions que vous proposez ne conduit pas un allongement du temps de retour moyen sur investissement ? C.F. : Il faut comparer ce qui est comparable. Si vous vous limitez au seul coût des équipements, il est clair que nous serons nettement plus cher que les solutions traditionnelles. Mais si, plus objectivement, vous intégrez à votre calcul le temps de main d'?uvre nécessaire à la mise en ?uvre d'une solution traditionnelle sans oublier celui nécessaire à l'adaptation d'une solution hétérogène, vous constaterez que les coûts sont sensiblement équivalents. Ceci alors même que les garanties que nous offrons sont bien supérieures'. Quant au temps de retour sur investissement, il est surtout fonction des applications, des qualités d'eau et des localisations géographiques. Sur le marché « particuliers », le retour sur investissement se situe entre 10 et 15 ans, rarement en dessous. Sur du collectif et du tertiaire, les durées avoisinent plutôt 7 à 10 ans. Dans l'industrie, avec des applications qui commencent à devenir importantes, elles sont de 4 à 7 ans sachant que l'on a vu des retours sur investissement inférieurs à 3 ans. Mais cette durée va se réduire dans les années à venir grâce - ou à cause - de la taxe sur l'imperméabilisation des sols dont le décret est paru en début d'année. Les industriels qui mettent en place un système de récupération d'eau de pluie pourront bénéficier d'une exonération allant de 20 à 40 %. Si l'on prend l'exemple d'un hypermarché de taille moyenne qui dispose de 50.000 m² de surface au sol, bâtiments et parkings inclus, une taxe de 0,20 ?/m² représentera 10.000 euros par an et l'exonération entre 2.000 et 4.000 euros par an. De quoi rentabiliser de nombreux projets' Donc le potentiel de récupération, la consommation d'eau et les surfaces imperméabilisées sont les trois paramètres qui vont booster les projets dans les prochaines années. Et peut-être ouvrir la voie à une gestion intelligente des eaux de pluie au niveau d'un quartier ou d'une zone industrielle, par exemple. E.I.N. : Comment comptez vous distribuer vos skids et quels sont vos objectifs commerciaux ? C.F. : Nous allons travailler tout à la fois avec les installateurs, les prescripteurs et en direct. Les installateurs, les grosses sociétés de plomberie, sont notre porte d'entrée sur le marché du bâtiment. Les prescripteurs, mais aussi les fabricants de citernes comme par exemple Techneau ou Labaronne-Citaf avec lesquels des partenariats sont envisagés, constituent une autre voie vers les collectivités et les industriels. Nous avons également recruté un commercial qui travaillera les grands comptes dans l'automobile, la grande distribution, le transport ou encore la logistique. Nous espérons réaliser une centaine d'installations par an. C?est un chiffre raisonnablement optimiste. Le marché, qui se professionnalise, a plutôt tendance à repartir avec des projets de taille plus importante associant souvent récupération et recyclage avec de la régulation, de la télégestion, etc. Propos recueillis par Vincent Johanet