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Les résultats de la deuxième édition de l'opinion des Français à l'égard de la politique de l'eau ont été présentés le 20 novembre dernier sur le salon des maires par les agences de l'eau, l'Onema et le ministère de l'écologie. Dans les grandes lignes, la perception des Français sur les grands enjeux de l'eau est restée assez stable par rapport aux résultats publiés en 2011, lors de la première édition de ce baromètre. Assez logiquement, ils appréhendent toujours la problématique de l'eau par le prisme de l'eau du robinet et placent comme première préoccupation environnementale la qualité de l'eau potable (48%), devant la qualité de l'air et bien avant le réchauffement climatique (41%). Sans grande surprise non plus, ils ne sont pas plus optimistes sur les grands enjeux de l'eau que sur les dossiers sociaux-économiques : 57% des personnes interrogées ont par exemple le sentiment que la situation se dégrade, à l'image de la qualité de l'eau des rivières jugée moins bonne qu'il y a 10 ans. Ce pessimisme n?exclut pas une certaine clairvoyance : 76% des Français interrogés attribuent la dégradation de l'état des eaux aux pesticides et 52% aux substances dangereuses. Il n?exclut pas non plus un engagement personnel pour limiter l'usage de ces substances en modifiant les comportements : 66% (+ 6 points par rapport à 2011) se déclarent prêts à acheter des produits ménagers bio ou non-polluants et 58% à faire preuve de plus de vigilance par rapport aux produits rejetés dans les eaux usées. Plus surprenant est le jugement qu'ils portent sur les politiques publiques et plus particulièrement sur les acteurs qui leur inspirent le plus de confiance en matière de gestion de l'eau. A cette question, l'Europe, pourtant à l'origine de l'essentiel de la réglementation dans le domaine de l'eau depuis plusieurs décennies, n?est citée que par 9% des répondants et par 3% seulement en première citation ! L?Etat, par le biais de ses services déconcentrés et de ses établissement publics, est à peine mieux loti avec 30% de citations, à égalité avec les distributeurs d'eau (Veolia, Lyonnaise, Saur) qui obtiennent là un niveau de confiance relativement élevé et surtout en hausse par rapport au précédent baromètre? Mais ce sont les collectivités locales et leurs élus qui inspirent le plus de confiance aux Français en matière de gestion de l'eau avec un total de 60% de citations, même s'ils ne sont que 31 % à les avoir citées en premier lieu. Un chiffre élevé donc, mais qui peut, à la manière du verre à moitié vide ou à moitié plein, être interprété de différentes façons. A l'état brut, on jugera que l'eau reste pour les Français avant tout perçue au travers du prisme local de sa gestion à l'échelle de la commune ou du territoire concerné et que c'est à ces gestionnaires ? élus et techniciens des services locaux de l'environnement - qu'ils sont le plus nombreux à accorder leur confiance. En affinant un peu, on peut également trouver inquiétant que 40% des personnes interrogées ne les ai pas citées du tout dans leur réponse? Quant à l'Europe, pourtant à l'origine de la quasi-totalité des objectifs qualitatifs pour les eaux de surfaces, les eaux de baignades, les eaux usées' et qui veille scrupuleusement à les faire respecter après avoir défini les instruments pour les atteindre et les outils pour les évaluer, elle est bien mal et bien injustement récompensée !