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Le cabinet Deloitte et l'association Entreprises pour l'Environnement (EpE) ont mené conjointement une étude visant à analyser les stratégies des entreprises, tous secteurs d'activités confondus, en matière d'actions liées à la préservation de l'eau et de gestion des risques liés à ses usages.

Face à une contrainte physique ou réglementaire croissante sur leur usage de l'eau, les entreprises, dans un cadre réglementaire variable, ont été interpelées sur leur empreinte eau qui peut recouvrir des notions variées : prélèvements sur la ressource, consommations liées à leurs process de production ou aux process de leurs fournisseurs, rejets et rejets des utilisateurs de leurs produits' Certaines ont développé des dispositifs de mesure de ces empreintes eau puis des pratiques de réduction dans les sites les plus sensibles. Mais bien que ces pratiques tendent à se diffuser et que le reporting extra-financier et la publication d'indicateurs de développement durable aient pris une importance croissante dans la communication des entreprises, celle sur l'eau reste limitée et difficilement exploitable. Seules 41% des entreprises sur les 68 étudiées par Deloitte et EpE établissent un rapport sur les risques liés à leur usage de l'eau, physiques, réglementaires ou de réputation. Parmi elles, moins de 10% intègrent ces trois types de risques dans leur rapport, et 32% mentionnent au moins deux de ces risques. Les types de risques les plus souvent identifiés par les entreprises sont les risques physiques (64%), principalement liés aux installations en zone de stress hydrique. Viennent ensuite les risques réglementaires et de litiges (54%) majoritairement liés aux rejets aqueux et aux pollutions accidentelles. Enfin, 28% des entreprises prennent en compte les risques de réputation. Parallèlement, les entreprises communiquent très variablement sur leur gestion de l'eau. Plus de 95% communiquent sur des initiatives menées ponctuellement et des innovations technologiques intégrées sur certains de leurs sites : circuits en boucle fermée, récupération des eaux de pluie, contrôle strict des émissions dans l'eau, mise en place de stations de traitement' Plus de 58% formalisent des engagements en faveur d'une gestion responsable de l'eau accompagnée d'objectifs chiffrés : rationalisation de l'utilisation de l'eau, dialogue avec les parties prenantes' Mais moins de 12% décrivent une démarche structurée dédiée à la gestion de l'eau : identification de l'ensemble des contraintes et des besoins locaux, définition de zones géographiques ou d'axes prioritaires pour une gestion responsable de l'eau, identification et partage des bonnes pratiques mises en ?uvre au niveau des sites, etc. Compte-tenu des pratiques actuelles en matière de gestion de l'eau, les défis à relever et les efforts à fournir demeurent encore importants pour une majorité d'entreprises. « Contrairement à l'énergie, ressource soumise à un cadre réglementaire mieux défini et à impacts économiques et financiers clairement identifiés, l'eau ne constitue pas une matière première prioritaire dans sa gestion. Pourtant, elle suscitera, dans les décennies à venir, des conflits d'usages indéniables touchant directement les entreprises dans la continuité de leurs activités » estime Eric Dugelay, Associé Responsable de l'Offre Responsabilité Sociale et Environnementale chez Deloitte.