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GE Water & Process Technologies propose une vaste gamme de produits chimiques, d'équipements, de procédés et de savoir-faire dédiés au traitement de l'eau potable, des eaux usées et des eaux industrielles. Une politique de croissance externe ambitieuse qui a conduit à intégrer ces dernières années les compétences d'acteurs tels que Zenon, BetzDearborn, Osmonics ou Ionics, permet à l'entreprise de proposer aujourd'hui aux ensembliers du domaine de l'eau un large panel de technologies avec leurs services associés. Rencontre avec Michel Mercusot, Responsable des partenariats et grands projets chez GE Water au niveau mondial.

L?Eau, L?industrie, Les Nuisances : Quelle est la place occupée par GE Water & Process Technologies au sein de la galaxie GE en termes de chiffre d'affaires, de personnel, d'unités de production, etc ? Michel Mercusot : GE Water & Process Technologies fait partie de l'une des quatre branches de GE, la division GE Energie Power and Water. GE Water exerce ses nombreuses compétences au sein de deux grands métiers : le premier consiste à commercialiser des produits pour le traitement des eaux dans les circuits industriels ainsi que les services qui y sont associés. Il s'agit essentiellement de formulations chimiques spécialement développées pour répondre à telle ou telle application en milieu industriel. L?autre pôle de compétences de GE Water & Process Technologies est orienté vers les process de traitement des eaux, notamment physiques, avec des savoir-faire très étendus dans le domaine de la filtration. Au niveau mondial, l'entreprise réalise un chiffre d'affaires voisin de 2,5 milliards de dollars qui se répartissent à part égales entre l'activité « produits chimiques et services » et la branche « équipements ». Elle emploie plus de 8.000 salariés dans le monde et exploite plus d'une cinquantaine d'unités de production réparties sur les cinq continents E.I.N : Quelle place occupe GE Water en Europe et plus particulièrement en France ? M.M. : Sur le continent européen, GE Water & Process Technologies dispose de plusieurs usines dont les principales se trouvent en Angleterre, en Belgique, en Italie ainsi qu'en Hongrie ou GE crée actuellement un centre d'excellence à Oroszlány pour la fabrication de membranes d'ultrafiltration ZeeWeed. La technologie ZeeWeed, qui constitue la clé de voûte de la gamme de produits de filtration de GE, a été mise en place sur plus de 500 installations d'eau potable et d'eaux usées à travers le monde. En France, GE Water & Process Technologies emploie environ 200 personnes et dispose d'une usine de produits chimique basée à Chalons sur Saône. E.I.N : GE Water possède un portefeuille de technologies assez large dans des domaines de l'eau potable, des eaux usées, des eaux industrielles ou encore en dessalement. Quels sont les domaines dans lesquels l'entreprise dispose d'une expertise particulière au plan technique ou de positions fortes en termes de parts de marché ? M.M. : Effectivement, GE Water & Process Technologies dispose d'un portefeuille de technologies très large par rapport à nos compétiteurs puisqu'il regroupe les techniques membranaires de micro, ultra et nanofiltration, l'osmose inverse ainsi que des techniques thermiques qui permettent par différents procédés, dont l'évapoconcentration, d'obtenir une eau parfaitement traitée avec, pour seuls sous-produits, des résidus solides. C?est un atout important car la diversité de ce portefeuille nous permet de proposer un large panel de solutions adaptées au traitement de l'eau, notamment des équipements de dessalement d'eau de mer, des circuits de refroidissement, de la pétrochimie, des équipements de purification d'eau, des chaudières' Dans certains domaines, nous développons une expertise très importante qui se matérialise par la création de centres d'excellence qui réunissent les compétences et savoir-faire les plus pointus du Groupe dans un secteur technologique particulier. Le centre d'excellence d'Oroszlány, en Hongrie que j?évoquais tout à l'heure est par exemple dédié à la fabrication de membranes d'ultrafiltration ZeeWeed. Un second centre d'excellence a été inauguré à Minnetonka, dans le Minnesota aux Etats-Unis, dans lequel sont fabriquées des membranes d'osmose inverse et de nanofiltration. De manière plus générale et pour renforcer sans cesse ses compétences et sa présence mondiale, GE a établi un centre mondial de R&D à Singapour et a récemment ouvert le GE Saudi Water and Process Technologies Center à Dammam, en Arabie Saoudite. E.I.N : Pouvez-vous nous donner quelques exemples de réalisations témoignant du savoir-faire de GE Water dans le secteur de l'eau ? M.M. : Ils sont nombreux : en eaux usées, le fait d'avoir équipé l'usine de traitement de l'eau du Nordkanal à Düsseldorf du plus grand bioréacteur équipé d'une membrane d'ultrafiltration au monde a permis au canal de retrouver une qualité d'eau de baignade. En eau de process, l'ajout de variateurs de vitesse sur le système d'osmose inverse de La centrale électrique de Tilbury en Angleterre a permis de réduire la demande en énergie de 50 % pour l'exploitant et de réduire de près de 850 tonnes par an les émissions de CO2. En eau potable, la mise en place du système d'électrodialyse inverse sur la centrale de traitement d'eau potable d'Aigües Ter-Llobregat a permis à la centrale de récupérer 90 % de ses eaux usées et fonctionne presque en circuit fermé. Aux Etats-Unis, nous avons mis en place une solution basée sur le « zero liquid discharge » qui s'apparente au « zéro rejet » pour le traitement des eaux issues des activités minières : l'eau est traitée dans le cadre d'une première étape à l'ultrafiltration pour la débarrasser des solides en suspension puis par l'osmose et enfin par des évapo-concentrateurs ce qui permet d'obtenir, en plus d'une eau traitée de très bonne qualité, du sel qui peut être revendu aux autorités locales pour traiter les routes en hiver. Tout est donc valorisé. E.I.N : Vous accordez beaucoup d'importance au recyclage et à la réutilisation de l'eau' M.M. : Absolument. Le recyclage et la réutilisation des eaux usées épurées sont l'un des grands chevaux de bataille de GE Water. Quelle que soit la problématique soumise à nos ingénieurs, notre approche ne se résume jamais au seul traitement des rejets : elle passe également par un examen systématique des possibilités de valorisation, c'est-à-dire de recyclage et/ou de réutilisation. C?est le cas en matière de traitement des eaux issues des activités minières dans lequel nous avons développé des procédés permettant de réutiliser les eaux usées épurées et de revendre différents minéraux qui pourront être valorisés. Nous avons développé des procédés similaires en Australie qui permettent de traiter les eaux qui accompagnent l'extraction de gaz de charbons tout en récupérant des sels susceptibles d'être valorisés avant d'êtres vendus sur le marché. Au-delà du simple traitement des eaux, nous créons une matière première-secondaire susceptible d'être réutilisée. Bien sûr, on pourrait multiplier les exemples dans le domaine des eaux industrielles ou des eaux usées urbaines, par exemple. E.I.N : En France, plus particulièrement, quels sont les marchés que vous privilégiez ? M.M. : GE Water & Process Technologies est d'abord et avant tout un développeur de technologies. Nos compétences consistent à développer des procédés de traitement pour ouvrir la voie à des process qui résulteront d'un assemblage et d'une exploitation de plusieurs des technologies de traitement présentes dans notre portefeuille pour arriver au résultat recherché. En ce sens, il est essentiel pour nous de maitriser un large panels de technologies pour arriver à traiter des eaux de plus en plus compliquées à traiter dans un contexte difficile puisque les normes de rejets sont également de plus en plus sévères. Nous ne raisonnons donc pas en fonction d'une logique de marché mais plutôt d'un élargissement de nos compétences qui permettra de répondre à la plupart des demandes et des besoins. Cela étant, en France le marché du traitement des eaux usées urbaines à base de procédés membranaires (Bioréacteur à membranes) est en plein développement depuis quelques années et est très porteur pour nos produits ZeeWeed 500. E.I.N : En termes de recherche et développement, quels sont les domaines que vous privilégiez ? M.M. : La plupart des techniques de traitement consomment de l'énergie même si certaines d'entre-elles sont plus gourmandes que d'autres. Compte tenu des enjeux qui pèsent aujourd'hui, et sans doute demain plus encore, sur les coûts de l'énergie, l'un de nos objectifs en terme de recherche et développement consiste à rechercher les moyens de réduire l'énergie nécessaire en matière de traitements : par exemple de développer des membranes qui nécessiteraient moins de pression et consommeraient donc moins d'énergie. Ces enjeux sont essentiels car, associés au recyclage et à la réutilisation des eaux usées épurées, chaque avancée permet de réduire tout à la fois l'empreinte sur la ressource eau et sur la ressource énergétique. Propos recueillis par Vincent Johanet