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Le Protocole de Kyoto permet de financer des projets de réduction d'émissions de gaz à effet de serre réalisés sur le territoire de pays en développement (Mécanisme de Développement Propre - MDP) ou de pays en transition économique (Mise en ?uvre Conjointe - MOC). Le secteur du traitement des eaux est aussi concerné.

Sont ainsi éligibles les projets de capture et de torchage du biogaz issu du traitement des déjections animales ou des ordures ménagères ; Il en est de même des projets visant à retraiter les effluents de l'industrie agroalimentaire, des stations d'épuration ou toute autre forme d'émanation aggravant l'effet de serre. Pour chaque tonne d'émission évitée (équivalent CO2), un crédit de carbone peut être obtenu et revendu à des entreprises ou des États qui en ont besoin pour respecter des engagements de réduction juridiquement contraignant (Protocole de Kyoto, système des quotas européen,?). Ces crédits constituent donc une source de financement qui accroît la rentabilité d'un projet de méthanisation. Pour les producteurs de technologies propres, ces mécanismes sont un levier de croissance de premier ordre. En proposant à leurs clients une solution financière innovante, les fabricants abaissent sensiblement le coût de leur technologie, renforcent leur compétitivité et accèdent plus facilement au marché des pays émergents (Amérique Latine, Europe de l'Est, Russie, Inde, Chine?). Il ne manque qu'une vertu à ce système « gagnant-gagnant » : la simplicité. Le MDP requiert en général l'intervention d'un opérateur spécialisé maîtrisant ses rouages et la complexe formalisation des dossiers jusqu'à l'obtention des permis d'émission. En effet, la validation d'un tel projet auprès des institutions dépendant de l'ONU peut s'avérer être un véritable parcours du combattant pour les non-initiés. Protocole de Kyoto et méthanisation Grâce à leur capacité à capter le méthane émis par les processus de décomposition anaérobie, les digesteurs ont une place de choix dans le cadre du Protocole de Kyoto. Ainsi, pas moins de trois types de projets sont prévus par le Protocole. Chacune de ces activités vise à capturer et à éliminer le biogaz résultant d'un processus de décomposition anaérobie à ciel ouvert. Dans la plupart des pays en développement, les déjections issues de l'élevage intensif porcin ou bovin sont traitées de manière sommaire par un système de lagunage anaérobie à ciel ouvert. Cette technique de traitement des effluents agricoles est fortement émettrice de gaz à effet de serre (méthane et CO2) mais aussi de gaz plus dangereux comme l'ammoniac et des composés organiques volatils. Ces pratiques menacent aussi la qualité des eaux souterraines et de surface. Le remplacement de ce lagunage anaérobie par un digesteur permet donc à la fois de capturer les GES générés par la décomposition de ces déchets mais également de réduire significativement la pollution au niveau local. Les décharges à ciel ouvert sont elles aussi une source de pollution majeure qui peut être traitée au moyen des mécanismes de projet du Protocole de Kyoto. Faute de financements, les collectivités ne peuvent investir dans des pratiques plus respectueuses de l'environnement. Les déchets sont alors entassés et font l'objet de processus de décomposition anaérobies fortement émetteurs de GES (méthane et CO2). La mise en place d'un système de tri et de méthanisation des déchets fermentescibles permet d'éviter la mise en décharge et donc les émissions de GES. Le secteur du traitement des eaux est aussi concerné. Que ce soit au niveau des effluents liquides des agro-industries (distillerie, agroalimentaire?) ou au niveau des stations d'épuration des grandes métropoles, la substitution d'un système anaérobie (lagunage à ciel ouvert ou fosses septiques) par un digesteur permet l'obtention de crédits carbone. Notons que pour chacune de ces activités, le Protocole de Kyoto rend la génération d'électricité à partir du biogaz moins attrayante que sa simple élimination. Le simple torchage du biogaz est donc généralement préféré à la cogénération. À ce jour le MDP est arrivé à maturité. On dénombre plusieurs centaines de projets « biogaz » en cours de validation ou enregistrés auprès du conseil exécutif du MDP. Pour la MOC, qui sera pleinement effective en 2008, on dénombre déjà quelques projets en Bulgarie, Estonie, Hongrie et Russie. Certains opérateurs, comme Ecosur en France, proposent des solutions clés en main aux constructeurs, développeurs de projets et industriels européens souhaitant accéder à ce nouveau marché et réaliser leur volet carbone. Timothée Lazaroo