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Véritable casse-tête pour les collectivités territoriales tant sur le plan technique que financier, la gestion des eaux de pluie comporte de multiples enjeux. Elle concerne la sécurité des personnes et des biens, mais aussi la protection de l'environnement et la santé publique. La gestion intégrée des eaux de pluie, désormais reconnue comme une alternative à la gestion classique centralisée dite du « tout tuyau » qui conduit à des débordements et des pollutions en milieu urbain, impose aux collectivités la définition de nouvelles stratégies. L?objectif est de réduire les risques d'inondation, de diminuer les rejets polluants par temps de pluie et de valoriser cette ressource tout en diminuant le coût de gestion des eaux pluviales, trop souvent sous-estimé. Les techniques disponibles sont bien connues. Elles consistent le plus souvent à limiter au strict nécessaire l'imperméabilisation des sols, à gérer les eaux pluviales au plus près de l'endroit où elles tombent, à favoriser l'infiltration dès que possible et à concevoir des ouvrages intégrés multifonctionnels, esthétiques autant qu'utiles, et capables de s'intégrer harmonieusement dans le tissu urbain. Ces techniques ont fait la preuve de leur efficacité autant que de leurs faibles coûts au sein de nombreuses collectivités pionnières. Mais elles restent insuffisamment mises en ?uvre et n?empêchent pas l'urbanisation de progresser et avec elle l'artificialisation des sols avec son cortège de conséquences néfastes pour la santé et l'environnement. En France, d'après le Service de l'Observation et des Statistiques (SOeS) du Ministère de l'écologie et du développement durable, les espaces artificialisés ont augmenté de 3% entre 2000 et 2008 et représentent désormais près de 9,4 % du territoire soit 5,1 millions d'hectares. Le changement des pratiques, en matière d'urbanisation et d'assainissement, est encore à venir. Il faut pour ceci créer les conditions d'une montée en puissance des stratégies alternatives de gestion des eaux pluviales. L?appel à projets est un outil précieux. L?agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, la plus engagée sur le sujet, a ainsi retenu et financé 107 projets de travaux ou de recherches sur l'infiltration de l'eau de pluie ou le traitement des eaux pluviales pour un montant d'aides de 20 M?. L?analyse des coûts montre que les projets d'infiltration sont peu chers : 40% des opérations financées sont inférieures à 100 000 ?. L?agence de l'eau Seine-Normandie vient également de lancer un appel à projets, plus modeste, visant à gérer durablement les eaux de pluie dans les projets d'aménagements urbains. L?enveloppe, d'un montant de 2 millions d'euros, permettra de financer les opérations d'aménagements urbains respectueuses du cycle naturel de l'eau et les projets favorisant la réduction à la source des ruissellements et des émissions de polluants. Ces efforts ne peuvent cependant ni masquer ni compenser les difficultés de financement de la gestion des eaux pluviales rendues encore plus complexes depuis la suppression le mois dernier de la taxe pour la gestion des eaux pluviales urbaines. Sacrifiée sur l'autel de la simplification, son rendement a été jugé trop faible, trois ans à peine après son adoption, dont une année neutralisée par les élections municipales, alors même que des collectivités s'étaient courageusement engagées dans sa mise en ?uvre... Pour les collectivités territoriales, la question des financements reste donc pleine et entière.