La société d’ingénierie australienne a lancé un essai de dépollution des PFAS dans les eaux usées, à l’échelle industrielle, avec sa technologie Surface-Active Foam Fractionation (SAFF).
Les exploitants des stations d’épuration (STEP) sont aujourd’hui confrontés à une faille majeure dans le contrôle de la pollution aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS). Ces micropolluants traversent en effet les stations sans être traités, avant d’être rejetés dans les cours d’eau environnants ou épandus sur des terres agricoles via des fertilisants enrichis en biosolides. « Chaque jour, on estime qu’environ 400 milliards de litres d’eaux usées traitées contenant des PFAS sont rejetés dans l’environnement à travers le monde, en même temps que 100 000 tonnes de biosolides déshydratés », rappelle Peter Murphy, directeur général d’EPOC Enviro.
La société d’ingénierie environnementale australienne a lancé un essai de dépollution des PFAS à l’échelle industrielle dans des conditions réelles d’exploitation – une STEP australienne – avec sa technologie Surface-Active Foam Fractionation (SAFF), à la suite de résultats convaincants obtenus lors d’essais en laboratoire sur des effluents d’eaux usées. Ces essais ont démontré une élimination de plus de 97 % de la somme de 30 PFAS et une élimination supérieure ou égale à 99 % des composés C6 dans la phase aqueuse, ainsi qu’une élimination de plus de 80 % de la somme de 30 PFAS dans la phase des biosolides.
D’autres opérations prévues aux États-Unis et en Europe
Lancée en 2018, la technologie SAFF exploite les propriétés hydrophiles et hydrophobes des molécules PFAS, qui les amènent à se fixer sur des bulles d’air ascendantes. Une fois remontés à la surface, les contaminants PFAS forment une couche de mousse qui est ensuite retirée et davantage concentrée. « L’élimination des PFAS des eaux usées est depuis longtemps considérée comme un problème insoluble dans le traitement des eaux. L’opinion générale est qu’il est trop tard et trop coûteux d’éliminer les PFAS une fois qu’ils atteignent la STEP, mais nos résultats montrent que cela peut être réalisé d’une manière efficace et économiquement viable », affirme Peter Murphy.
Il ajoute que « c’est une étape importante pour les services publics à la recherche de solutions pratiques, en particulier alors que les exigences réglementaires se renforcent et que la surveillance s’étend à l’ensemble du secteur ». À la suite de l’essai en conditions réelles, EPOC Enviro et ses partenaires de distribution commencent à mettre en œuvre d’autres opérations de traitement des eaux usées à pleine échelle aux États-Unis et en Europe.

