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Comme chaque 22 mars, la journée mondiale de l'eau est l'occasion d'attirer l'attention des médias et du public sur les grands enjeux liés à l'eau et à l'assainissement. 2015 n?échappe pas à la règle avec la publication d'une multitude d'études et de rapports, d'intérêt parfois inégal. On ne s'attardera pas sur la désormais traditionnelle enquête sur les disparités du prix de l'eau en France, véritable marronnier qui n?apporte plus grand chose à un débat dont les dimensions ne peuvent, par définition, qu'être locales. Il n?en va pas de même du rapport annuel 2015 rédigé par les experts du Programme mondial des Nations unies pour l'évaluation des ressources en eau1, qui souligne à quel point la pénurie en matière de ressources cristallise les tensions, quelques fois les conflits, dans de nombreuses régions du monde. Ce n?est certes pas la première fois que l'ONU s'alarme de la gestion désastreuse des ressources. Mais c'est la première fois qu'un rapport aussi étayé est assorti d'échéances aussi proches, souvent inférieures à 15 ans : « si rien n?est fait, la planète devra faire face à un déficit global en eau de 40 % d'ici à 2030 », souligne ainsi l'ONU. Les experts insistent sur interactions complexes entre accès à l'eau, développement, et gestion durable de la ressource : la lutte contre la pauvreté s'accompagne d'une croissance de la demande en eau qui conduit parfois à une surexploitation des ressources. L'augmentation des besoins est alimentée à la fois par l'élévation du niveau de vie et par la croissance démographique, la population mondiale gagnant 80 millions d'individus par an. Il est prévu qu'elle dépasse 9 milliards en 2050, dont 2,4 milliards en Afrique subsaharienne, selon l'ONU. Associée à une urbanisation croissante, cette explosion démographique va générer une augmentation de la demande en eau de 55 %. «Nous n?avons pas d'autre choix que d'apprendre à gérer plus durablement cette ressource», avertissent les experts. C?est d'autant plus inéluctable que, au-delà de la forte hausse des besoins, le changement climatique va modifier le régime des précipitations, souvent au détriment des zones déjà soumises à des stress hydriques comme sur le pourtour méditerranéen ou en Afrique subsaharienne. L?Union européenne est concernée, comme le souligne la Commission européenne dans le cadre de son rapport sur les mesures à prendre pour atteindre le bon état écologique au sein de l'Union2 : « la rareté de l'eau et la sécheresse constituent un problème de plus en plus important dans de nombreuses régions d'Europe, du moins au cours de certaines périodes de l'année ». Les pistes suggérées par les experts de l'ONU et ceux de la Commission se recoupent. Evoquant le cercle vertueux d'un développement soutenable, elles s'attachent à promouvoir une utilisation plus rationnelle de la ressource via une tarification équitable permettant de garantir une récupération des coûts. Une tarification adéquate, basée sur une mesure de la consommation et sur une récupération des coûts, conduirait à une utilisation rationnelle de l'eau, à une réduction des gaspillages, favoriserait le choix de filières plus rentables en dopant les investissements dans les équipements et les infrastructures, indique ainsi la Commission dans son rapport. « Chaque dollar investi pour la protection d'un bassin hydrologique peut permettre d'économiser jusqu'à 200 dollars sur les coûts de traitement de l'eau », précise de son côté l'ONU. Tous en conviennent : les instruments économiques, parce qu'ils permettent d'enclencher ce cercle vertueux en réduisant la pression sur les écosystèmes tout en générant d'importants financements, sont appelés à jouer un rôle clé partout dans le monde. 1 : http://www.unesco.org/new/en/natural-sciences/environment/water/wwap/ 2 : http://ec.europa.eu/environment/water/water-framework/impl_reports.htm