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Dans un contexte de transition écologique, un nombre croissant d'entreprises misent sur la performance environnementale et sociale de leurs produits ou services pour gagner de nouveaux marchés et de la compétitivité. Mais pour cela, elles ont besoin de concevoir des méthodes d'évaluation et de préparer les marchés à accueillir favorablement ces produits et services à empreinte réduite. C?est tout l'objectif de cette nouvelle Chaire : mettre en place des méthodes et les outils permettant d'évaluer les impacts environnementaux et sociaux des activités humaines.

Concevoir un produit en prenant en compte l'impact environnemental dans toutes les phases de son élaboration, de l'extraction des matières premières jusqu'à la fin de sa vie, ce que l'on appelle communément « du berceau au tombeau », est possible en mettant en ?uvre l'Analyse du Cycle de Vie (ACV). Mais peut-on appliquer ce principe à des systèmes plus complexes, comme par exemple une filière de production ? Qu'en est-il des impacts sociaux ? Comment intégrer les effets d'échelle ? Comment faire de l'environnement un facteur clé de compétitivité ? C?est pour répondre à ce défi que l'Irstea, membre fondateur, ainsi que plusieurs industriels parmi lesquels BRL, Evea, Suez Environnement et la Société du Canal de Provence en association avec l'Inra, le Cirad, Montpellier SupAgro et l'école des mines d'Alès ont décidé de créer une Chaire industrielle baptisée ELSA-PACT pour « Environmental Lifecycle and Sustainability Assessment: A PAthway to Competitiveness through social & ecological Transition ». L?objectif principal de cette nouvelle Chaire est de mettre en place des méthodes et des outils permettant d'évaluer les impacts environnementaux et sociaux des activités humaines, en particulier des activités de gestion des ressources naturelles : agriculture/alimentaire, gestion de l'eau et des déchets. Autrement dit, à élaborer un thermomètre permettant de mesurer les impacts de toute activité humaine sur l'environnement et plus largement sur la société. Conçue pour des produits manufacturés, l'ACV se heurte en effet à un certain nombre de verrous méthodologiques, dès lors que l'on cherche à la mettre en ?uvre dans des filières ou pour des activités territorialisées comme l'agriculture ou la gestion de l'eau. D?où l'intérêt de cette chaire dont le titulaire, Ralph Rosenbaum, est un scientifique de renommée internationale. Sa mission consistera à établir une collaboration pérenne entre l'Irstea et des entreprises dans ce domaine prioritaire et stratégique, avec un focus particulier sur les activités de gestion des ressources naturelles. « BRL, aménageur, concepteur et gestionnaire de grands ouvrages hydrauliques est intéressé par la définition de nouvelles méthodes et de nouveaux outils concernant le calcul de l'empreinte de l'eau, avec une prise en compte des divers usages, et l'analyse du cycle de vie dans le domaine de l'eau (transferts d'eau, programmes d'irrigation, etc..) explique par exemple Jean-François Blanchet, Directeur Général de BRL. Partenaire du pôle « Eau » à vocation mondiale, dont j?assure la 1ère vice-présidence, nous avons tenu à nous associer à la chaire Elsa-Pact et à son vivier de chercheurs et de scientifiques, pour avancer dans ces domaines ». Une préoccupation partagée par la Société du Canal de Provence qui porte des projets d'investissement en matière hydraulique pour lesquels elle se doit d'apporter tous les éléments utiles aux décideurs. « L?évaluation de l'impact sur l'environnement de notre activité et des infrastructures associées est un enjeu essentiel » explique Bruno Vergobbi, Directeur général de la SCP. Nous souhaitons donc participer au développement des connaissances sur l'empreinte écologique du service de l'eau ». La chaire ambitionne également d'être un outil d'aide à la décision publique. Dans le domaine de l'assainissement, l'ACV devient un outil décisionnel complémentaire au choix des filières de traitement et s'avère être un complément précieux des approches plus locales telles que les études d'impacts ou les études de risques pour les installations classées. L?ACV des systèmes d'assainissement mené par Irstea permet de quantifier l'impact environnemental et social des différentes filières de traitement constituant ainsi un outil complémentaire au service des décideurs. La Chaire débutera par la conduite de travaux scientifiques impliquant une dizaine de thèses et de post-doctorats, la création de formations à destination des entreprises partenaires et l'organisation de manifestations scientifiques. Dotée d'un budget de plus de 4 M? pour une durée minimale de 4 ans, elle pourra s'élargir à d'autres entreprises à partir de 2015.