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Suite à la parution, dans le numéro de novembre du magazine « Que Choisir », d'une enquête sur le prix de l'eau, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) déplore un choix méthodologique qui manque de vision globale et conduit à présenter un « palmarès » discutable.

La FNCCR s'en prend à l'idée répandue selon laquelle les collectivités affichant les tarifs les plus bas sont nécessairement les plus vertueuses dans la gestion des services publics d'eau et d'assainissement. « Ce n?est pas toujours vrai. Un faible tarif peut provenir d'un sous-investissement chronique. Dans ce cas, les consommateurs profiteront pendant quelques années d'une sorte de « cadeau empoisonné » car ce n?est pas durable et, tôt ou tard, il faudra soit réinvestir (avec de très fortes augmentations tarifaires), soit accepter une dégradation du fonctionnement du service ». Autre grief contre la méthodologie adoptée par « Que Choisir », des calculs basés uniquement sur une consommation annuelle de 120 m3 par an et par abonné alors que la consommation annuelle moyenne d'un ménage moyen de 2 ou 3 personnes est de l'ordre de 50 à 70 m3. Par ailleurs, beaucoup de ménages habitent en immeuble collectif sans être abonnés directement au service d'eau potable. L?eau leur est donc refacturée (souvent de façon invisible) par le gestionnaire de l'immeuble à un prix supérieur à celui du service public d'eau potable. « Le prix réel payé par le consommateur est donc presque toujours différent du prix pour 120 m3 par an présenté dans l'article de Que Choisir » souligne la FNCCR. « On obtiendrait un classement nettement différent des villes en les comparant sur la base du prix pour 60 m3 par an par exemple. En effet, il est assez fréquent que la ville A, moins chère que la ville B pour 120 m3 par an, soit plus chère que cette même ville B pour 60 m3 par an, car les tarifs sont basés sur des formules qui peuvent être complètement différentes, progressives ou dégressives. Le classement établi par « Que Choisir » a donc une valeur très relative, et on ne peut qu'émettre des réserves sur ses conclusions fondées sur ce classement ». Enfin, la FNCCR reproche à « Que Choisir » de présenter le mode de gestion (public ou privé) comme le principal facteur explicatif du niveau de prix, alors qu'il existe d'autres déterminants tout aussi, voire plus importants parmi lesquels le caractère urbain ou rural du service (les coûts correspondant au réseau sont très différents), l'état de vétusté des installations, la qualité de la ressource en eau utilisée ou encore l'endettement résultant des investissements réalisés dans le passé, etc. « En ignorant ces divers facteurs, le classement ne peut donc pas servir pour désigner les meilleurs services d'eau potable et d'assainissement, ou les plus mauvais », rappelle la FNCCR pour qui « seule une analyse multi-facteurs, examinant les différents aspects de la gestion d'un service public d'eau potable ou d'assainissement (gouvernance, gestion patrimoniale, gestion financière, relations avec les abonnés, prise en compte de l'environnement,?) peut permettre de porter un jugement sur les services des différentes collectivités »