Your browser does not support JavaScript!

Transparency International tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme. A l'occasion de la présentation de son rapport 2008, l'ONG a estimé que la corruption compromettait gravement la réalisation des objectifs du millénaire concernant l'eau et l'assainissement.

L'Indice de Perception de la Corruption publié par l'ONG Transparency International (TI) depuis 1995 évalue la perception du niveau de corruption affectant les administrations et la classe politique. C'est un indice composite fondé sur différents sondages et enquêtes réalisés par des organismes indépendants. Cet indice couvre 180 pays qu'il classe sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu). En 2008, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Suède, obtiennent la note la plus élevée avec 9,3, suivis par Singapour, avec une note de 9,2. En bas du classement, on retrouve Haïti avec 1,4, l'Irak et Myanmar avec 1,3, et enfin la Somalie avec une note de 1. La France se situe au 23ème rang derrière le Royaume-Uni mais devant l'Espagne et l'Italie. La corruption n?épargne pas les pays riches mais cause des ravages largement plus importants dans les pays pauvres. Ainsi, pour Transparency International, ils iraient jusqu'à compromettre la lutte contre la pauvreté et menaceraient la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). « Dans les pays les plus pauvres, la corruption peut être une question de vie ou de mort, lorsque, par exemple, elle touche aux ressources destinées aux hôpitaux ou aux réseaux de distribution d'eau potable » souligne Huguette Labelle, Présidente de Transparency International. Selon le Rapport mondial sur la corruption 2008 de TI, l'extension incontrôlée de la corruption pourrait renchérir de 50 milliards de dollars le montant des investissements nécessaires pour atteindre les OMD dans le domaine de l'eau et de l'assainissement, soit près de la moitié de l'ensemble des budgets d'aide au développement. Ces estimations corroborent celles de la Banque mondiale qui s'était elle aussi penchée sur le sujet l'an dernier et avait estimé que la corruption réduisait de 20 à 40% l'efficience de l'action publique dans le secteur de l'eau. Le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau, publié lors du 4ème Forum mondial de l'eau, avait quant à lui estimé le cout de la corruption à plusieurs centaines de millions de dollars chaque année? La corruption affecte le secteur de l'eau de plusieurs manières. Au niveau institutionnel, elle tend à privilégier des projets de grande échelle au détriment des réalisations plus essentielles comme l'accès à l'eau potable et l'assainissement. Elle peut aussi contribuer à biaiser les choix d'investissements. Au niveau local, elle alourdit les coûts des investissements et des achats. Au niveau des usagers du service, des pratiques telles que les bakchich pour accélérer l'accès aux services ou les passe-droits pour échapper au paiement de sa consommation, se traduisent par des surcoûts pour les autres usagers. Ces pratiques peuvent compromettre la qualité et la continuité du service, qu'il soit assuré par un opérateur public ou privé. Enfin, lorsqu'elle s'applique à l'obtention d'autorisations administratives (permis de travaux, ouverture de fouilles'), la corruption provoque une inflation des coûts et ralentit les programmes d'extension des réseaux vers les populations défavorisées. Au total et à tous les niveaux, la corruption ruine les efforts de bonne gouvernance, accroît les coûts, nuit à l'efficacité de l'action publique et privée et creuse les inégalités. Les remèdes pour lutter contre ce fléau sont connus mais complexes à mettre en ?uvre : renforcement du contrôle réglementaire de la gestion et de l'utilisation de l'eau, mise en place d'outils garantissant une concurrence loyale et une mise en ?uvre responsable des contrats, etc... Dans le secteur de l'eau, un réseau international baptisé WIN (Water Integrity Network), a été créé il y a deux ans, notamment à l'initiative notamment de Transparency International et de SIWI.