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350 ans après leur fabrication, certains tronçons du système hydraulique alimentant les fontaines des jardins du château de versailles ont du être remplacés. Soucieux de mener cette opération conformément aux règles du développement durable, l'Établissement public du musée et domaine national de Versailles a opté pour des tuyaux en fonte de Saint Gobain PAM. Explications.

Pour mener à bien la construction du système hydraulique du château, Louis XIV avait fait appel aux meilleurs ingénieurs de l'époque ainsi qu'aux très respectés membres de l'Académie royale des sciences. Jusqu'à cette époque, les fontainiers utilisaient soit des troncs d'arbres évidés, soit des tuyaux en cuivre, en terre cuite ou bien en plomb. Des matériaux coûteux pour l'époque, qui résistaient par ailleurs difficilement aux pressions. En 1666 les Frères Francine testent la fonte avec succès. C?est ce matériau qui sera finalement utilisé pour constituer 90% des 35 km du réseau hydraulique du château, le plomb étant réservé aux parties les plus sinueuses. 350 ans plus tard, c'est toujours la fonte et toujours les mêmes canalisations qui alimentent les prestigieuses fontaines du parc, notamment lors des grandes fêtes estivales. Enfin presque. « Car depuis sa création, le réseau a fait l'objet de trois grandes campagnes de restauration, explique Gabriel Novello, l'un des neuf fontainiers du château chargés de veiller sur le réseau. La première sous Napoléon III puis Louis Philippe, la seconde sous le Général de Gaulle et la troisième qui se déroule actuellement ». C?est dans ce contexte que Saint Gobain PAM vient de livrer au château de Versailles environ 300 mètres de tuyaux en fonte destinés à remplacer un linéaire équivalent de canalisations anciennes. Objectif : renouveler une partie du réseau dans un objectif de développement durable. Renouveler une partie du réseau dans un objectif de développement durable 350 ans après leur fabrication (sur place) et leur pose, une partie de ces canalisations doit être renouvelée. Car comme bien d'autres ouvrages, le château de Versailles a souffert des sécheresses répétées et les 4.000 m3 d'eau par heure nécessaires pour agrémenter les 6 km de promenade dans les jardins ne suffisaient plus pour alimenter simultanément toutes les fontaines. L?eau a donc du être rationnée et plusieurs actions entreprises pour gérer au mieux la ressource disponible. « Ainsi, explique Gabriel Novello, certains bassins encore étanchés à la glaise comme il était d'usage à l'époque, mais trop déperditifs, ont bénéficié de nouveaux apports d'eau issues de récupération des eaux pluviales ». D?autres travaux sont en cours pour augmenter la ressource nécessaire à l'alimentation des fontaines du parc. Mais le rendement de ce système hydraulique vieux de 350 ans devait également être amélioré pour limiter le volume des fuites. Une opération délicate, conduite par le service des fontaines, conformément aux méthodes datant du XVIIème siècle, mais également plus modernes. « Plusieurs principes guident notre action, explique Gabriel Novello, mais deux sont fondamentaux : le respect du principe gravitaire et du fonctionnement manuel des ouvrages. Ainsi, même si nous avons parfois recours à certains automatismes, chaque process doit également pouvoir fonctionner manuellement, à l'ancienne ». Mêmes exigences concernant le réseau et le matériau qui le compose. En s'associant avec Saint Gobain PAM, le château de Versailles tente de préserver son patrimoine conformément aux règles du développement durable : en combinant la livraison des nouvelles canalisations avec le chargement des anciennes ce qui diminuera fortement le nombre de rotations sur un site éminemment sensible et en misant sur la fonte « un matériau durable, pas jetable » et recyclable à l'infini. La fonte un matériau recyclable à l'infini 500 mètres linéaires de canalisations en fonte seront donc remplacées entre le bassin de Bacchus et le bassin de Saturne dans une tranchée à 1,20 mètre de profondeur. Il s'agit de remplacer l'ancienne canalisation composée d'éléments en fonte grise d'un mètre de longueur, de 4 centimètres d'épaisseur et pesant chacun pas moins de 500 kilos ! Des éléments qui ont su résister à l'épreuve du temps, des racines d'arbres centenaires et des mouvements de terrain. « La plupart des fuites que nous avons constaté se déclarent au niveau des joints en cuir simple ou double peau qui assuraient l'étanchéité de l'ensemble ou des entretoises en plomb qui permettaient de compenser la déviation de l'axiométrie » souligne Gabriel Novello. Ces éléments seront remplacés par des canalisations en fonte Tag 32 DN 250 revêtues d'époxy fournies par Saint Gobain PAM, Des éléments adaptés aux exigences de l'assainissement gravitaire, d'une longueur de 6 mètres mais quasiment manuportables du fait de leur faible épaisseur (3 mm). C?est que si le matériau n?a pas bougé, les techniques de fabrication elles, ont notablement évolué « Nous sommes aujourd'hui capables de maitriser des centrifugations à faible épaisseur de fonte,explique Olivier Ricard, de Saint Gobain PAM. Cette épaisseur moindre n?a pas d'incidence sur la durée de vie des tuyaux donnée pour supérieure à 100 ans ». Quant aux anciens éléments, ils seront refondus et intégralement recyclés. Un traitement à base de magnésium permettra de donner à l'ancien matériau recyclé, la fonte grise, la ductilité qui caractérise les canalisations d'aujourd'hui. La valeur patrimoniale de certains de ces éléments étant indéniable, certains tuyaux, une fois nettoyés, reviendront à Versailles pour y être conservés et admirés... Les travaux devraient durer 6 semaines. Une fois achevés, 80% du parc originel des tuyaux en fonte resteront en usage?.