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23 decembre 2019 Paru dans N°427 - à la page 4

« Time for action ». Jamais slogan n’a paru aussi décalé. Alors que l’urgence climatique s’intensifie et que les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, les gouvernements qui se sont réunis à Madrid lors de la COP25 du 2 au 13 décembre 2019 ne sont pas parvenus à prendre des mesures attendues pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.

Si les émissions mondiales de gaz à effet de serre ne diminuent pas de 7,6 % par an entre 2020 et 2030, le monde manquera l’occasion de se mettre sur la bonne voie pour atteindre l’objectif de limiter la hausse des températures à 1,5 °C fixé par l’Accord de Paris, comme l’indique l’édition 2019 du rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions publié en décembre par le Programme des Nations Unies pour l’environnement.

Le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas, a rappelé que les récents rapports sur les gaz à effet de serre et l'état du climat ne constituent pas de bonnes nouvelles concernant la réalisation des objectifs de l'Accord de Paris. « Le réchauffement climatique se poursuit. La température mondiale moyenne a augmenté d'environ 1,1 degré Celsius depuis l'ère préindustrielle et l'océan d'un demi-degré. 220 millions de personnes ont souffert de vagues de chaleur l'année dernière. Nous avons recommencé à voir la faim augmenter. Aujourd'hui, plus de 800 millions de personnes souffrent d'un manque de nourriture », a-t-il déclaré dans un discours devant les délégués. « Nous nous dirigeons vers une augmentation de la température de 3 à 5 degrés Celsius d'ici la fin du siècle. Si nous utilisons toutes les ressources en combustibles fossiles, nous arriverons à 8 degrés », a-t-il indiqué.

Lors de la COP25, 80 pays se sont engagés à relever leurs engagements, mais ils ne représentent qu'environ 10% des émissions mondiales de CO2. Sans surprise, aucun des grands pays émetteurs – Etats-Unis, Chine et Inde - n'a fait d'annonce significative pour réhausser ses ambitions pour 2020. Beaucoup d'observateurs ont toutefois souligné le rôle positif de l'UE (hors Pologne) qui s'est donné pour objectif, avec le Green deal, d’atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

Au rythme actuel des émissions de CO2, le mercure pourrait gagner jusqu’à 5°C d’ici la fin du siècle, entraînant des changements et des dérèglements majeurs.

Soulignant la nécessité de renforcer considérablement les stratégies d’atténuation et d’adaptation, l’OMM et 11 autres organisations internationales, dont la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ont donné le coup d’envoi, lors de la COP25, d’une Alliance pour le développement de l’hydrométrie. Les membres de cette alliance s’engagent collectivement à intensifier les actions qui renforcent la capacité des pays en développement à fournir des prévisions météorologiques de haute qualité, des systèmes d'alerte précoce, des services hydrologiques et climatiques. Ces services hydrométriques sous-tendent un développement résilient en protégeant des vies, des biens et des moyens de subsistance.

La COP26 se tiendra à Glasgow (Royaume-Uni), en novembre 2020.