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16 novembre 2017 Paru dans N°406 - à la page 4

La majorité des plans climats nationaux dotés d’une composante « adaptation au changement climatique », soumis dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, donnent la priorité à l’eau. Mais il faudrait que les financements soient multipliés par trois et atteignent 255 milliards d’euros par an pour atteindre les objectifs fixés.

C’est la teneur du message qu’a souhaité faire passer la communauté internationale de l’eau le 10 novembre dernier à l’occasion de la rencontre qu’elle a organisée lors de la COP23, la Conférence de l’ONU sur le changement climatique. « Au cœur du défi climatique, il y a deux lacunes que nous devons combler d'urgence : l'ambition et le déficit d'investissement, a expliqué Eric Usher, Directeur de l'Initiative Financière du PNUE. Il appartient maintenant aux gouvernements nationaux d'accroître l'ambition de leurs CDN (Contributions déterminées au niveau national) afin de combler le déficit d'émissions de 17 GtCO2 auquel nous serons toujours confrontés en 2030. Nous avons besoin que tous les acteurs financiers - publics, privés, nationaux, internationaux, marchés et régulateurs inclus - travaillent ensemble, efficacement, pour mobiliser les financements nécessaires chaque année ».

Les experts de la communauté de l'eau ont notamment expliqué que les pays devraient passer de la parole aux actes, en renforçant les efforts annoncés dans leurs plans climatiques nationaux, connus sous le nom de Contributions déterminées au niveau national. L'eau doit devenir la grande priorité des politiques nationales et être intégrée dans d'autres grands secteurs tels que l'énergie, la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation, ont-ils indiqué.

La communauté internationale de l’eau, très unie, a également co-signé une « Déclaration de solutions fondées sur la nature », solutions qui se traduisent par des actions de protection, de restauration et de gestion durable des écosystèmes permettant d’agir tant sur l’atténuation (stockage de carbone), que sur l’adaptation (limitation des risques naturels, résilience des territoires). Des solutions qui contribuent également à la préservation de la biodiversité, défi étroitement lié à celui du changement climatique. Elles sont par ailleurs fondamentales pour répondre aux Objectifs de Développement Durable, en particulier l’ODD6 (eau), l’ODD13 (changement climatique), l’ODD14 (océans), l’ODD2 (faim zéro) et l’ODD15 (écosystèmes).

L’ambition fait aussi trop souvent défaut. L’eau reste ainsi fréquemment appréhendée comme une question locale alors que les conséquences d’une gestion inadaptée ont, dans un contexte de tensions exacerbées par les changements climatiques, un impact mondial. Ainsi, 40% de la population mondiale sera confrontée à des pénuries d’eau d’ici 2050, accélérant de fait les migrations et catalysant des conflits. D’autres régions du monde pourraient perdre jusqu’à 6% de leur PIB du fait de pénuries d’eau. « Impliquer les femmes comme les hommes dans les prises de décision et dans la gestion intégrée des ressources en eau conduit à une durabilité, une gouvernance et une efficacité optimales », a expliqué Mariet Verhoef-Cohen, Présidente de Women for Water Partnership, s’exprimant au nom des acteurs de l’eau.

Les journées eau des COPs, désormais institutionnalisées de COP en COP ont quand même permis de renforcer l’unité de la communauté de l’eau et de porter plusieurs messages collectifs. La communauté internationale de l’eau repose notamment sur plusieurs réseaux dont #ClimateIsWater, l'Alliance Internationale pour l'Eau et l'Adaptation au changement climatique (AGWA), et les Alliances Mondiales pour l’Eau et le Climat (GafWAC-AMEC).