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Quels enseignements tirer de cette désormais fameuse COP21 qui mobilise depuis tant de mois déjà la quasi-totalité des Etats, des ONG, et tout ce que la planète compte de spécialistes, économistes, climatologues, géographes, sociologues, etc. ? D?abord, et sans revenir sur le détail d'un texte par ailleurs largement analysé, remarquons que l'accord de Paris, adopté à l'unanimité des 195 pays représentés au Bourget, est en passe de devenir le premier accord global jamais ratifié sur le climat. Les engagements qui y sont associés peuvent certes être jugés imprécis, insuffisants, trop tardifs, ils n?en constituent pas moins un réel tournant dans la prise en compte du changement climatique. Et même si l'accord recèle sa part d'ombre, même si de nombreuses incertitudes demeurent, il représente le meilleur de ce qu'il état possible d'obtenir, à ce niveau, et en quelques jours, dans le cadre d'une conférence internationale. Les problématiques de l'eau, peu présentes au stade des négociations, ont finalement trouvé leur juste place, essentiellement grâce aux Contributions Nationales Déterminées par Pays (CNDP) reçues avant le démarrage de la Conférence, qui y font quasiment toutes référence. Et même si l'eau, principal vecteur des modifications climatiques, n?est pas, en tant que tel, mentionnée dans l'accord final, son intégration dans les négociations en vue des futures COP est désormais assurée. L?accord de Paris apporte donc un cadre clair et solide qui va permettre de poursuivre et d'amplifier les stratégies d'atténuation et d'adaptation aux conséquences du dérèglement climatique et favoriser la mise en ?uvre d'un modèle climato-responsable, préservant notamment les ressources en eau. C?est, à coup sûr, une avancée majeure. D?autant qu'au-delà du bilan, l'accord de Paris génère un nouvel élan. Avec l'adoption d'un Objectif du Développement Durable dédié à l'eau le 27 septembre dernier dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations Unies, il constitue en effet un cadre d'action solide qui va permettre de traiter, à l'échelon mondial, les grands problèmes de l'eau dans le cadre d'objectifs chiffrés et de suivis réguliers. Ce cadre était loin d'être acquis il y a seulement quelques semaines' Les prochaines étapes sont connues. Elles commencent par la ratification de l'accord de Paris au printemps prochain. La COP22, qui se tiendra l'année prochaine à Marrakech, aura ensuite à charge de préciser les modalités de sa mise en ?uvre en relançant les débats sur lesquels les désaccords subsistent, notamment sur la délicate question des financements. Mais avant cela, une conférence préparatoire doit se tenir au Maroc à la mi-2016 sur le thème de l'eau et du climat. Elle sera l'occasion d'aider les différents pays à construire leurs contributions nationales en matière d'atténuation et d'adaptation pour le secteur de l'eau et surtout à valoriser les solutions concrètes permettant d'avancer dans la mise en place d'une économie bas carbone. L?occasion de valoriser les multiples produits, services, process et innovations existants ou en cours de développement, permettant de lutter contre les dérèglements climatiques et leurs impacts. L?occasion aussi de passer d'une écologie punitive à une économie positive, au service des générations suivantes.