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Quelle que soit leur nationalité et indépendamment de leurs domaines d'expertises, les scientifiques dans leur écrasante majorité sont désormais formels : les conséquences physiques du changement climatique vont remettre en cause nos modes de vie, bouleverser nos économies ainsi que les grands équilibres géographiques et démographiques. Le sommet de Durban qui s'est clôturé mi-décembre a montré que beaucoup de gouvernements n?avaient toujours pas pris la mesure des risques de court et de long terme des changements climatiques. Il a également démontré que les intérêts nationaux prévalaient encore largement sur la conclusion d'un traité incluant des mesures efficaces donc nécessairement contraignantes. En un mot comme en cent, la volonté politique et l'ambition nécessaires pour éviter un réchauffement climatique font défaut. Cet échec rend nécessaire le passage d'une stratégie d'évitement à une stratégie d'adaptation. Ce constat, bien sombre au niveau international, n?empêche pas un certain nombre d'initiatives nationales, régionales ou locales de prospérer avec pour objectif, puisque c'est là que se situent désormais l'essentiel des enjeux, de limiter les impacts de changements climatiques devenus inéluctables. Dans le domaine de l'eau, signalons par exemple ce séminaire qui a réuni pas moins de 70 experts de l'eau et du climat à la maison de l'Unesco les 14 et 15 novembre derniers, avec pour objectif, le partage des connaissance pour élaborer de nouveaux outils permettant de mieux réduire les incertitudes liées aux impacts du changement climatique sur les ressources en eau. Car même s'il apparait clairement que les effets des changements climatiques sur le cycle hydrologique risquent d'avoir un impact global considérable notamment sur la disponibilité des ressources en eau, il demeure encore, comme on le lira dans les pages qui suivent, un fort degré d'incertitudes liées au choix des scénarii climatiques et aux difficultés d'appliquer ces choix à l'échelle régionale ou locale qui sont celles de la gestion des ressources en eau. Ce degré d'incertitudes explique en grande partie la faible prise en compte des aspects liés au changement climatique dans la planification des politiques publiques mais aussi et surtout dans les instruments de la politique de l'eau en France comme dans les SDAGE, par exemple. La course à l'approfondissement de la connaissance et à la réduction des incertitudes est donc lancée avec un objectif : rendre possible la prise de décision. C?est la raison pour laquelle le Préfet de la région Rhône-Alpes et l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée et Corse viennent de décider de mettre en chantier un plan d'adaptation au changement climatique à l'échelle du bassin. Car sur ce bassin, une élévation de la température de l'air, mais aussi des rivières de 1 à 2°C a d'ores et déjà été constatée. Les eaux du Rhône se sont elles aussi réchauffées de 2°C à l'embouchure en été. La réduction des glaciers alpins est largement engagée et les surfaces enneigées sont déjà en baisse, avec une fonte du manteau neigeux de plus en plus précoce. Les sécheresses estivales, de plus en plus fréquentes, gagneront en importance. Mais toutes les régions ne sont pas touchées de manière égale. Il faudra donc repérer les territoires les plus exposés, les activités les plus vulnérables, les usages les plus menacés pour passer ensuite le relais aux élus et aux gestionnaires territoriaux en leur fournissant les outils dont ils ont besoin pour évaluer, décider et agir. Gageons que bien d'autres territoires devront engager rapidement ce type de démarche pour anticiper ce qui n?aura pu être évité et développer ainsi les stratégies d'adaptation devenues indispensables pour faire face aux importants changements qui s'annoncent.