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La publication au Journal officiel du 26 juin 2014 d'un décret et de deux arrêtés datés du 24 ouvre la voie à l'injection, dans les réseaux de gaz de GrDF, du biométhane issu des boues de stations d'épuration des eaux usées des collectivités.

C?est un premier pas important qui était très attendu par les professionnels du traitement de l'eau et des boues, les exploitants de stations d'épuration et les collectivités locales. La publication au Journal officiel du 26 juin 2014 d'un décret et de deux arrêtés datés du 24 ouvre la voie à l'injection, dans les réseaux de gaz de GrDF, du biométhane issu des boues de stations d'épuration des eaux usées des collectivités. Rappelons que jusqu'ici, seul le biométhane issu des déchets agricoles, ménagers ou de l'industrie agroalimentaire pouvait être injecté dans le réseau. Ces textes spécifient la nature des intrants dans la production de biométhane. Ils mettent également en place un dispositif tarifaire dont le but est d'assurer la rentabilité et donc le développement de la filière. Ce but sera-t-il atteint ? Certains en doutent, notamment le Synteau qui regroupe les entreprises du traitement de l'eau spécialisées dans la conception et la construction d'installations de traitement, et qui estime qu'il est indispensable de prévoir des aides à l'investissement, à l'instar de ce qui est mis en place pour la méthanisation dans l'agriculture. Le syndicat estime, sur la base d'une étude de rentabilité interne, que ces subventions devraient être de l'ordre de 25%. Reste qu'au plan réglementaire, les obstacles sont, pour l'essentiel, levés. La valorisation du biogaz issu de la méthanisation des boues de stations d'épuration ne sera pas bridée par des freins d'ordre règlementaire comme cela a pu être le cas dans un passé récent. Par exemple en assainissement non-collectif pour les filières compactes. Ou comme c'est encore le cas aujourd'hui, en matière de réutilisation des eaux usées épurées, domaine dans lequel une règlementation trop restrictive a pour effet de déplacer l'essentiel des réalisations à l'extérieur de nos frontières... Les obstacles d'ordres techniques sont également levés. Car avant d'être valorisé en biométhane, le biogaz brut doit subir un processus d'épuration, une « mise aux spécifications » pour atteindre les standards du gaz naturel du réseau de Grdf. Les composants du biogaz autres que le méthane doivent notamment être séparés de celui-ci. Plusieurs procédés physiques, chimiques, biologiques, physico-chimiques, commercialisés ou en passe de l'être, permettent déjà de produire du biométhane propre à être injecté dans le réseau de gaz naturel, voire à être valorisé en biocarburant. Ils démontrent leur viabilité tant sur le plan technique que sur le plan économique, même si les recherches se poursuivent pour optimiser les techniques existantes, progresser vers l'optimum technico-économique, voire ouvrir de nouvelles applications. Ces procédés sont testés sur le terrain et font leurs preuves. La Communauté de Communes du Pays Rochois (CCPR) en Haute-Savoie lance ainsi sur sa station d'épuration Arvéa exploitée par Degrémont (90.000 EH), la première unité membranaire de production de biométhane à partir du biogaz généré par la digestion des boues. Mais que peut-on véritablement attendre de ces nouvelles filières ? Selon le ministère de l'écologie, à l'horizon 2020, plus de 60 stations d'épuration pourraient être dotées des équipements nécessaires à la valorisation énergétique de leurs boues permettant l'injection de 500 GWh par an de biométhane dans les réseaux de gaz, soit la consommation annuelle de plus de 40 000 ménages. Ces estimations peuvent paraitre modestes au premier abord' En réalité, elles ne concernent que la stricte valorisation énergétique du biométhane issu des boues d'épuration. Or, la rentabilité de ces filières se situe principalement dans les économies réalisées en diminuant les quantités de boues à évacuer. Par ailleurs, il faut y ajouter les économies réalisées en utilisant le biogaz comme source de chaleur pour le chauffage des bâtiments d'exploitation, ou le séchage des boues. Enfin, il faut y intégrer les éventuels gains associés à la valorisation du biogaz par cogénération qui peuvent également améliorer la rentabilité des investissements. Sans préjudice des nouveaux débouchés appelés à se développer?