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Le 19 mai dernier se tenait à Périgueux un colloque organisé par Res Naturalis sur le thème de l'assainissement non-collectif. Objectif : faire le point sur les avancées enregistrées en matière de techniques épuratoires et pérenniser un rendez-vous favorisant les échanges techniques en matière d'assainissement non-collectif. Rencontre avec Pascal Deguilhem, député de la Dordogne et Président de ce colloque.

L?Eau l'Industrie les Nuisances : Pourquoi avoir choisi de présider le colloque organisé à Périgueux au mois de mai dernier sur le thème de l'assainissement non-collectif ? Pascal Deguilhem : Pour plusieurs raisons. D?abord parce que l'assainissement non-collectif revêt, en Dordogne, une grande importance du fait notamment du caractère dispersé de l'habitat qui connaît parallèlement une expansion continue. Ce phénomène entraine une multiplication rapide de dispositifs épuratoires individuels ou semi-collectifs qui nécessite un contrôle conjoint des élus et des techniciens. Par voie de conséquence, la plupart des élus du département et de la région se sont trouvés à un moment ou à un autre directement confrontés aux problématiques réglementaires mais aussi techniques de l'assainissement non-collectif. Or l'un des premiers devoirs du politique est de devancer, d'anticiper les difficultés auxquelles leurs concitoyens se trouvent confrontés. C?est la raison pour laquelle j?ai jugé utile et nécessaire de m'engager en présidant ce colloque. J?ajoute que sur un plan plus personnel, étant moi-même adepte de sports nautiques, je sais l'importance de pouvoir exercer ces passions sur des plans d'eau et des rivières sans courir de risques sanitaires. E.I.N. : A quels types de problèmes les élus sont-ils confrontés en matière d'assainissement non-collectif ? Pascal Deguilhem : En matière d'assainissement non-collectif, les problématiques sont multidimensionnelles. Longtemps considéré comme le parent pauvre de l'assainissement collectif, l'ANC a du patienter avant d'être aujourd'hui pleinement reconnu. C?est donc une technique jeune qui se cherche encore, dont les contours réglementaires et techniques restent aujourd'hui encore mal définis même si les progrès accomplis ces 5 dernières années sont très importants. Même si le corpus réglementaire doit encore évoluer, notamment au plan technique, les élus locaux disposent aujourd'hui de l'essentiel des outils qui leurs permettent de mieux gérer sur le terrain les problèmes et difficultés que pose la gestion de multiples ouvrages individuels. Reste à apprendre à se servir de ces outils et à gérer une relation nouvelle avec le particulier. La dimension financière de l'ANC ne doit pas non plus être négligée. Qu'il s'agisse d'installations neuves ou de réhabilitation, les budgets considérés sont importants et pèsent lourdement sur les ménages dans un contexte économique lui-même dégradé. E.I.N. : Quelles retombées concrètes attendez-vous de ce colloque ? Pascal Deguilhem : Au plan technique, ce type d'évènement est essentiel car il contribue à faire progresser les connaissances et la masse des acquis autant que des expériences. Comme d'autres rencontres, ce colloque aura apporté quelques pierres à un édifice qui se construit sans être encore totalement achevé. A la fin du colloque, beaucoup des participants avec lesquels j?ai pu discuter, qu'ils soient élus, techniciens ou même industriels ont apprécié de pouvoir échanger leurs propres expériences avec des collègues ou confrères confrontés aux mêmes enjeux qu'eux. L?assainissement non-collectif englobe un ensemble de solutions techniques parfois très différentes les unes des autres mêmes si les objectifs poursuivis sont bien évidemment les mêmes. Il importe de bien connaître ces solutions pour profiter des expériences et des acquis des uns et des autres et progresser rapidement. Ces colloques constituent un bon complément à l'indispensable formation professionnelle qu'il faut mettre en place et que nous tâcherons, mes collègues et moi-même de promouvoir sur le terrain. E.I.N. : Le fait que ce colloque soit essentiellement périgourdin, n?en réduit-il pas la portée ? Pascal Deguilhem : Si ce colloque s'est tenu dans le Périgord, c'est d'abord grâce au dynamisme des deux vice- présidents du Conseil général, Francis Dutard et Jean-Pierre Saint-Amand, soutenus par de nombreux maires, présidents de communautés de communes, cadres techniques du Satese de la CAP, du Conseil général, et des Spanc du département qui sont très en pointe sur le sujet. Reste que de nombreux non-périgourdins nous ont fait l'honneur de penser que ce type de manifestation, très ciblée, était bien en phase avec le lieu ou elle se tenait. Certains sont venus de loin, notamment des chefs d'entreprise de niveau national, des universitaires de Bordeaux, Limoges, Liège, Montpellier, Tizi Ouzou et j?en oublie certainement. La ville de Clermont-Ferrand était bien représentée, notamment par les chefs de service du Conseil général, de même que Blois ou encore les départements du val de Marne, de l'Allier, de la Creuse ou du Lot. J?ajoute qu'il me parait logique et même souhaitable que le thème de l'assainissement non collectif soit d'abord et avant tout traité en milieu rural plutôt que dans les grandes agglomérations, forcément moins concernées par le sujet. E.I.N. : Quels sont, au plan technique, les principaux acquis de ce colloque ? Pascal Deguilhem : J?ai l'impression que les acquis sont multiples à commencer par l'importance de la ventilation et de l'aération au sein des process de l'ANC qui sont souvent sous-estimées en pratique. L?intérêt également du contrôle biologique des biomasses a également été l'un des acquis de ce colloque. J?ai noté avec intérêt l'exposé concernant les bilans énergétiques des différentes filières de l'ANC qui joueront sans doute un rôle important des les prochaines années. Tout comme l'émergence de nouvelles filières comme l'affinage par roseaux qui se révèle assez prometteur. Il faut également signaler la possibilité de réutiliser les eaux épurées, une nécessité en pays aride, un atout non négligeable dans nos contrées plus clémentes.