La technologie développée par la jeune pousse grenobloise permet de fabriquer et de recharger des électrodes, notamment pour les fabricants de système de traitement de l’eau.
La jeune pousse française Anodine vient d’annoncer avoir réalisé une levée de fonds d’un montant de 2,5 millions d’euros, afin de préparer sa phase industrielle et d’accélérer le développement de ses relations commerciales. Ce tour de table a été mené avec Sowefund et Grenoble Angels aux côtés de business angels privé. La start-up bénéficie également du soutien de la Banque publique d’investissement (Bpifrance), de la Banque Populaire Auvergne-Rhône-Alpes, du Crédit Agricole Sud Rhône Alpes et de la SATT Linksium.
Fondé en 2024 par Damien Mouchel dit Leguerrier, CEO, Richard Barré, CTO, et Baptiste Dautreppe, COO, et situé à Grenoble (Isère), Anodine est spécialisé dans les revêtements catalytiques pour électrodes métalliques à oxyde mixte (MMO). Elle développe une technologie d’électrodes rechargeables – technologie issue de dix années de recherche académique au sein de l’Université Grenoble Alpes (UGA/CNRS) – permettant de diviser par deux l’usage de métaux critiques et de sécuriser des applications stratégiques telles que le traitement de l’eau et la dépollution des PFAS (per- and polyfluoroalkyl substances).
La technologie d’Anodine repose sur trois piliers : la fabrication et la recharge d’électrodes par dip-coating (enduction par trempage) grâce à une expertise originale en rhéologie, une formulation plus frugale – plusieurs revêtements brevetés réduisent de plus de 50 % l’utilisation de ruthénium par rapport aux solutions conventionnelles – et un système de connexion démontable assurant un désassemblage des électrodes sans les détériorer (taux de recharge accru, jusqu’à 100 %).
Ce modèle technologique, protégé par trois brevets, peut être répliqué à l’international. « Notre approche fondée sur le bon sens et la frugalité nous permettra de réindustrialiser en France la production d’un composant stratégique aujourd’hui majoritairement fabriqué en Chine, dont le savoir-faire est tenu par un duopole international », se réjouit Damien Mouchel dit Leguerrier (voir photographie).

