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Qu'il s'agisse d'eaux de tours aéroréfrigérantes, d'eau sanitaire, de process, d'eaux usées ou d'eau potable, de nouvelles technologies arrivent qui permettent une gestion très réactive des exploitants par rapport aux risques sanitaires. Quelle est la place de ces nouvelles technologies analytiques dans le domaine de la maitrise des risques sanitaires ?

Les épidémies de légionellose, de plus en plus fréquentes, viennent régulièrement relancer les interrogations relatives au risque de propagation des formes pathogènes par les aérosols. Malgré les efforts accomplis ces dernières années, beaucoup reste à faire pour évaluer les teneurs des eaux usées traitées en Legionella pneumophila, principale forme responsable des légionelloses. À côté des méthodes analytiques conventionnelles (par culture), des méthodes plus avancées ont été développées. Elles permettent de distinguer les germes pathogènes de Legionella pneumophila des légionelles en général qui sont des bactéries communes dans les eaux et dans l'environnement. Quelles sont les potentialités de ces méthodes ? Quels sont leurs avantages ? Dans quelles conditions peuvent-elles être utilisées ? Telles étaient, parmi bien d'autres, les questions auxquelles ont tenté de répondre les intervenants du colloque organisé le 1er février dernier au centre Hospitalier de Versailles, Hôpital André Mignot (78). Pour détecter la présence de Legionella, plusieurs méthodes existent. La méthode microbiologique normée NF T 90 431, reconnue est largement utilisée. Les bactéries sont placées sur un milieu de culture spécifique, à 37° C. Dans ces conditions, elles se reproduisent et forment des colonies dans un délai de 3 à 10 jours. Ces colonies doivent être examinées sur trois milieux de culture différents pour s'assurer qu'il s'agit bien de bactéries type Legionella. A l'issue de ces étapes, il reste à déterminer le type de Legionella. On procède alors à un sérotypage pour vérifier qu'il s'agit bien de Legionella Pneumophila. Inconvénient, cette méthode nécessite un délai incompressible de 10 à 13 jours. Pour s'en affranchir, l'exploitant pourra avoir recours à d'autres méthodes permettant une prise de décision plus rapide. « C?est là qu'interviennent ces nouvelles méthodes qui, sans se substituer à la méthode de référence de la règlementation (NF T 90 431), permettent aux exploitants de piloter leurs équipements avec beaucoup plus de réactivité » a souligné Laurent Garelly, GL Biocontrol. La PCR (Polymerase Chain Reaction), normalisée par l'Afnor en avril 2006, remplace ainsi le processus de division des cellules de la méthode normalisée par un processus de duplication biochimique de l'ADN de Legionella et permet d'obtenir un résultat en 48 heures. Plus qu'un simple outil rapide de quantification, elle conduit à des préconisations de conduite des installations. C?est aussi la seule mesure spécifique normalisée qui permet aujourd'hui de faire des bilans entrée/sortie des installations ou des éléments de réseaux dans les installations. L?ATPmétrie - ou mesure de l'ATP de seconde génération - est également un bon indicateur de contrôle en temps réel du niveau de la biomasse active dans l'eau analysée. A ce titre, elle est aujourd'hui considérée comme un signal d'alarme précoce d'une prolifération de micro-organismes dans une installation, permettant de réagir immédiatement. Les mesures de la biomasse active par ATPmétrie permettent de mettre en place des programmes de surveillance quotidiens des installations d'eau. Ces mesures d'alertes précoces, aideront les operateurs à surveiller les zones à risque dans leur installation, et d'être opérationnels dès que les résultats de la mesure de la biomasse évolueront. Des analyses complémentaires pourront bien entendu être mises en place pour qualifier la croissance de cette biomasse. L?avancée est d'autant plus importante que L?ATPmétrie par exemple trouve de nombreuses applications en eaux propres comme en eaux usées : contrôle biologique des traitements dans les réacteurs, ajustement des concentrations en biocides, détermination de l'efficacité de désinfection des eaux potables, contrôle et suivi des procédés de fermentation, suivi de l'hygiénisation des boues, détermination de la corrosion et des dépôts. « Il a par exemple été démontré que les paramètres ATP pouvaient générer des possibilités de contrôle amélioré du process traitement des eaux » a souligné Marc Raymond. Déjà, les traiteurs d'eau s'intéressent de très près à la question. Mais face à une réglementation qui n?évolue que lentement, quelle place pour ces nouvelles méthodes ? Pour Marc Raymond, P.D.-G d'Aqua-tools.com et organisateur de ce séminaire, « Ces outils sont pour l'instant destinés a aider les exploitants à gérer leurs installations et non à faire du contrôle réglementaire qui ne peut être aujourd'hui assuré que par la norme NFT 90-431, c'est à dire la méthode réglementaire par culture. Il n?en reste pas moins que cette nouvelle génération de kits destinés à la mesure de la biomasse active, stressée, sont précieux pour tous les exploitants soucieux d'optimiser la gestion de leurs équipements en se donnant les moyens, au surplus, de faire de la prévention».