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Le 7ème Forum Mondial de l'Eau qui s'est déroulé du 12 au 17 avril 2015 à Daegu et Gyeongju (Corée du Sud) a permis à la France, grâce à la participation de plus de 200 délégués regroupés sous la bannière du Partenariat Français pour l'Eau, de promouvoir ses savoir-faire et d'échanger avec la commu¬nauté internationale de l'eau dans la perspective des deux grandes décisions à venir en 2015 des instances onusiennes : l'adoption des Objectifs du Développement Durable post 2015 en septembre et l'Accord sur le climat en décembre à Paris (COP21). Globalement le bilan de ce 7ème forum est mitigé.

La forte participation française a certes permis une visibilité maximale dans les différents processus et événements ainsi que sur l'Espace France et une mise en valeur du savoir-faire collectif de nos acteurs ainsi que leurs expertises spécifiques. Elle a également permis de prendre connaissance de nombreux savoir-faire d'acteurs du monde entier. Mais le processus science et technologie a eu une consonance très coréenne et asiatique en mettant en avant la technologie comme réponse principale aux défis de l'eau au plan international. Les acteurs français se sont engagés pour que ce processus prenne en compte, au-delà des innovations technologiques, les innovations sociales, environnementales et économiques. Mais les résultats sont restés en-deçà de leurs attentes. L?adhésion à une priorité donnée à l'eau dans l'Agenda post 2015 à travers un Objectif et des cibles spécifiques a été forte au sein des différents processus du Forum, particulièrement au sein du processus politique. Les déclarations adoptées réaffirment le droit de l'homme à l'eau et à l'assainissement, adopté en 2014 par l'Assemblée Générale des Nations unies, et demande explicitement un Objectif post 2015 et des cibles spécifiques à l'eau prenant en compte l'accès universel à l'eau et à l'assainissement, la gestion intégrée des ressources en eau par bassin versant, y compris transfrontaliers, les synergies entre les politiques de l'eau et de sécurités alimentaire et énergétique. Mais la nécessité de promouvoir la mise en place d'un système de suivi de la mise en ?uvre de cet Objectif fondé sur des indicateurs robustes et ambitieux n?a pas été perçue alors même qu'il s'agit de la clé de voute d'un Objectif Eau solide. Des travaux sont pourtant en cours à ce sujet au sein de la Commission statistique des Nations unies auquels le PFE contribue. Par ailleurs, la place du climat lors de cet événement a été très en deça des attentes, notamment françaises. Si les 100 élus locaux et régionaux présents ont adopté le ?Daegu-Gyeongbuk Water Action for Sustainable Cities and Regions' visant à renforcer la résilience des politiques de l'eau dans les villes et régions au regard des catastrophes de plus en plus nombreuses, les parlementaires français ont du batailler ferme pour mettre l'accent sur un véritable message à ce sujet à transmettre à la communauté internationale dans la déclaration parlementaire. Il est urgent qu' une véritable stratégie soit mise en place pour que l'eau soit pleinement intégrée dans les différents piliers de la COP 21. Le Partenariat Français pour l'Eau s'y emploie avec ses partenaires internationaux. Le futur Accord de la COP21 doit intégrer un volet adaptation conséquent au regard des impacts du dérèglement climatique au plan mondial, l'eau doit être une des thématiques centrales de ce volet et les financements dédiés au climat doivent intégrer l'eau dans leurs priorités.