Le ministère de la Transition écologique fait un nouveau bilan du Plan eau qui s’impose comme un cadre structurant de la politique de l’eau, avec l’ensemble des mesures engagées et 77 % d’entre elles déjà mises en œuvre, trois ans après le lancement du programme.
À l’occasion des trois ans du lancement du Plan eau par le Président de la République française Emmanuel Macron, le 30 mars 2023, le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature fait un nouveau bilan de ce plan d’actions pour mieux gérer l’eau (économie, préservation de sa qualité, meilleur partage et anticipation des crises). Son objectif principal est d’activer l’ensemble des leviers nécessaires pour assurer l’équilibre entre les besoins et les ressources disponibles, dans le respect des engagements écologiques à long terme de la France.
Au bout de trois ans, le ministère affirme que le Plan eau s’impose comme un cadre structurant de la politique de l’eau, avec l’ensemble des mesures engagées et 77 % d’entre elles déjà mises en œuvre. Près de 1,39 milliard d’euros ont été dépensés par les agences de l’eau depuis 2023 (mesure 38). Leurs moyens ont d’ailleurs été rehaussés en loi de finances pour 2026 afin d’atteindre un montant de 435 millions d’euros par an supplémentaires en moyenne pour financer les mesures du Plan eau et accompagner les porteurs de projets, les collectivités, les acteurs économiques et agricoles dans leurs actions de préservation de la ressource en eau. Dans les outre-mer, 93,1 M€ ont été mobilisés depuis 2024, au titre de la nouvelle génération de contrats de convergence et de transformation 2024-2027, dotée d’une enveloppe globale de 203 M€ (mesure 40). À date, 114 opérations d’études et de travaux ont été financées, portant sur des infrastructures d’eau et d’assainissement.
Une valorisation accrue des eaux non conventionnelles
Une autre réalisation concerne l’accélération du nombre de projets de valorisation des eaux non conventionnelles (mesure 15) depuis la publication des 11 textes réglementaires. Ils ont en effet permis de lever les freins pour les principaux couples usages/eaux s’agissant des usages domestiques, dans l’industrie agroalimentaire, dans les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). L’arrêté pour les usages de propreté urbaine destinés aux collectivités locales est paru en septembre 2025.
« La préservation de la ressource en eau doit plus que jamais s’adapter aux impacts du changement climatique. Les résultats hydro-climatiques d’Explore2 publiés en juin 2024 ont été complétés en 2025 pour tenir compte de la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Les travaux prospectifs du Haut-commissariat à la stratégie et au plan, publiés en 2025, sur les évolutions de la demande en eau et sur la confrontation entre ressource en eau disponible et demande en eau à l’horizon 2050 alertent sur la nécessité de changer radicalement les usages et d’accompagner les acteurs dans ces transformations (mesure 46). Les territoires s’emparent progressivement de ces enseignements pour éclairer leurs décisions locales », explique le ministère.
On peut encore mentionner la réussite des dispositifs, notamment nationaux, prévus par le Plan eau pour accompagner les porteurs de projets et les territoires. 40 projets ont été accompagnés par le programme d’accélération pour la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) en littoral pour un montant total de 3,25 M€ d’aides (mesure 18). 145 projets ont été lauréats du fonds d’investissement hydraulique agricole avec 40 M€ d’aides (mesure 21) et 33 projets, lauréats du prix des solutions fondées sur la nature, portant ainsi à 93 le nombre d’opérations phares (mesure 30). 1 214 projets ont été bénéficiaires d’AquaPrêts pour un montant de 4,3 milliards de dollars (mesure 41), et 56 projets ont été lauréats de l’appel à projets Innov’Eau dans le cadre de France 2030 pour un montant de 57,84 M€ d’aides (mesure 48).
Montée en puissance des travaux scientifiques et prospectifs
Par ailleurs, « une dynamisation de la gouvernance locale et nationale se fait via l’émergence de nouvelles instances de dialogue au niveau local dans les territoires jusqu’alors sans gouvernance structurée (mesure 33) : la modernisation des schémas d’aménagement et de gestion des eaux par un décret de décembre 2024 (mesure 34), l’élargissement du comité national de l’eau à de nouveaux usagers dont des représentants de la jeunesse (mesure 37) et l’animation d’un grand débat public sur les orientations prioritaires de la politique de l’eau en 2025 au travers des conférences L’eau dans nos territoires », indique le ministère.
Le Plan eau est reconnu comme une référence de la politique de l’eau, qui a influencé des stratégies nationales telles que la stratégie nationale pour la mer et le littoral (2024), le troisième plan national d’adaptation au changement climatique de mars 2025, la feuille de route pour la protection renforcée des captages d’eau potable de mars 2025 (mesure 28), la feuille de route de l’ingénierie et du génie écologique de juin 2025 (mesure 32) et la stratégie de recharge maîtrisée des aquifères d’avril 2026 (mesure 22), ainsi que la stratégie européenne sur la résilience de l’eau adoptée en juin 2025.
Enfin, le ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature constate une montée en puissance des travaux scientifiques et prospectifs mobilisant observations, modélisation et scénarios, afin d’anticiper les tensions sur la ressource à moyen et long termes (notamment à l’horizon 2050) et de renforcer l’appui à la décision publique en matière de sobriété, de partage de l’eau et d’adaptation au changement climatique (mesures 46 à 49).

