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Renforcer le suivi de la qualité des eaux brutes et des eaux de surface

30 septembre 2020 Paru dans le N°434 à la page 93 ( mots)
Rédigé par : Antoine BONVOISIN

La possible contamination de certaines eaux brutes par le Sars-CoV2, agent du Covid-19, a remis en lumière la nécessité de surveiller les eaux de surface et les prises d’eau vis-à-vis de toute contamination accidentelle. Stations d’alerte et bouées instrumentées, dès lors qu’elles reposent sur une bonne évaluation des risques et sur un choix pertinent des paramètres à suivre et de leur implantation, permettent d’être alerté en amont de toute contamination et ainsi de réaliser des analyses plus complètes pour prendre les mesures conservatoires qui s’imposent.

Certaines études publiées après le début de la pandémie liée au SARS-CoV2 ont montré que des traces du virus pouvaient être retrouvées dans certaines eaux usées. Une recherche menée aux Pays-Bas a ainsi montré que le génome du coronavirus a pu être détecté sur plusieurs sites de prélèvement d’eaux usées quelques jours seulement après l’identification du premier cas humain de Covid-19 dans ce pays. Une étude du même type a également été conduite au Massachusetts (USA).
Détection sur cours d’eau en amont d’usine d’eau potable à Bucarest (Roumanie).

Des traces du SARS-CoV2 ont également été détectées dans les eaux non-potables de Paris. Ces eaux brutes sont prélevées dans le canal de l’Ourcq ou dans la Seine, et constituent un réseau parallèle à celui de l’eau potable, une spécificité parisienne. Elles sont employées notamment pour le nettoyage des rues, l’arrosage des parcs et jardins, ou encore l’alimentation des fontaines ornementales.

Les moniteurs en ligne BACTcontrol de microLAN qui analysent à fréquence élevée l’activité enzymatique de l’eau pour indiquer la pollution fécale, font l’objet de tests aux Pays-Bas comme système d’alerte précoce déclenchant des réponses protectrices, y compris des contrôles immédiats de la présence de coronavirus en utilisant des méthodes qPCR.

Ces découvertes remettent en lumière la nécessité de surveiller les eaux de surface et les prises d’eau vis-à-vis de toute contamination accidentelle par n’importe quel type de polluant. Le sujet est particulièrement sensible pour les prises d’eau de surface (cours d’eau, lacs) exposées à des déversements accidentels ou à des dysfonctionnements de station de traitement des eaux usées à l’amont d’une prise d’eau par exemple. Un dispositif d’alerte donnera à l’exploitant d’une usine de potabilisation le délai dont il a besoin pour réagir efficacement : stopper le pompage, fermer un canal d’alimentation, envoyer des équipes sur le terrain pour évaluer la situation, réaliser des prélèvements supplémentaires pour des analyses plus complètes, mettre en place des solutions de remplacement.

« La notion de suivi de qualité des eaux est encore plus importante en prises d’eau en amont des usines de potabilisation. Nous avons fait le choix de proposer un appareil sans aucun contact avec les effluents. Cette technologie permet un suivi en continu et en temps réel sans maintenance, ni réactif, il n’y a pas de temps d’analyse et la détection se fait directement dans le milieu naturel. L’ODL 1600 est capable d’envoyer des alarmes instantanément en, cas de détection de pollution aux hydrocarbures. Nous livrons et installons ce type d’appareil particulièrement en amont d’usines d’eaux potables. Il est important de détecter de manière instantanée toute pollution avant pompage », souligne Christophe Lichtle, gérant chez Isma.

Détecter la présence d’éléments viraux dans les eaux brutes

La présence de ces traces virales est a priori liée aux déjections humaines : chez les individus contaminés, des éléments viraux passeraient dans les selles, qui se retrouveraient ensuite dans les eaux usées, et donc parfois dans les eaux de surfaces.
Cependant, il est impossible actuellement de savoir si le virus peut être présent sous une forme active dans ces eaux, et donc si cela représente un risque sanitaire. En Île-De-France, l’Agence Régionale de Santé a été saisie sur ce sujet, et l’Académie des Technologies a appelé à financer des recherches pour détecter la présence du SARS-CoV-2 actif dans les eaux usées.
Analyseur de carbone organique total COT, Azote Total et DCO QuickTOC ULTRA d’Anael. La mesure de la pollution d’origine organique avec la DCO ou le COT dans les eaux brutes est un indicateur fort de présence biologique.

La détection du virus dans les eaux pourrait en tout cas présenter un intérêt pour le suivi épidémiologique. L’étude menée en Île-De-France montrait ainsi, pour la première fois, que les quantités de génomes viraux détectés dans les eaux usées augmentent avec le nombre d’hospitalisations liées au Covid-19 au niveau régional. Et des résultats préliminaires montraient une réduction très significative de la charge virale dans les eaux usées suite au confinement. Ces mesures pourraient ainsi fournir un outil de suivi de la propagation du SARS-CoV2 et de la dynamique de l’épidémie.

Aujourd’hui, très peu de laboratoires en France ont la capacité de faire en routine des mesures de particules virales actives dans les eaux usées. Des projets de recherche sont en cours, et certaines méthodes déjà disponibles pour le suivi de la qualité de l’eau peuvent fournir des informations.

Les systèmes ALERT de Fluidion sont couramment utilisés pour mesurer les E.coli et les entérocoques dans le bassin de la Villette (sécurisation de la baignade) et les E.coli dans la Seine (mesures pour améliorer les connaissances en préparation des JO2024). Cela permet 
de mesurer le risque bactériologique 
dans ces sites sensibles.

Car diverses solutions émergent. Ainsi, les moniteurs en ligne BACTcontrol de microLAN commercialisés par Aqualabo, qui analysent à fréquence élevée l'activité enzymatique de l’eau pour indiquer la pollution fécale, font actuellement l’objet de tests aux Pays-Bas pour une utilisation éventuelle comme système d’alerte précoce déclenchant des réponses protectrices, y compris des contrôles immédiats de la présence de coronavirus en utilisant des méthodes qPCR. Le but du projet est de valider le BACTcontrol en ligne et le qPCR mobile, de lier les résultats de mesure des capteurs aux conseils pour la qualité de l’eau et d’étudier si ces techniques peuvent être appliquées à l’eau de surface en tant que système d’alerte précoce à la contamination fécale et aux virus.

Actuellement, pas d’appareils de mesure en routine

Bionef fournit des systèmes de mesure et de contrôle pour le suivi de la qualité de l’eau, l’écotoxicologie et la surveillance de l’environnement. « Actuellement il n’existe pas d’appareils de mesure en ligne pour les virus, il est impératif de passer par des mesures en laboratoire, explique Yves Primault, gérant de Bionef. De notre côté, nous proposons des appareils de mesure pour les bactéries, notamment Escherichia coli et les coliformes. Ces bactéries sont liées aux rejets humains, et sont présentes en quantité importante dans l’eau. Il y a donc un intérêt à faire ces mesures ». Actuellement, Bionef ne s’est pas positionné sur la détection du SARS-CoV2 dans les eaux. « Nous pourrions le faire, précise Yves Primault, mais est-ce vraiment intéressant, et y a-t-il un marché pour cela ? » Pour Yves Primault, la mesure des traces de SARS-CoV2 dans l’eau est surtout une question qui relève de la recherche, mais qui peut difficilement se justifier en routine. « Pour le moment, on sait peu de choses sur la présence du virus dans les eaux brutes. Je pense qu’il faut suivre la qualité de l’eau, comme habituellement, et en cas de dégradation de cette qualité, faire des analyses en laboratoire. Avec les outils dont nous disposons aujourd’hui on peut faire simplement ce genre de choses et cela sera suffisant. En revanche, il ne me semble pas utile de développer des outils spécifiques. Cela me semble prématuré ».
Station instrumentée installée à Vierzon embarquant une sonde multiparamètre NKE pour la détection d’hydrocarbures. Les données sont transmises via une transmission 3G/4G, UHF ou Irridium.

À l’heure actuelle, Bionef propose des systèmes de mesures en ligne et en continu de E. Coli, des coliformes et des entérocoques. Ces équipements sont utilisés pour les eaux usées, brutes ou potables, notamment en zone parisienne dans certains contextes. « Une version particulièrement sensible pour les eaux potables est à l’étude pour E. Coli, précise Yves Primault. Peut-être serait-il possible de poursuivre vers la détection d’un virus si les enjeux se confirment ».

Bionef a notamment développé le dispositif 10Cells, un instrument de terrain léger pour la quantification des cellules vivantes dans l’eau de ballast. Cet appareil permet de détecter des quantités infimes de cellules dans de grands volumes d’eau (jusqu’à 1 cellule par mL). « On pourrait imaginer, si cela s’avérait nécessaire, de développer un tel système pour la mesure des traces virales, poursuit Yves Primault. C’est un appareil transportable et facile à utiliser ».

Mesurer la présence biologique avec la DCO ou le COT

Anael travaille avec différents types de clients, publics ou industriels, dans le domaine de l’eau potable, ou des eaux usées, et propose des technologies diversifiées d’analyse de l’eau. « Pour le moment nous n’avons pas reçu de demandes particulières concernant le Covid-19, explique Christophe Vaysse, Ingénieur technico-commercial chez Anael. De notre côté, en ce qui concerne les indicateurs de présence biologique, nous proposons la mesure de la pollution d’origine organique avec la DCO ou le COT dans les eaux. Et la plupart de nos clients sont déjà équipés pour faire cela. Suivant les pollutions en présence on peut utiliser l’une ou l’autre méthode, le tout est de savoir si on a une assez bonne précision pour déceler la présence d’un virus. On quantifie la présence organique globale, et on ne peut pas être spécifique du virus. Cela fait 15 ans que je suis dans le milieu et je n’ai jamais vu cela, nous n’avons jamais eu à faire d’analyses pour déceler la présence d’un virus ».
Pour le COT, Anael propose différentes solutions notamment la méthode thermique, qui est la plus performante et qui permet de détruire toutes les molécules organiques présentes dans l’échantillon. Cette technique ne nécessite pas de catalyseur chez Anael, puisque l’oxydation se produit à 1.200 °C, ce qui simplifie l’entretien et limite le coût.

Les entreprises de R&D impliquées sur la détection du SARS-CoV2

Si le SARS-CoV2 concerne encore peu les entreprises qui œuvrent habituellement dans le secteur de l’analyse de l’eau, les sociétés qui ont la R&D au cœur de leur activité sont plus impliquées. C’est le cas notamment de Fluidion, société francilienne spécialisée dans les systèmes autonomes de prélèvement et de mesure in-situ pour suivre la qualité de tous types d'eau. L’entreprise, reconnue pour la rigueur scientifique des technologies qu'elle commercialise, travaille dans le milieu privé mais mène en parallèle des projets de recherche industrielle et académique, avec des partenaires partout en Europe mais aussi aux États Unis. Sa technologie ALERT de mesure automatique in-situ des bactéries E.coli a été validée par de nombreuses études dont les résultats ont été publiés en toute rigueur scientifique et présentés dans les conférences de spécialité. Cette technologie est utilisée depuis plusieurs années par les pouvoirs publics pour évaluer le risque bactériologique en France comme dans le monde, y compris sur des sites de baignade à Paris et sur les sites anticipés pour les Jeux Olympiques 2024. Forte de son expérience de gestion active de la baignade, Fluidion a réalisé des installations similaires dans d'autre grandes métropoles comme Los Angeles, New York ou Berlin. Au Royaume Uni, les systèmes ALERT ont été adoptés par l'Agence Environnementale Anglais pour réaliser des analyses rapides sur les plages à risque. Les technologies ALERT sont également utilisées pour contrôler la désinfection des eaux usées, y compris pour le reuse, dans des stations d'épuration de toute taille.
Sdec France propose la sonde AquaTROLL 500 montée sur bouée, assortie du nouveau modem Vulink qui sera disponible à partir d'octobre 2020. L'application VuSitu offre la possibilité de modifier les paramètres à distance, et de programmer des alertes sur une différence amont-aval.

L'entreprise est actuellement en train d'adapter ces technologies de mesure bactérienne à la nouvelle problématique de la détection du Coronavirus : « Ce qui est intéressant avec la détection du SARS-CoV2 dans les eaux usées, c’est que l’on peut constater une apparition du virus avant même que des cas de personnes infectées ne soient encore révélés » explique Dan Angelescu, PDG et directeur de la Recherche & Développement de Fluidion. « Cela permet donc de surveiller, et d’anticiper l’apparition éventuelle d’une nouvelle vague. Il devient également possible de dépister de façon anonymisée et locale l’apparition de nouveaux cas de maladie Covid-19, et de mettre en place des mesures efficaces d’un point de vue épidémiologique ». La mesure du virus dans les eaux usées permettrait donc d’anticiper la propagation du virus, et de s’y préparer. Les personnes qui seraient amenées aujourd’hui à réaliser des prélèvements s’exposent à un risque de contamination. Fluidion travaille actuellement sur une nouvelle génération d'échantillonneurs automatiques réfrigérés, de petite taille et automatisés. « C’est quelque chose sur lequel on travaille activement. On a d’ailleurs déjà développé le seul capteur autonome du marché pour mesurer la trace de bactéries E.coli dans l’environnement, et les eaux usées brutes ou traitées. Peut-être que demain nous serons capables de mesurer aussi le risque associé au virus ».

Transposer des méthodes utilisées en bactériologie

La société Nke Instrumentation, qui travaille sur le développement, la fabrication et la commercialisation d’instruments de mesure, s’intéresse également à cette thématique. « Cela reste un sujet en gestation, pour lequel nous n’avons pas encore de solutions matures. Mais nous réfléchissons à cette problématique du suivi des eaux. Des montages de projets R&D sont en cours, et on espère avoir en fin d’année une vision plus claire sur le développement de nouveaux capteurs » explique Goulven Prud’Homme, responsable commercial. Pour Nke Instrumentation, la question de la détection de micro-organismes dans l’eau était déjà dans l’air du temps avant même l’apparition du SARS-CoV2. Particulièrement en ce qui concerne la détection bactériologique.

« Le projet BacTrack par exemple, s’intéresse à la détection de E. coli dans les eaux de baignade. Plusieurs événements s’annoncent, comme les JO de 2024 à Paris, durant lesquels certains plans d’eau vont être utilisés, et les organisateurs sont soucieux de la qualité de l’eau, précise Goulven Prud’Homme. On se positionne comme acteur et fabricant de technologies et de capteurs pour ces sujets. Nous sommes dans la R&D pure en ce qui concerne les capteurs de mesure in situ, l’objectif étant d’avoir une cartographie des eaux la plus précise possible. Nous cherchons à développer des capteurs pouvant transmettre des données numériques à tout moment et indiquer la présence ou non de bactéries dans l’eau ».

Nke Instrumentation mène actuellement une réflexion pour savoir si ces projets déjà engagés, qui concernent principalement les mesures de présence bactériologiques, pourraient être transposés pour s’intéresser à la charge virale des eaux. « En ce qui concerne les capteurs bactériologiques nous en sommes encore au stade du prototypage, et il nous faudra encore quelques mois de développement pour arriver à un produit commercialisable et industrialisé. Nous avons passé le cap de la R&D de principe, maintenant on réalise des prototypes et on teste ces capteurs en laboratoire de métrologie. Nous prévoyons ensuite des tests sur le terrain, et un certain nombre d’acteurs du milieu de l’assainissement sont très intéressés pour mettre à disposition des masses d’eau afin de tester les capteurs en milieu naturel » précise Goulven Prud’Homme.

Exemple de platine d’analyse pour la mesure de la teneur en chlore. Réalisation Endress+Hauser.

En matière de développement, Nke Instrumentation commercialise essentiellement des sondes multiparamètres WiMo, adaptées aux eaux douces et aux eaux de mer. Ces sondes, munies de capteurs plug-and-play, permettent de mettre en place des stations d’alerte à moindre coût : le prix d’une sonde est estimé aux alentours de 5.000 euros. Nke Instrumentation propose également des stations de mesure, des stations d’alerte, et des bouées instrumentées qui peuvent être adaptées au besoin et au site où les déployer. Tous ces systèmes sont bien sûr communicants en temps réel.

Stations d’alertes et bouées instrumentées pour surveiller la ressource

Équipées d’analyseurs permettant de mesurer de nombreux paramètres physico-chimiques, les stations d’alerte disposent également, pour certaines d’entre elles, de capacité de prélèvement automatique d’échantillons en vue d’une analyse approfondie au laboratoire lors d’une détection par un appareil de mesure. Mais la demande pour l’équipement de sites en stations d’alerte tend cependant à diminuer. On n'en dénombrerait en France que quelques dizaines. Les fournisseurs de stations équipées sont nombreux : Endress+Hauser, Hach, Anael, Bionef, Datalink Instruments, Xylem Analytics, Metrohm, Tethys Instruments ou encore Cifec.
Xylem Analytics fournit des solutions complètes pour la mesure de ces paramètres en entrée et en sortie de station avec sa gamme WTW IQ Sensor Net et sa sonde UV-VIS CarboVis 705 IQ.
Pour les eaux de surface, Xylem Analytics propose via sa marque YSI, des sondes multiparamètre autonomes, telles que la sonde EXO2.
Combinée à la bouée autonome instrumentée YSI DB600 et à la plateforme Cloud Hydrosphère, la sonde YSI EXO2 devient une plateforme IoT permettant la surveillance en temps réel et à distance de la qualité des eaux de surface pendant de longs déploiements. Ainsi, les utilisateurs sont alertés instantanément de tout dépassement de seuil d’alertes de MES, turbidité, pH… et peuvent prendre en amont les mesures conservatoires qui s’imposent, face au Sars-CoV2.
Détecteur d’hydrocarbures ODL 1600-1610 d’Isma en surface de l’eau par mesure de variation de l’intensité lumineuse par source laser. Détection de 0.3 à 10 m selon modèles. Aucun contact avec la surface de l’eau. Fonctionnement en temps réel, pas de temps d’analyse.

Les grandes agglomérations utilisant des eaux de surface sont équipées et renouvellent périodiquement leurs équipements. Pour réduire les coûts de ces stations, on note une tendance à recourir aux mesures physiques, notamment aux UV utilisées pour la détection d’hydrocarbures, de biomasse, des nitrates… selon les longueurs d’ondes utilisées. L’avantage est qu’il n’y a ni réactifs consommables ni rejets.

La société ISMA a fait ce choix avec son détecteur d’hydrocarbures ODL 1600. Il fonctionne sans contact avec les effluents et permet une sécurisation en temps réel sans aucun délai d’attente ni intervention extérieure.
Attention cependant aux exigences liées à l’implantation d’une station d’alerte. Elles ne se limitent pas au choix de quelques analyseurs de sondes et d’un moyen de communication. Il faut bien évaluer les risques, choisir les paramètres qu’il est pertinent de suivre, et opter pour un lieu d’implantation pertinent pour que le prélèvement soit représentatif de la masse d’eau et que son éloignement de la prise d’eau laisse un temps suffisant pour réagir. Le terme “station d’alerte” recouvre par ailleurs des réalités assez diverses qui vont de la simple sonde monoparamètre à une association de capteurs, de sondes, d’analyseurs jusqu’à la station multiparamètre prête à l’emploi installée en bord de cours d’eau ou de lac.
La bouée DB600 de Xylem Analytics peut être déployée en eau douce ou en basse mer comme station d'alerte. Si l'eau dépasse certains seuils de turbidité, pH. les utilisateurs sont directement alertés et prennent les mesures nécessaires à l'entrée ou à la sortie d'une station de potabilisation par exemple.

La station d’alerte doit également faire l’objet d’une maintenance très régulière et relativement contraignante pour assurer la qualité des mesures fournies.

Les boues instrumentées, développées par Aqualabo, Birdz, Nke Instrumentation, S ::can ou encore ndtata répondent à un objectif différent. Contrairement aux stations d’alerte, elles n’ont pas vocation à détecter des substances spécifiques mais plutôt à modifier la qualité de l’eau en identifiant, si possible, l’origine de l’événement associé à ce changement. Flexibles, modulables, elles ne nécessitent qu’une maintenance limitée sans génie civil, ni raccordement électrique, ni réactif d’analyse. Leur facilité de déploiement permet de positionner plusieurs bouées pour aller au plus près des sources de pollution et suivre l’évolution de la qualité d’eau au fil d’un cours d’eau par exemple. Ce type d’approche multipoints permet un suivi des rejets spécifiques dans la ressource et dans certains cas une identification des sources de pollutions potentielles. En cela, les bouées instrumentées ne s’opposent pas aux stations d’alerte qui offrent un point de contrôle complet mais unique. Elles les complètent.
Logiquement, les développements sont nombreux.

Chez Ijinus, la gamme BAN se compose de bouées compactes, légères et robustes. Elles intègrent un enregistreur, une sonde de qualité d’eau qui peut être remplaçable avec une autre (pH, Oxygène dissous, Turbidité, conductivité). Un kit de configuration permet par RFID de se connecter aux différentes bouées, de la berge ou en bateau. Il devient ainsi possible de paramétrer l’équipement et de récupérer les données localement. Un logger intégré à la bouée enregistre les données et les envoie par GSM/GPRS vers la supervision ou sur Ijitrack.com. Les seuils d’alerte sont paramétrables, ainsi que la fréquence d’envoi des rapport. Une bouée maître avec modem 3G peut également récupérer et envoyer les données des autres bouées proches, dépourvues de modem.

La station d’alerte de Kern Uhel à Lanrivain (22) est équipée d'analyseurs conçus
par Datalinks Instrument.

Couplée au nouveau dispositif de télémétrie cellulaire et par satellite compatible Vulink, la sonde multiparamètre Aqua Troll 500 de Sdec France constitue une solution clé en main de surveillance continue des milieux les plus hostiles (environnements corrosifs, eaux douces ou salines…). Le modem Vulink présente l’avantage de s’installer facilement et d’offrir une large gamme de capteurs physico-chimiques pour autodétecter tout dispositif in-situ en appuyant sur un bouton ou en produisant un rapport programmé. Des icônes indiquent l’autonomie de la batterie, la connexion de l’appareil, la connexion au réseau et la connexion au portail web HydroVu.

Chez Neroxis, filiale de Birdz, les bouées SWARM mesurent les paramètres de qualité (turbidité, matière organique, température de l’eau, oxygène dissous, conductivité…) et environnementaux (profondeur, vitesse de l’eau, ensoleillement, vitesse du vent…). Chaque bouée accueille un porte sondes instrumenté évolutif qui contient 6 emplacements de sonde. Pour assurer l’interopérabilité, plusieurs modes de communication sont disponibles tels que LPWAN, et 3G/GPRS. Le firmware de la carte mère gère le module de communication afin de minimiser la consommation d’énergie liée au transfert de données. Elles peuvent télécharger la mise à jour du firmware à tout moment. Chaque sonde multiparamètre installée peut être gérée à distance : arrêt, redémarrage, diagnostic.

S’assurer du caractère effectif de la désinfection et suivre la qualité de l’eau au sein du réseau

Si le SARS-CoV2 ne peut a priori pas être présent dans l’eau potable, des solutions employées habituellement pour la mesure de la qualité de l’eau pourraient être mises à contribution pour s’en assurer. 
Nouvelle sonde multiparamètre WiMo – conçue et fabriquée par nke. Cette sonde mesure en continu les paramètres physico-chimiques de l’eau et est personnalisable et évolutive puisqu’il est possible de brancher et débrancher les capteurs en toute simplicité. Des capteurs bactériologiques sont d’ailleurs en cours de développement en interne afin de répondre à la problématique actuelle. 

C’est notamment ce qu’évoque Endress+Hauser. « On sait que le virus ne semble pas être transporté par l’eau potable. Mais il pourrait être intéressant de réaliser des mesures de chlore dans les réseaux de distribution, où l’on observe parfois des stagnations d’eau notamment. Mesurer le chlore permet de voir si l’eau est correctement désinfectée ou non. C’est le type de mesure que nous pouvons proposer avec nos platines d’analyse » explique Laura Greder, chef de marché Environnement chez Endress+Hauser. « En ce qui concerne les eaux usées, c’est plus délicat. Pour le moment, en France, les boues non déshydratées et non traitées sont encore stockées et on ne peut les utiliser. Dans le cadre du traitement des boues visant à éliminer les agents pathogènes et autres microorganismes, il peut être intéressant d’effectuer des mesures de pH afin de suivre l’avancement de la réaction de chaulage des boues au cours de laquelle le pH augmente fortement. Nous avons récemment sorti un analyseur portable, un transmetteur multiparamètre qui permet de faire cela. C’est le Liquiline Mobile CML18, qui permet de récupérer toutes les informations avec nos capteurs habituels » poursuit Laura Greder.

« Nous avons effectivement déjà un certain nombre de solutions qui répondent aux demandes actuelles telles que les stations d’alerte installées dans le milieu naturel. Pour les réseaux d’eau potable, nous avons des platines et des équipements en ligne qui permettent de faire des mesures en continu du chlore, et connaissons donc l’état de désinfection de l’eau en permanence. Ces indicateurs peuvent être utilisés pour assurer le suivi de la qualité de l’eau dans le réseau » complète Matthieu Bauer, responsable de marché Environnement Energie.

Hach, Swan, Trace Analysis ou encore Bürkert proposent également une gamme complète d’analyseurs couvrant l’ensemble des paramètres applicables à l’analyse de l’eau, qu’il s’agisse d’eaux brutes, d’eau potable ou d’eaux usées. Ces composants développés par un fournisseur unique peuvent garantir un niveau de compatibilité et de polyvalence élevé sur une large gamme d’applications. 


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