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Méthanisation en STEP : toujours l’incertitude

02 juin 2022 Paru dans le N°452 à la page 72 ( mots)
Rédigé par : Patrick PHILIPON

La méthanisation des boues de STEP, pratiquée couramment dans de nombreux pays, fait face à une situation plus délicate en France. Encore minoritaire, elle poursuit son chemin malgré un cadre réglementaire pour le moins incertain…

La méthanisation des boues de STEP, riches en matière organique, semble une solution vertueuse d’un point de vue environnemental. En effet, elle produit de l’énergie renouvelable et diminue le volume final de boues. Mais qu’a-t-on vraiment le droit de méthaniser ? Quid de l’épandage des digestats ? Quelles sont les technologies disponibles pour améliorer les performances de la digestion “classique” ?

John Cockerill déploie un catalogue complet de solutions technologiques autour de la méthanisation proprement dite. Ici un système de stripping de l’ammoniac qui permet de récupérer l’azote contenu dans le fluide résultant de la déshydratation du digestat, sur le site d’un industriel de l’agroalimentaire.

Un contexte encore incertain

« Les règles se compliquent » euphémise Emmanuel Adler, expert en gestion des eaux et déchets au Rispo1 (Réseau interprofessionnel des sous-produits organiques). Et de fait, les sujets d’interrogation ne manquent pas. Vient tout d’abord la question de la codigestion des boues de STEP avec des déchets. « Le mélange des boues avec des biodéchets est encore interdit réglementairement, en tout cas les digestats ne peuvent pas retourner au sol. On peut se poser la question de la pertinence environnementale d’une telle interdiction, avec la perte de carbone, d’azote et de phosphore que cela représente » regrette Sam Azimi, directeur adjoint de l’Innovation au SIAAP.
Robin T’Jampens, responsable du pôle Déchets chez Wessling, est sur la même longueur d’onde. « On essaie de méthaniser tout ce qui contient de la matière organique. Les digestions hybrides avec les boues de STEP sont intéressantes car ces dernières, avec leur qualité relativement constante et leur forte teneur en eau, se mélangent idéalement avec des déchets agrolimentaires ou cosmétiques, par exemple. On va y venir en France » espère-t-il. « Le projet Cometha, au SIAAP, auquel nous participons, est en train de montrer que, outre l’intérêt économique et environnemental à mutualiser les déchets, il existe une vraie synergie technique. Le mélange améliore le fonctionnement du digesteur. C’est une voie d’avenir malgré les freins réglementaires actuels » estime également Olivier Bernat, directeur général Technologie chez John Cockerill.
Dans les unités de méthanisation, Sewerin propose les analyseurs Multitec qui permettent de réaliser le contrôle de l’espace inter-membranaire des gazomètres afin de vérifier leur étanchéité.

Le Rispo, persuadé de l’intérêt de cette solution, a d’ailleurs organisé le 4 mai une journée2 technique “biofiltration, codigestion et compostage des boues” à la STEP de Villars de Lans. Cette unité de 45 000 EH cométhanise en effet ses boues avec les graisses et le lactosérum d’une fromagerie voisine. Le digestat est ensuite composté et épandu. « D’autres cométhanisent en France, comme par exemple la STEP de Morillon, avec des biodéchets de restaurants et des déchets verts. Et les pays comme l’Allemagne ou le Danemark le font depuis longtemps en routine sans se poser de questions. Ils hygiénisent simplement les boues » affirme Emmanuel Adler (Rispo). Il estime que les STEP sont les endroits idéaux pour installer des codigesteurs, non seulement pour la qualité de leurs boues mais aussi parce que cela élimine l’épineux problème de la création d’un nouveau site de méthanisation, toujours susceptible de provoquer une levée de boucliers de la part des riverains.

De son côté, le SIAAP travaille depuis plusieurs années sur cette question, visant en particulier la codigestion avec du fumier de cheval disponible à Maison-Laffitte, à côté de la STEP d’Achères. « Dans le cadre de notre programmation scientifique InnEAUvation, nous collaborons avec différents partenaires (Université de Technologie de Compiègne, Unilasalle Beauvais, Laboratoire de Rhéologie et Procédé de Grenoble, lnstitut de Filtration et des Techniques Séparatives) afin de mettre au point des méthodes pour adapter nos équipements et modes d’exploitation à des matières que nous ne connaissions pas » expose Sam Azimi. Outre la digestion elle-même, ces mélanges inédits posent en effet des questions comme celles de leur capacité à être "transportées" et "déshydratées" et dont l'évaluation nécessitent de développer des protocoles et des outils adaptés.
Cambi propose des systèmes d’hydrolyse thermique des boues, un procédé qui améliore le rendement de la digestion. La gamme comprend des dispositifs pour des STEP moyennes, grandes ou très grandes, comme ici à Dallas (USA).

Le devenir des digestats, en particulier avec l’hygiénisation devenue obligatoire pour l’épandage, est aussi un sujet d’incertitude. « Beaucoup de MOA envisagent désormais la digestion thermophile (à 55 °C) mais elle-même n’est pas encore considérée comme hygiénisante d’un point de vue réglementaire. C’est pourquoi nous proposons, en aval des digesteurs, des unités d’hygiénisation à 70 °C pendant une heure » affirme Julia Doublet, responsable méthanisation chez Atlantique Industrie. « Tous nos procédés sont hygiénisants donc nous n’avons pas été impactés par la crise covid. Mais si le retour au sol devient compliqué, par exemple parce que les seuils acceptables de micropolluants comme les traces métalliques, encore en discussion, deviennent trop sévères, que faire des boues ? Nous travaillons sur des procédés thermiques comme la gazéification hydrothermale pour avoir des éléments de réponse » explique Sam Azimi.

Wessling propose une inspection à la caméra thermique avec un filtre spécifique dédié au méthane.

Autre source d’incertitude : l’évolution des tarifs de rachat du biométhane, qui ne sont plus garantis depuis le décret n° 2020-1428 du 23 novembre 2020. Mais est-ce vraiment un problème ? Les avis sont partagés. Pour Oliver Bernat (John Cockerill), « le prix de rachat est une motivation essentielle. Les MOA ont besoin d’un tarif incitatif, et surtout de visibilité. Les menaces de baisse peuvent être un frein ». Sam Azimi en est moins persuadé - il est vrai que le SIAAP a une situation particulière du fait de sa taille et de son contexte urbain. « Cela ne me semble pas un critère de choix. La méthanisation répond au bon sens environnemental et permet de couvrir une partie des besoins énergétiques du site même » affirme-t-il. Qui plus est, la diminution du volume des boues permise par la digestion peut suffire à justifier l’investissement, en particulier si l’épandage devient problématique, ce qui obligerait les opérateurs à se tourner vers l’incinération, nettement plus coûteuse. Micr'Eau revendique d'ailleurs plusieurs projets en cours d’évaluation dans les Alpes, le Bordelais et les Hauts de France en proposant l’épuration du biométhane avec la technologie membranaire Evonik via son partenaire hollandais Bright Biomethane.

La digestion classique : maîtrisée mais…

Quoi qu’il en soit, la méthanisation “classique” gagne du terrain dans les STEP françaises. Ainsi à côté des majors Suez, Saur, Veolia, de nombreux spécialistes des installations de méthanisation, tels que Micr’eau, Naskeo environnement, Ovive, Setec énergie environnement, Solagro ou encore Sources investissent de manière croissante la filière, démontrant qu’il est possible de rentabiliser des process de méthanisation, même sur des usines de petites tailles.
A titre d’exemple, le SIAAP digère environ 70 % de ses boues dans trois sites. A Achères pour produire sur place la moitié des besoins énergétiques du site, à Grésillons pour de la co-génération avec revente de l’électricité, et enfin à Valenton en vue de réinjecter le méthane dans le réseau. « Tout est prêt, nous finalisons cette opération » affirme Sam Azimi.
Le SIAAP, dans le cadre de sa programmation scientifique InnEAUvation, développe des outils et méthodes pour maîtriser la cométhanisation des boues avec des déchets. Ici un rhéomètre qui permet d’évaluer la consistance, donc la transportabilité des boues.

Reste que s’il est relativement aisé de faire fonctionner un digesteur, l’optimiser réclame plus de compétences et d’attention. C’est là qu’interviennent des sociétés comme Wessling, par exemple. « Nous assurons tout le support technique, pas forcément disponible sur site. Des analyses régulières sont essentielles, comme le potentiel méthanogène de la « ration », le suivi de la digestion, de la qualité agronomique du digestat, le contrôle du gaz avant injection… » énumère Robin T’Jampens. « Parce qu’elles concentrent les pollutions, les boues d’épuration sont très souvent considérées comme des déchets malgré les bénéfices qu’elles peuvent apporter. Nous avons l’expertise et les technologies pour les intégrer au mieux dans les usines afin de répondre aux besoins spécifiques de chaque client. Que ce soit par l’élimination ou la valorisation, nous pouvons et devons transformer ce déchet en ressource », reprend Germain Bredin - Expert Boue à la Direction Technique de Veolia Water Technologies. « La méthanisation est un procédé très ancien, robuste et efficace pour la réduction des boues. Son degré de maturité fait qu'il est au cœur des filières de traitement que nous imaginons pour nos clients. Donc, même s'il ne reste pas grand-chose à inventer sur le procédé en lui-même, un processus d'amélioration continu est maintenu de façon à le rendre toujours plus sûr, vertueux, efficace et compétitif. L'enjeu pour une méthanisation performante se joue plus sur la périphérie du digesteur que sur du procédé lui-même. Ce sont sur les façons de booster les performances globales de l'usine que l'attention se porte aujourd'hui. Les conditionnements (thermiques, enzymatiques, etc...) pour réduire d'avantage les volumes de boue et produire plus de biogaz sont des briques envisageables. La gestion de l'énergie est primordiale (Récupération de chaleur fatale, production innovante de chaleur, etc..) pour maximiser le biogaz valorisable. Aussi, dans le cas des STEU, c'est bien l'ensemble de l'usine qu'il faut regarder et non pas uniquement la filière de traitement des boues. Il n'existe donc pas une solution de traitement des boues universelle et duplicable partout, mais bien un ensemble d'outils et de technologies qu'OTV peut mettre en œuvre pour répondre aux besoins spécifiques de chacun de ses clients ».

De son côté, la société Suez - Water Technologies & Solutions (Suez WTS) aide plus particulièrement les industriels à augmenter les performances de leurs méthaniseurs. Dans le contexte actuel d’augmentation du coût des énergies, et du potentiel blocus des importations d’énergies fossiles en provenance de Russie, l’optimisation du fonctionnement des méthaniseurs devient en effet un enjeu grandissant pour les industriels. Xavier Kelner, Product Applications Waste Water chez Suez WTS, souligne : « Nous assistons nos clients dans la mise en place de solutions favorisant la réutilisation du méthane produit dans leur process, par exemple en chaudières, mais aussi en augmentant la proportion de méthane, en épurant le biogaz. Nous aidons également nos clients à redémarrer plus vite leur méthaniseur utilisé lors des campagnes saisonnières, optimisant ainsi leur capacité de méthanisation plus rapidement. Le gain en consommation électrique et en production de boue est évident, en comparaison avec la filière aération prolongée qui est soulagée du même temps par une moindre charge ».
Le système de macération GasMix de Landia est une solution d’agitation adaptée à tous types de digesteurs et de méthaniseurs. Il utilise la recirculation du biogaz pour mélanger le contenu du méthaniseur maximisant ainsi  sa production.

Dans cette perspective, Purecontrol collabore depuis près d’un an avec Neveus, cabinet d’études spécialisé dans la valorisation des biomasses et des déchets organiques en énergies bas carbone, pour accompagner les exploitants dans la maximisation de la production de biogaz. « De la détection préventive d’anomalies à l’optimisation temps réel des procédés, la solution permet aux exploitants de simplifier l’optimisation de cette filière complexe » décrit Loïc Croissant, directeur développement et innovation de Purecontrol. Avec l’AT1000 biogaz, l’utilisateur peut réaliser en quelques minutes et par prélèvement d’échantillon manuel, la mesure des paramètres essentiels AGV/TAC dans le cadre du bon suivi de l’installation, précise Hach. Pour les sites qui privilégient le rendement de production en biogaz, ces mêmes paramètres peuvent être mesurés directement en ligne grâce à l’analyseur en ligne EZ 7200. Spécialement conçu pour la surveillance des digesteurs anaérobie, le titrateur rend les résultats en 15 minutes. Son module de filtration permet de prendre en charge des échantillons d’une siccité allant jusqu’à 8 %.

Une bonne méthanisation exige un brassage de la “ration”, souvent assuré par des organes mécaniques installés à l’intérieur du digesteur. Des systèmes efficaces mais qui présentent l’inconvénient de devoir arrêter la digestion pour vider et ouvrir le réacteur en cas d’opération de maintenance. Avec en plus la nécessité de protéger le personnel intervenant (assistance respiratoire, etc.). Atlantique Industrie, distributeur exclusif de la marque danoise Landia, promeut actuellement le système de brassage GasMix. Composé d’une pompe dilacératrice (spécialité de Landia), de tuyaux (inox ou acier) et de vannes, ce système se greffe à l’extérieur du digesteur - avec évidemment des buses d’ éjection et de mélange. Une pompe MPTK-GI placée en partie basse aspire la ration, la broye et la réinjecte sous pression un peu plus haut, mélangée à du gaz prélevé dans le “ciel” du digesteur. Cela provoque un bullage et un brassage puissant du contenu, empêchant la sédimentation au fond du réacteur. Une autre buse d’injection, placée au niveau de la surface du mélange, peut empêcher la formation d’une croûte superficielle. « Le principal avantage du système est la facilité de maintenance. Il est inutile d’ouvrir le digesteur ou même d’arrêter la digestion. Il suffit de fermer les vannes, intervenir pour la maintenance de la pompe et redémarrer » affirme Julia Doublet (Atlantique Industrie). Elle souligne également la souplesse d’utilisation puisque toutes les vannes (pneumatiques ou électriques) sont commandables. Il est donc possible de déterminer empiriquement le régime de fonctionnement - durée et fréquence de fonctionnement de la pompe, ouverture ou fermeture des vannes, etc. - optimal pour chaque digesteur et chaque “ration”.

A toutes les étapes du processus de méthanisation, qu’il soit intégré à une station d’épuration, implanté dans des unités agricoles ou dans un complexe collectif de traitement de déchets divers, Netzsch, grâce à sa large gamme de pompes à rotor excentré NEMO® et de pompes à lobes TORNADO®, propose la solution la plus adaptée pour les transferts de fluide (soupe, intrant liquide, digestat…). Le fabricant propose également la pompe NEMO® B-Max, qui, grâce à sa vis de gavage permet un mélange intime des intrants solides et liquides augmentant nettement le potentiel méthanogène de l'installation, et donc un meilleur rendement.

Dans le but d’améliorer également l’efficacité des installations, Börger s’appuie sur sa grande variété des tailles des pompes, des matériaux et des lobes disponibles permettant de construire la pompe appropriée pour chaque cas d’application tandis que Volgelsang déploie son concept BIOGASmax. L’objectif ? Offrir une gamme complète de services visant à améliorer l’utilisation du substrat par une réduction des exigences d’apport énergétique ou par un processus simplifié qui dégage le temps nécessaire à la production de biogaz.
A 30 kilomètres d‘Athènes, Weltec a agrandi l’unité de méthanisation de Mégara. Avec une partie des substrats d’un site d’élevage de 20 000 poules pondeuses, l‘installation est en service depuis mars 2021 avec une puissance doublée passée à un mégawatt.

Weltec Biopower, qui enregistre en Grèce un vif intérêt pour sa technologie (il a construit quatre projets supplémentaires et trois extensions en 2021), optimise le processus en utilisant le système GLe MULTIMix qui assure la réduction des couches flottantes et des dépôts par le broyage et la pré-homogénéisation, empêchant ainsi les pannes et veillant à un process de fermentation sans interruption des substrats utilisés.

La question des fuites est encore peu abordée en France mais très présente dans les pays où la méthanisation est plus courante. « Nous faisons de plus en plus d’audits de fuite, même si ce n’est pas réglementé en France, contrairement à l’Allemagne où le contrôle annuel est plus qu’une prescription. C’est un point souvent négligé ici mais important si l’on veut optimiser la performance de l’installation » souligne Robin T’Jampers. La procédure est assez simple : un technicien muni d’une caméra infrarouge (la superposition d'image permet d'apercevoir les fuites) contrôle tous les organes en quelques heures. « Une bonne moitié des fuites se réparent dans la journée » précise-t-il. « En comparaison avec les biogaz d’origine agricole, le biogaz de STEP possède en effet des teneurs en CH4 plus élevés » poursuit Éric Lecoq, président fondateur d’Agripower France, partenaire de Weltec Biopower sur le territoire. « Bien que considérés comme une trace lors de la combustion du biogaz, les siloxanes qui trouvent leur origine dans les produits cosmétiques, les détergents, les encres d’impression et les peintures, sont transformés en oxyde de silicium, et peuvent occasionner des dégâts importants dans les moteurs à gaz. Ainsi nous recommandons la mise en œuvre d’une désulfuration et/ou d’une élimination des siloxanes en amont par une analyse des boues ». Sur le segment des unités de micro-méthanisation (agglomérations inférieures à 10 000 EH), l’entreprise a spécifiquement développé une gamme de solutions sous la marque UrbanPower. « Issu de la digestion de boues de STEP, le biogaz peut contenir des quantités importantes d’H2S selon la filière de traitement en amont », ajoute Marie Esteve, Sales Manager, Biothane Veolia Water Technologies. « Il est donc nécessaire d’éliminer cet H2S pour protéger les équipements à l’aval de la corrosion et pouvoir utiliser le biogaz soit en chaudière, soit en co-génération (chaleur + électricité), soit pour la production de biométhane. Chez Biothane, nous proposons une technologie de désulfurisation biologique du biogaz, appelée Sulfothane™ qui permet d’atteindre un rendement jusqu’à 99 % sur l’H2S. Cette solution est économiquement et environnementalement intéressante car elle permet de diminuer la consommation de produits chimiques tels que la soude ou le charbon actif. L’OPEX d’une telle solution est 10 fois moins élevé qu’un lavage à la soude classique. Cette technologie Sulfothane™ est compatible avec notre technologie MemGas™, système de purification membranaire du biogaz en biométhane pouvant atteindre des rendements jusqu’à 99.5 % sur le méthane et produisant un biométhane de qualité pouvant être soit injecté au réseau de gaz, soit utilisé en bio-GNV. Ces 2 technologies équipent la STEP de Toulouse-Ginestous et permettent de produire 50 GWh de gaz vert injecté au réseau local et venant compléter le cercle vertueux de la méthanisation ».
Unité d’épuration du biométhane par voie membranaire (procédé Evonik).  

Sewerin propose les systèmes de mesure BioControl 2, BioControl 4 et BioControl 8 qui offrent un maximum de quatre ou huit voies de prélèvement permettant l’analyse automatiques de la quantité et la composition du biogaz en divers points fixes du process. Pour vérifier le bon fonctionnement des systèmes de désulfurisation, de comparer l’efficacité méthanogène des rations et de manière générale de maîtriser la santé de la digestion. Si besoin, l’exploitant a la possibilité d’effectuer des mesures mobiles avec les analyseurs Multitec® 540 ou Multitec®545 qui se désolidarisent à tout moment des systèmes de prélèvement fixes BioControl, directement sur un digesteur, ou à distance sur les unités d'une installation, et d'enregistrer les valeurs de mesurer dans le BioControl. Les Multitec® permettent également de faire de la détection de fuites dans les unités de méthanisation et de réaliser le contrôle de l’espace inter-membranaire des gazomètres afin de vérifier leur étanchéité (contrôle obligatoire en Allemagne).

Pour la mesure de biogaz, le débitmètre à ultrasons Optisonic 7300 de Krohne réalise diverses mesures : débit, taux de CH4, pression, température, ainsi que la totalisation des résultats avec une précision de 1 %.
Les transducteurs en titane de l'Optisonic 7300 Biogaz, résistants à la corrosion, fournissent un fort signal à ultrasons, dans le gaz.

Micr’Eau propose des stockeurs de biogaz souples de marque Sattler permettant de lisser la production de gaz issues de la digestion, évitant ainsi le rejet à l’atmosphère de méthane ou de CO2. Les unités de Bonneuil, Valenton ou d'Alfortville en région parisienne en sont équipées.

Également spécialisé dans le torchage du biogaz avec la marque Hofstetter, Micr'Eau combine ainsi ses gazomètres avec des unités de brûlage du biogaz brut pour fiabiliser la gestion du CO2 pouvant être parfois excédentaire.
Dans les pays où la méthanisation est courante, des sociétés proposent des solutions provisoires de confinement, à base de bâches plastiques soudées, en attendant la réparation des fuites plus importantes. Plus original, la société d’ingénierie suisse Holinger AG teste l’intérêt d’une couverture pérenne du stockeur des boues… lequel pourrait même devenir ainsi un réacteur de secours (en cas de maintenance du digesteur principal par exemple) en lui ajoutant un système d’agitation.

Des technologies sophistiquées

Au-delà de la digestion classique, plusieurs options technologiques augmentent la production de méthane ou apportent une solution alternative à l’épandage du digestat. « Ces techniques ont le vent en poupe car la situation actuelle – guerre en Ukraine, urgence climatique - pousse les opérateurs à augmenter leur production de biogaz » estime Julien Chauzy, Sales Director APAC & Project Development Manager chez Cambi. « Les crises actuelles vont accélérer les choses. Nous avons développé toute une gamme de technologies pendant des années et vivons un moment charnière » confirme Olivier Bernat, de John Cockerill, évoquant toute une série de possibilités. La digestion biétagée (thermophile puis mésophile), d’abord. L’hydrolyse thermique, dite aussi “détente flash”, ensuite. « Elle libère de la biomasse en faisant éclater les cellules, ce qui augmente la production de biogaz » explique-t-il. Autre possibilité : coupler la digestion avec une récupération des nutriments. John Cockerill, via sa société Europe Environnement, propose ainsi le stripping du centrat ou du filtrat résultant de la déshydratation du digestat, afin de récupérer l’azote sous forme de sels directement réutilisables engrais. Des réacteurs de struvite permettent quant à eux de récupérer le phosphore. « Nous croyons également beaucoup au couplage méthanisation-méthanation. Le biogaz contient environ 40 % de CO2, que l’on peut transformer à son tour en méthane en le combinant avec de l’hydrogène. Cela peut se faire de manière catalytique ou biologique, mais nous privilégions la voie biologique. Nous produisons aussi les électrolyseurs pour fournir l’hydrogène. Incidemment, en produisant de l’hydrogène à partir de l’eau, on obtient aussi de l’oxygène que l’on peut injecter dans les bassins ouverts, ce qui diminue la consommation énergétique de la filière aérobie » explique Olivier Bernat. John Cockerill, toujours via Europe Environnement, s’apprête également à mettre sur le marché une solution membranaire d’épuration du biogaz.
L’AT1000 Biogaz offre une solution clé-en-main pour déterminer de manière simple et rapide les variations du rapport FOS/TAC (ratio acides organiques volatils et capacité tampon) du digesteur.

Cambi, firme novégienne, est spécialisée dans l’hydrolyse thermique dont elle est le leader mondial : plus de la moitié des installations d’hydrolyse thermique dans le monde, pour la plupart sur de très grandes STEP, sont des systèmes Cambi. Elle s’attaque désormais au marché français, où seules une dizaine de STEP sont ainsi équipées, essentiellement avec la technologie Veolia. Quel que soit le fournisseur, il s’agit essentiellement de “cuire” les boues à environ 160 °C pendant 20 à 40 minutes, avec un fonctionnement en batch pour garantir aisément l’hygiénisation et même la stérilisation. « Notre système utilise l’injection de vapeur provenant en général d’une chaudière alimentée par un petite partie du biogaz produit » explique Julien Chauzy (Cambi). Les modèles Cambi, qui existent en trois tailles selon l’importance de la STEP, peuvent s’installer avant (le plus souvent) ou après (également proposé depuis quelques années) le digesteur. En augmentant la digestibilité des boues et diminuant leur viscosité, la première configuration permet de réduire d’un facteur 2 ou 3 la taille du digesteur. « Avec une hydrolyse thermique installée en amont d’un digesteur existant, une STEP pourra faire face à une augmentation de charge sans construire de nouveau digesteur. Et pour un nouveau projet, cela permet de construire un digesteur 2 à 3 fois plus petit. Qui plus est, l’hydrolyse améliore la déshydratabilité du digestat : on peut gagner 7 à 10 % (points) de siccité et réduire significativement le volume de boues final » affirme Julien Chauzy.

Plus récente, et encore rare, l’installation en aval du digesteur permet une déshydratation finale encore supérieure puisque l’on peut espérer des boues à plus de 40 % de matière sèche, selon Julien Chauzy. Le centrat ou filtrat de déshydratation des boues est renvoyé en digestion car il contient de la matière organique dissoute, devenue biodégradable, d’où une production de biogaz augmentée par rapport à une digestion classique. En revanche, cette configuration n’apporte pas de gain en termes de volume du digesteur. Cambi a récemment équipé les STEPs de Varsovie, Washington ou Anvers, entre autres, plus des stations moyennes (plus de 50 000 EH). En France, plusieurs projets sont actuellement à l’étude.
Au SIAAP, le projet Cometha (voir EIN 442) compare deux filières de cométhanisation très complètes, mettant en œuvre la plupart de ces technologies. « L’idée est de tester une solution pour le cas où le retour au sol serait interdit » affirme Sam Azimi. 

1 voir https://rispo.org/

 2 https://www.rispo.org/AgendaDetail?id=20&title=JOURNEE_TECHNIQUE_STATION_D%27EPURATION__A_VILLARS-DE-LANS

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